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La Dame du Fleuve, une acquisition exceptionnelle de Papouasie-Nouvelle-Guinée du Quai Branly

Dernière mise à jour : lundi 25 juillet 2016, par Expositions

Le Musée du Quai Branly vient d’ouvrir l’Atelier Martine Aublet où est présentée son installation inaugurale La Dame du Fleuve, du 5 juin au 30 septembre 2012.

Ce cabinet de curiosités expérimental, situé sur la mezzanine centrale, est au cœur du plateau des collections permanentes. Il a pour vocation de présenter des installations en lien avec la vie des collections, créant des événements comme la présentation en avant-première des nouvelles acquisitions du musée, l’invitation faite à des artistes contemporains (comme le pratiquent déjà le Château de Versailles et le Louvre), des personnalités ou des institutions.

Cette exposition dévoile la Dame du Fleuve, l’acquisition-phare du musée du Quai Branly en 2011. Un crochet, grande sculpture de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de la région marécageuse du fleuve Sepik, achetée 1,8M€ au collectionneur Jean-Paul Barbier-Mueller, de Genève, qui détient l’une des plus vastes collections d’arts premiers au monde. Cette pièce provenait d’une très ancienne collection allemande, qui fut dispersée, comme beaucoup, au cours des Années 1930.

Crochet, Personnage féminin Papouasie-Nouvelle-Guinée, région du Moyen Sepik, XIXe siècle, bois, cheveux, terre, pigments, coquillages, 126x41x30cm

Exceptionnel par sa taille et sa symbolique, ce chef-d’œuvre du XIXe siècle, qui devait se tenir vraisemblablement dans la maison du chef de clan ou une maison cérémonielle, montre tout à la fois une femme relativement réaliste (cheveux et poils pubiens), triomphante et également une mère primordiale. Seins gonflés dressés et ventre proéminent indiquent qu’elle est manifestement enceinte. Sa prestance laisse par ailleurs supposer une autorité particulière. Ce qui est assez paradoxale, si l’on tient compte du fait que dans cette région les femmes n’étaient apparemment que peu prises en compte et très à l’ombre des hommes de cette ethnie.

Le double crochet permettait d’accrocher des paniers d’offrandes, ou filets de portage, en fibres végétales peintes, destinées aux esprits vakn. Les matériaux utilisés sont le bois, des cheveux, des poils, de la terre, des pigments et des coquillages, et son visage est recouvert d’un mélange pâteux d’argile, d’huile et de latex.

L’argile et le bois, ici dominants, font référence au sang et au sperme, les deux substances, selon le groupe Nyaura, à l’origine des corps humains.

Un petit programme explique très succinctement l’origine mythique de la création des crochets.

En revanche un petit film couleurs de 18mn, de 1974, permet d’assister à l’initiation des jeunes hommes à Yamanumbu. Anesthésiés par le mâchonnement d’une bouillie d’herbes, ils subissent de longues scarifications effectuées à l’aide de lames de rasoir, qui visent à faire ressembler leur corps à une peau de crocodile. Ils finiront portés sur les dos apaisants de leurs oncles maternels, le nez au creux de l’épaule du porteur, et le fessier soutenu par des mains secourables.

Parmi les 27 pièces du même groupe linguistique, parures et objets traditionnels, essentiellement du XXe siècle, évoquant la place des femmes dans la société du Moyen Sepik, leurs rapports au monde des hommes comme à celui des Ancêtres, une étonnante jarre à sagou en terre cuite, ornée d’un masque de loup de cochon agrémenté d’un délicat groin, une très belle coiffe de mariée en vannerie souple et coquillages (cauris), et une charmante collection de crochets de maisons simples, de différentes factures.

De ce nouveau lieu entièrement modulable (comme son mobilier d’ailleurs) du musée, des longues vues permettent de plonger le regard, en toute précision, parmi les objets des collections permanentes placés en contrebas.

La Dame du Fleuve, du 5 juin au 30 septembre 2012 au musée du Quai Branly, 37, quai Branly 75007 Paris 01 56 61 70 00, mardi, mercredi et dimanche, de 11 à 19h, jeudi, vendredi et samedi de 11 à 21h, 8,50 ou 6€, fermeture hebdomadaire le lundi

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : visite, Quai Branly