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Paris
  

L ’hôtel Saint-Florentin

Dernière mise à jour : mercredi 23 novembre 2011,    par: Franck Beaumont

L’hôtel Saint-Florentin est sans doute la plus belle demeure du quartier des Tuileries, à deux pas de la place de la Concorde.

Il fut construit de 1767 à 1769 par Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811), l’un des meilleurs représentant du style Louis XVI dit néo-classique. Pour ce projet, Chalgrin respecte le plan fixé par Ange-Jacques Gabriel pour les abords de la place de la Concorde et s’inspire même des projets de Gabriel pour la plus jolie façade, celle donnant sur le jardin des Tuileries.

Comme le fait remarquer Alexandre Gady, historien de l’art, Chalgrin détourne légèrement à l’hôtel de Saint-Florentin la tradition voulant qu’un hôtel particulier classique dispose d’un logis en fond de cour, placé "entre cour et jardin". Ainsi, en observant la cour de l’hôtel, située rue Saint-Florentin, l’ordonnance laisse supposer que le corps de logis est classiquement au fond. Il n’en est rien (comme à l’hôtel Lambert) : le corps de logis est en fait l’aile droite, dont la façade la plus éclatante donne au sud sur les frondaisons des Tuileries. A l’hôtel Saint-Florentin, le traditionnel jardin placé derrière la façade sur cour est ici absent : c’est en fait le jardin des Tuileries qui symboliquement fait office de jardin.

Cet hôtel fut construit pour le comte Louis Phélypeaux de Saint-Florentin, ministre de Louis XV de 1749 à 1775 (un record de longévité !), et duc de la Vrillière à partir de 1770. Les Phélypeaux sont une puissante famille qui donna de nombreux ministres et hommes d’Etat sous l’Ancien Régime (voir l’hôtel de Toulouse).

Ensuite, le célèbre comte Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838) y habita de 1813 à 1838 : ce personnage hors du commun, boiteux, fut tour à tour prêtre, évêque d’Autun, président de l’Assemblée nationale et ambassadeur pendant la Révolution française, ministre des Relations extérieures sous le Directoire, le Consulat puis sous le Premier Empire, à nouveau ambassadeur, ministre des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres sous la Restauration, et enfin ambassadeur sous la Monarchie de Juillet ! Il était réputé pour son esprit, son intelligence et son opportunisme...

Après lui, l’hôtel est acquis en 1838 par le banquier et baron James de Rothschild (l’homme le plus riche de France sous la Restauration). C’est son descendant, Alphonse de Rothschild (1827-1905) qui y fait réaliser de nombreux travaux dans les années 1860-1870 par E. Petit et Léon Ohnet.
Un décor de Claude-Nicolas Ledoux y est notamment remonté, provenant du pavillon de Louveciennes pour madame du Barry, sculpté par Métivier et Feuillet.

Après avoir été longtemps occupé par le Consulat des Etats-Unis, l’hôtel de Saint-Florentin vient d’être restauré et affecté à des bureaux de prestige.

L’architecte Chalgrin a laissé à Paris plusieurs oeuvres remarquables :
- l’église Saint-Philippe du Roule (8e arrondissement)
- la chapelle de la Congrégation du Saint-Esprit (5e arrondissement)
- une partie de la façade de Saint-Sulpice (6e arrondissement)
- la transformation de l’hôtel de Luzy, 6 rue Férou (6e arrondissement)

Franck Beaumont

Sources : Guide du Patrimoine

2 rue de rivoli

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