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La bataille de la maison de l’Histoire de France peut s’engager

Dernière mise à jour : vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo

Notre gentil ministre de la Culture vient de rendre publique la composition du Comité d’orientation scientifique chargé de définir les contenus « en toute indépendance » de la maison de l’Histoire de France, un projet présidentiel dont le H majuscule, accordé à Histoire, dit assez l’ambition et le désir de grandeur.

Où les membres de ce Comité pourront-ils donc se réunir et réfléchir, puisque les locaux initialement désignés pour ce projet, les Archives nationales dans le Marais, sont occupés depuis cette annonce le 16 septembre 2010 par un personnel qui refuse dans ses murs l’arrivée d’un tel musée ?

Régis Debray, Pierre Nora, Mona Ozouf et quatre autres historiens viennent de lancer un appel pour que ce musée aille plutôt à l’hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde, au lieu que soit fait de ce bâtiment inestimable une banale affaire d’argent en le cédant à des intérêts privés et très prosaïquement intéressés par les gros bénéfices espérés d’un projet à la pauvreté culturelle affligeante. Corinne Lepage, dont les frappes peuvent être efficaces, on l’a vu, juge absurde d’ « évaluer au prix du marché des biens (l’hôtel de la Marine, en l’occurrence) qui représentent plus pour la Nation que le prix momentané du marché ».

L’intérêt même de créer ce musée a été tout de suite extrêmement polémique. On remarquera par exemple deux grands absents dans ce Comité, dans lequel ils auraient été tout à fait à leur place, Jacques Le Goff et Pierre Nora, qui dénoncent avec force les risques d’instrumentalisation de cette institution par le pouvoir. Dans le Monde du 11 novembre 2010, Pierre Nora signait une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, dans laquelle il disait : « Ce projet inutile est trop marqué par le funeste débat sur l’identité nationale ». Retenez bien cela, car ce jugement est, je crois, analytique et intuitif.

Siégeront au comité : Jean-Pierre Rioux (histoire contemporaine), Jean Favier (Moyen Âge), Dominique Missika (fondatrice de la chaîne Histoire), Pascal Ory (professeur à l’université Paris I), Anthony Rowley (décolonisation et guerre d’Algérie). Leur mandat est d’une durée de deux années, et il est renouvelable.

Chaque président a eu son grand projet : Pompidou le Centre, Giscard Orsay, Mitterrand le Louvre, Chirac le Quai Branly. Assurément celui de Sarko sentira la poudre et la mitraille…

André Balbo

sources : Libération, Le Monde, Le Parisien

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