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Olivier Biguet, un instit’ en breton

Dernière mise à jour : vendredi 19 mars 2010, par Benjamin Belliot

Malgré les débats autour de la langue et de la culture bretonne, placer son enfant dans les écoles bretonnes Diwan n’est plus forcément un acte politique. Tout comme ses enseignants sont avant tout des instit’ bien plus que des militants. C’est ce que soutient le directeur de l’école nantaise, Olivier Biguet. Conjuguant à ce poste sa passion de la langue et celle de l’enseignement, ce pur nantais nous raconte sa trajectoire, son école et une Cité des Ducs plutôt bretonnante.

photo : Olivier Biguet dans une classe, devant la frise des jours de la semaine... En breton, évidemment.

Olivier Biguet, vous avez trente ans. Vous êtes directeur de l’école primaire Diwan de Nantes. Quel parcours vous a mené ici ?

D’abord, je ne suis pas juste le directeur, ce n’est pas un grade. Un directeur, c’est un instituteur avec du travail en plus ! Je suis un instit’ comme un autre. Je voulais devenir enseignant depuis le lycée. En rentrant en fac à Nantes, en fac de géo, j’ai eu l’opportunité de prendre des cours de breton. J’ai beaucoup accroché. Et quand j’ai su qu’il y avait des écoles Diwan, et donc que je pouvais concilier enseignement et langue bretonne...


L’attrait pour la langue bretonne, ça vient d’un terreau familial particulier ?

Non ! Je suis Nantais, mes parents sont Nantais, mes grands-parents sont Nantais...mais dans ma famille personne ne parle breton. C’est vraiment quelque chose de personnel. D’ailleurs, historiquement, on n’a jamais parlé breton à Nantes. C’est propre à la Basse-Bretagne, disons que cela correspond aujourd’hui au territoire situé à l’Ouest d’une ligne droite tracée entre Vannes et Guingamp.

C’est là où on parle breton...

Oui, mais pas seulement. Aujourd’hui il y a des cours de breton un peu partout dans le monde ; dans les facs du Pays de Galles, par exemple. Alors qu’il n’est plus dans les facs de Nantes depuis trois ou quatre ans, c’est étonnant de voir que le breton est enseigné un peu partout, il y a même des cours donnés au Japon. Je me rappelle aussi qu’un jour, à Dublin, nous sommes entrés dans un pub avec des amis en parlant breton... et nous sommes tombés sur deux Français, en plein cours de langue bretonne.


Dans quel paysage bretonnant s’est implantée l’école Diwan à Nantes ?

A la base, toutes les écoles Diwan sont des écoles de militants. Ce sont un peu les pionniers d’il y a trente ans. Mais ce côté militant n’est plus vrai aujourd’hui, surtout à Nantes. On a de plus en plus de personnes qui aujourd’hui mettent leurs enfants chez Diwan "juste" pour le bilinguisme. Enfin, c’est aussi la proximité qui fait que les gens inscrivent leur enfant ici : on est l’école du quartier ! Voilà donc les trois critères : militantisme, bilinguisme et proximité.

Mais quels avantages y a-t-il pour un enfant à être bilingue, français-breton ?

Voire même trilingue ! On a ici des enfants qui le sont. Ils ont le breton à l’école, le français dans la vie de tous les jours, et puis la langue du papa ou de la maman. Et ce sont des enfants de trois ans ! C’est étonnant, au début, quand j’étais en stage ici, je me suis étonné de ces enfants qui maîtrisaient trois langues.
En fait, l’avantage, c’est une grande facilité à apprendre d’autres langues par la suite. C’est prouvé, des études le confirment. La plupart des grands linguistes sont des gens qui parlaient trois ou quatre langues quand ils étaient enfants. C’est un gros avantage. Surtout en France, où il y a comme un problème avec les langues ; dans beaucoup d’autres pays les habitants maîtrisent plusieurs langues. Résultat, hors de la France, les Français passent un peu pour des rigolos.


Ici, à Diwan, il y a donc ce bilinguisme, et puis d’autres projets, comme celui d’intégrer le label éco-école, en matière de sensibilisation à l’environnement. Ce qui donne l’impression qu’il y a comme une volonté de « construire » des enfants avec certaines valeurs...

Oui, car comme nous le dit l’Education nationale, il faut construire des éco-citoyens. Pour nous, le label, c’est un objectif, il faut encore travailler dessus.

Mais il y a des valeurs particulières à Diwan, des choses que les enseignants souhaitent transmettre aux enfants ?

Une majorité d’enseignants ont une mentalité écolo. C’est un sujet qui nous tient à coeur, qui est d’actualité et très important. Nous, les adultes, je trouve qu’on n’est pas assez disciplinés. L’important c’est de construire l’avenir avec et pour les enfants. On est donc en train de faire un potager, on fait le tri sélectif, on parle pas mal de venir à l’école en vélo. Moi-même je viens parfois à vélo.


Parlons un peu de la langue bretonne à Nantes. Quels sont ses lieux-phare ?

Il y a trois écoles en breton. Donc nous, Diwan, déjà, qui pratiquons l’apprentissage par l’immersion, on est dans le privé chez nous. Et il y a deux écoles, complètement bilingues, c’est-à-dire avec un enseignement 50% français 50% breton. Il s’agit de Sainte-Madeleine, dans le privé, et Les Marsauderies, dans le public.
On a aussi l’Office de la Langue bretonne, qui gère toutes les informations qui touchent à la langue bretonne. Mais il ne propose pas de cours pour adultes. Pour cela, il vaut mieux aller voir du côté de Kentellioù An Noz. Il y a donc des cours de breton pour adultes, mais pas seulement. Beaucoup d’activités autour de la langue, comme du Scrabble.
Et puis on a l’Agence culturelle bretonne, à la médiathèque, pour tout ce qui a trait aux évènements ayant trait à la langue et à la culture bretonne.
Et puis citons un bar : le Torr e Benn !

Les portes ouvertes de l’école Diwan se déroulent ce samedi 20 mars de 9h à 13h.

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