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Hôtel-Dieu à Paris : la fermeture des urgences dès novembre ?

Le plus vieil hôpital de Paris se meurt à petit feu... la fermeture des urgences, initialement prévue au 4 novembre 2013, puis repoussée à 2014 par la ministre de la Santé Marisol Touraine, constatant que le climat social à l’hôpital est dégradé, pourrait finalement être effective dès ce mois de novembre 2013. D’après Le Parisien, une note du Bureau des opérations de secours inciterait les pompiers à orienter leurs victimes vers les autres urgences du secteur à compter du 4 novembre. Une fermeture officieuse ?

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Dernière actu...

Face à la "la dégradation du climat" social à l’Hôtel Dieu, la ministre de la Santé avait décidé de "décaler" la fermeture des urgences de l’hôpital du centre-ville parisien. Pour rappel, les derniers mois avaient été marqués par de nombreuses manifestations du personnel soignant et par des témoignages de solidarité. Début octobre, un comité de soutient à l’Hôtel-Dieu avait été reçu par le directeur de cabinet de Marisol Touraine dans une certaine agitation.

La mort lente de l’Hôtel-Dieu n’est plus un mystère depuis le début de l’année 2012. Depuis cette date, les signaux négatifs se succèdent, annonçant à chaque fois la fin proche ou annoncée d’un nouveau service. Pourquoi ? Du fait de structures d’accueil inadaptées et vétustes, l’Hôtel-Dieu doit subir une reconversion ou une rénovation. En raison d’un coût estimé à 1 milliard d’euros pour une éventuelle rénovation, l’AP-HP (Assistance publique - hôpitaux de Paris) a choisi la première solution, moins coûteuse, mais qui implique la fin de l’Hôtel-Dieu en tant que grand hôpital du centre-ville.

Le projet : un hôpital universitaire de santé publique

Il est actuellement question de projet de "nouvel Hôtel-Dieu", selon la directrice générale de l’AP-HP dans des propos relayés dans Le Monde en septembre 2012. Mi-février 2013, les professeurs Fagon et Lombrail ont présenté à l’AP-HP un ensemble de recommandations allant dans ce sens.

L’idée : transformer l’établissement en hôpital universitaire de santé publique. Le "plan stratégique" de l’AP-HP peut être résumé ainsi : faire de l’Hôtel-Dieu un pôle de santé regroupant des étudiants des écoles de chirurgie et d’infirmières et un grand centre de consultation à horaires élargis. Enfin, une petite partie de l’espace libéré pourra accueillir l’administration de l’AP-HP qui aura quitté l’avenue Victoria (4e). Pour soutenir ce concept d’hôpital universitaire innovant, un site Web a été créé spécialement pour le projet.

Quid des urgences ?

Reste la très épineuse question des urgences. Car le transfert des services d’hospitalisation (chirurgie, réanimation...) vers l’hôpital Cochin est aujourd’hui acté. Il se fait progressivement au cours de l’année 2013. En revanche, les manifestations se poursuivent à l’Hôtel-Dieu pour protester contre la fermeture des urgences malgré l’annonce, le 14 mai dernier, d’une décision définitive sur le sujet par la direction de l’AP-HP.

Dès novembre 2012, la commission médicale d’établissement (CME) avait donné un avis favorable à la fermeture progressive du service d’accueil des urgences comme on le découvre sur le site du CME. Cette commission, composée de personnels médicaux, odontologistes et pharmaceutiques de l’AP-HP, explique qu’une seule solution est compatible avec le départ des services d’hospitalisation à Cochin : une fermeture, donc, mais "avec prise de relais par une consultation sans rendez-vous qu’assurerait une "maison médicale" vouée aux soins primaires, dont les horaires d’ouverture seraient adaptés à la demande (avec une plage minimale de 8h à 20h)". C’est l’option qui tient toujours la corde à l’été 2013. D’autant que depuis mars 2013 un service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) est opérationnel 24h/24 à l’Hôtel Dieu. L’échéance de la fermeture des urgences est reportée... mais elle paraît toujours inéluctable.

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