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Les Micocouliers de la rue de Bretagne

Dernière mise à jour : lundi 11 mai 2015, par Flavien

Parmi les nouveautés de cette rentrée, il y a les trottoirs élargis de la rue de Bretagne et les micocouliers qui vont y être plantés. Nous nous sommes intéressés à cet arbre que nous attendons avec impatience.

Discussion entre Marie-Cécile, paysagiste, et Stéphane, de l’équipe marais.evous.

Stéphane : J’ai été ravi d’apprendre que l’on allait planter des micocouliers dans la rue de Bretagne. Ma famille est originaire de Nîmes, dans le Gard, et dans cette région, le micocoulier est un arbre très répandu. Il est bien souvent très grand et, mélangé aux platanes, il s’aligne en de longues allées majestueuses donnant aux boulevards tout leur ombrage et leur charme méridional. J’imagine que lorsqu’ils sont immenses comme ça c’est qu’ils doivent déjà avoir un certain âge.
Celui qui est planté au croisement des rues Malher et Pavée (dans le 4e ar.) n’est pas très grand, et il est plutôt rectiligne. Mais, il me semble que ses feuilles sont bien plus grandes que celles des micocouliers Nîmois ; peut-être s’agit-il d’une autre variété de micocoulier.

Y a-t-il plusieurs espèces de micocouliers ? Quelles sont les caractéristiques de cet arbre ?

Marie-Cécile : Il existe plus de 70 espèces de micocoulier dans les Tropiques et l’hémisphère Nord. Les micocouliers sont originaires d’Asie et d’Amérique du Nord.
Le micocoulier de Provence (Celtis australis), est l’une des espèces les plus connues et répandues sous nos latitudes. Il pousse de façon spontanée sur les pentes rocheuses et a besoin de chaleur pour se développer. Il est cultivé en Languedoc et en Provence et son bois sert à la fabrication de canes, fourches etc.
Le micocoulier appartient à la famille des Ulmacées comme l’orme. Comme ce dernier, son feuillage est sombre.
Du printemps jusqu’à la fin de l’automne, son feuillage est abondant. Ses feuilles sont lancéolées à ovales et dentées, et elles mesurent 15 cm de long et 5cm de large. Sur leur dessus, elles sont vert foncé légèrement rugueuses, et en dessous elles sont gris vert à poil doux.
Les fruits, appelés drupes ressemblent à des petites cerises vertes de 1cm de diamètre devenant noires à maturité. Très appréciés des oiseaux , ils se cachent dans le feuillage.
En hiver, son écorce gris pâle est plutôt lisse.

Concernant son port, sa silhouette : en développement libre (sans les pratiques chirurgicales des pépiniéristes qui peuvent préformer les arbres en boule pyramide selon les modes) il forme en général une colonne large qui peut atteindre de 20 à 25m en milieu naturel et jusqu’à 10m en ville. Sa croissance est assez lente.

S : Est-il possible qu’à Paris, rue de Bretagne, les micocouliers ressemblent à ceux des boulevards Nîmois ?

MC : Ils ressembleront aux micocouliers de Nîmes par l’abondance du feuillage, leur couleur, mais n’atteindront pas la même hauteur. Ils souffriront du froid et ne dépasseront certainement pas 10m de hauteur.

S : Savez-vous où l’on peut trouver des micocouliers à Paris ou en région Parisienne ?

MC : On en trouve dans certains parcs construits au 19e siècle, époque de la vogue des jardins à l’anglaise, notamment dans le parc Jean Monnet sur les bords de la Seine à Epinay (Seine Saint Denis). C’est toutefois un abre qui n’est pas très répandu en Ile de France.

S : Dans le midi, le micocoulier possède plusieurs autres noms : bélicoquier (ses petits fruits étant alors appelés bélicoques), ou alisier, ou encore fanabrègue.

Connaissez-vous ces noms ? Savez-vous d’où ils viennent ? Connaissez-vous d’autres noms du micocoulier ?

MC : Le nom botanique du micocoulier est « celtis » qui était le nom du fruit du lotus. Micocoulier est un nom provencal.
L’alisier est une espèce de sorbier, petit arbre rustique, qui s’adapte à tous les sols et toutes les situations et qui est plein de charme : il prend de belles couleurs automnales et se couvre de grappes de fruits rouges. Peut-être le confond-t-on avec le micocoulier par ses fruits . Il aurait eu tout fait sa place rue de Bretagne (mais peut-être a-t-on craint que ses fruits ne soient trop salissant ?)

S : Que pensez-vous de l’idée de planter rue de Bretagne des micocouliers ?

MC : Bien que ce soit plutôt un arbre du Sud, c’est un arbre qui supporte bien la pollution des villes, qui a une silhouette harmonieuse, un feuillage abondant créant de belles voûtes végétales et en hiver une charpente intéressante. Il ne noircit pas comme le tilleul.
C’est aussi une façon de diversifier la gamme végétale des alignements. Par ailleurs, sa taille est adaptée à l’échelle de la rue.

S : Avez-vous une opinion quant au paysagisme pratiqué à Paris ?

MC : Il y a une certaine qualité de verdissement, d’intéressants projets de parcs urbains (La Villette, Citroën, Bercy ), d’aménagement de squares, de promenades, d’espaces publics, une diversité dans les plantations, cependant on ne peut pas parler véritablement « d’urbanisme végétal » pour reprendre une idée développée par Catherine Stefulesco.
Paris reste envahie par la circulation automobile, et la trame "verte", en pointillé, n’apparaît pas comme étant la réflexion centrale du développement urbain.
Les espaces de jeux, de circulation et de tranquillité pour les enfants manquent.
Les associations de quartier transformant les friches urbaines en jardins de proximité sont de plus en plus nombreuses, et savent se faire entendre. Il est dommage qu’elles aient souvent à se livrer à de longues procédures et que la ville ne mette pas plus à disposition les espaces délaissés ou en reconversion.

S : Quel type de paysagisme pratiquez-vous ?

MC : Je suis par ma formation géographe paysagiste et par sensibilité (liée à une enfance à la campagne) peut-être plutôt paysagiste "contemplative" et naturaliste.
Depuis cinq ans je réalise des projets d’aménagement d’espace public pour des communes et des projets de création de jardin ; notamment un joli projet avec les enfants des écoles d’Epinay-sur-Seine.
Ce projet intitulé "Imaginaire et jardin", et initié par les services culturels de la ville, met en correspondance expressions artistiques (en particulier écriture et illustration) et jardin : les enfants écrivent une histoire inspirée de leur découverte des parcs de la ville, l’illustrent et conçoivent et réalisent un jardin en résonance avec leur histoire.
C’est chaque année une très belle rencontre, un beau moment de rêve et de poésie (à découvrir sur le site Internet de la ville d’Epinay).

J’aimerais développer un travail de "sculpture et paysage".
Merci !
S : Merci, Marie Cécile !
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Stéphane Polge

Adresse

Rue de Bretagne 75003 Paris


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