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La Cinémathèque tente le sauvetage de sa programmation mexicaine

vendredi 20 octobre 2017, par André Balbo

Il n’y aura pas d’Année du Mexique en France. Le gâchis est complet, le politique a pris en otages l’art et la culture, ce qui ne se fait en général que sous les régimes autoritaires ou d’opérettes. Rideau.

Il est vrai que l’opération n’impliquait que quelque 350 manifestations, mais leur suppression restera durablement gravée dans les mémoires et les comptabilités des institutions et des grandes manifestations culturelles, françaises comme mexicaines. Chapeau l’artiste !

Dans ce paysage de cendres et de gravats, la Cinémathèque tente de maintenir le cycle qu’elle avait programmé sur l’âge d’or du mélo mexicain (1945-1965), tant il est fondé de souligner qu’en la matière, devant des comportements politiques aussi irrationnels, il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer.

Le Coq d’or (Mexique, 1964), d’après El Gallo de Oro, de Juan Rulfo. Scénario de Carlos Fuentes et de Gabriel García Márquez.
Avec Ignacio López Tarso, Lucha Villa, Narciso Busquets.

Pour Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque : « Il aurait été vraiment dommage d’abandonner un projet pour lequel tout le travail préparatoire était achevé. Au départ, l’ensemble des frais liés à ce cycle devaient être pris en charge par les autorités mexicaines, c’est-à-dire les copies, le transport et la rémunération des ayants-droit. Nous avons donc demandé à nos deux principaux partenaires, la filmothèque de l’Unam (Université nationale autonome de Mexico) et la Cinémathèque nationale de Mexico de bien vouloir nous prêter 30 sur les 40 films que nous avions sélectionnés. Ils ont accepté, à condition évidemment que le label Année du Mexique soit retiré et que, logiquement, nous prenions l’ensemble des frais à notre charge. »
La Cinémathèque en attend maintenant la facture d’un instant à l’autre.

Le Mexique, dont le fonctionnement en termes de production cinématographique ressemblait au modèle hollywoodien, a vu l’épanouissement entre 1935 et 1965, de genres cinématographiques et d’un star system spécifiquement mexicains dont María Félix (photo), Dolores del Río, et Pedro Infante.

Le public du cinéma mexicain, de plus en plus nombreux, se reconnaissait dans ces histoires, dans ces situations et dans ces personnages. Le mélodrame a donc, de ce point de vue, joué un rôle fondamental.

Ces films, avec leurs sentiments exacerbés, tant chez les personnages que chez les spectateurs, leurs multiples péripéties et leurs rebondissements haletants, sont parvenus à marquer de leur empreinte presque toute la production mexicaine de l’époque classique.

Macario (Mexique, 1959), d’après un conte des frères Grimm et Macario de Bruno Traven. Avec Ignacio López Tarso, Pina Pellicer.

Cette rétrospective entend rendre compte de sa richesse et de sa diversité, en donnant à voir des oeuvres qui attestent la vigueur d’un genre susceptible de s’actualiser sous de multiples formes.

Mélodrames mexicains, du 13 avril au 30 mai 2011, la Cinémathèque française 51 Rue de Bercy 75012 Paris 01 71 19 33 33, Métro Bercy

André Balbo

sources : Libération, la Cinémathèque française

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