evous
repérez, proposez, partagez

Accueil > Arrondissements de Paris > 16e arrondissement de Paris > Lieux clés Paris 16e > Musée Galliera - Musée de la Mode de la Ville de Paris > Ne pas rater la somptueuse rétrospective Alaïa au palais Galliera

Ne pas rater la somptueuse rétrospective Alaïa au palais Galliera

mercredi 15 juin 2016, par André Balbo

... ni son complément gratuit, au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, tout proche. C’est salle Matisse. 8 modèles.

Pour sa réouverture au public, le Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, a eu la main heureuse en décidant, et en obtenant, cette première rétrospective du célèbre couturier Azzedine Alaïa, souvent approché et jusque-là réticent.

Car il n’aime pas exposé, il n’aime pas les vitrines, pas plus que le rythme imposé des saisons et des défilés. Personnellement très impliqué et investi dans cette exposition, le couturier a préféré ne pas faire de collection cet automne... Libre.

74 de ses modèles sont exposés dans les galeries tout fraichement rénovées du musée Galliera, mais aussi 5 robes dans la salle Matisse du tout proche musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Première rétrospective parisienne (et je crois mondiale) de ses créations !

Sous le commissariat d’Olivier Saillard, ces fastueux et sculpturaux modèles sélectionnés retracent la richesse du parcours particulièrement créatif de ce créateur hors normes qui ne se présentera jamais comme designer ou créateur mais comme couturier. "On ne s’habille pas avec un dessin !"

Azzedine Alaïa photographié par Patrick Demarchelier. Robe bustier Alaïa, couture A/H 2003, archives personnelles de Monsieur Alaïa. Crédits photo © Patrick Demarchelier

Arrivé à Paris au milieu des Années 1950, Azzedine Alaïa eut très tôt l’expérience de clientes de caractère et de grandes réputations pour qui il sut inventer des vêtements sur mesure. Elles s’appelaient Louise de Vilmorin, Arletty, ou plus tardivement Greta Garbo, Cécile de Rothschild, et resteront pour lui "des personnifications du chic"...

Il habillera aussi dans les Années 1980 Tina Turner, à la scène comme à la ville, et Grace Jones, dont on verra la robe bustier à perles d’or, et les fameuses tenues à capuche.

C’est en 1979 qu’Alaïa présente sa première collection griffée, dans laquelle on remarque immédiatement l’usage d’un cuir plus fragile et plus sensuel. Jersey et stretch, dont il drape les corps, rappellent l’École des Beaux-Arts de Tunis (section Sculpture) : « Quand je travaille le vêtement, il faut que ça tourne autour du corps, de profil et de dos ». Il trace les chemins des zips autour des robes, pose des œillets qui transpercent les manteaux, et souligne de piqûres le galbe de ses tailleurs…

Azzedine Alaïa est avant tout l’un des rares à maîtriser chacune des étapes de la réalisation d’un vêtement, du tracer d’un patron, au dessin à même la toile des formes et des volumes qu’il a en tête, de la coupe à la couture. On dit de lui qu’il sait dompter les tissus, ou plutôt les matières.


Crédits photo © Mairie de Paris/Marc Verhille

"En inventant de nouvelles morphologies par le simple jeu de coutures complexes, Alaïa est devenu le couturier d’une œuvre qui traverse le temps. Son influence sur la mode contemporaine est fondamentale. Azzedine Alaïa poursuit son chemin en préférant « les vêtements qui durent » à ceux qui s’éteignent avec les saisons. Cet insatiable amoureux des femmes confie : « Je fais des vêtements, elles font la mode…  ».

Les mannequins et amies qu’il a révélées (dont Naomi Campbell, Stephanie Seymour, Linda Spierings, Linda Evangelista, Veronica Webb ou Yasmin Le Bon,) sont aussi de fidèles admiratrices."

Alaïa reçoit à Paris en 1985 deux Oscars de la Mode, et il est célébré par un défilé rétrospectif au CAPC de Bordeaux avec les sculptures de Dan Flavin.

En 1988, son défilé au Palladium de New York a Jean-Paul Goude à la direction artistique.

En 1996, à Florence, une monographie lui est consacrée au Palazzo Corsini, suivie d’une exposition avec les peintures de Julian Schnabel à la Biennale de la Mode.

En 1998, une rétrospective lui est dédiée au Groninger Museum aux Pays-Bas, où ses modèles côtoient des œuvres de Picasso, Basquiat, Kiefer, et von Weyhe

En 2000, au Guggenheim Soho à New York, il est exposé avec des toiles d’Andy Warhol.

Pour un couturier, compte tenu des spécificités de ce métier, Alaïa parvient à mener dans son domaine une carrière d’une grande liberté, grâce à son immense talent, à l’originalité de ses créations, et à son inventivité dont les femmes raffolent.

Au Palais Galliera, ses robes sont exposées selon une scénographie du designer Martin Szekely, et elles répondent, dans la salle Matisse du MAMVP, aux œuvres d’art qui importent tant à ce couturier.

J’ai beaucoup apprécié cette exposition dont la muséographie est soignée et parfaitement adaptée. Les pièces exposées respirent, profitent d’un espace ample. Les textes sont soignés, intéressants et très personnalisés, par Alaïa assez souvent. L’obscurité, dont les textiles fragiles ont le plus grand besoin, en rend parfois la lecture difficile, mais ils méritent patience et attention.

Les mannequins sur lesquels sont montrés les vêtements, créés et choisis par le couturier, ont une légèreté et une transparence qui ne montrent que ce qui doit l’être : l’œuvre. Les modèles, souvent de taille 34, rehaussés par la forme de quelques 15 à 20cm, apparaissent en majesté, laissant imaginer soit "de longues jambes de faon", soit la beauté même d’une sculpture d’un grand art.

Richesse des matériaux, originalité et contraste des associations, lanières, zip, œillets, cuir ciselé. Un régal, presque une école, en tout cas un style époustouflant dont les modèles, vous en tenterez l’essai, sont maintenant si difficilement datables.

Le public parisien et les visiteurs étrangers de la Fashion Week ne s’y sont pas trompés. Les 28 et 29 septembre, l’accès à l’exposition était libre, et la file d’attente, bien que fluide, ne désemplît pas les deux journées durant. Grand succès. Un événement rare à ne surtout pas manquer.

N’oubliez surtout pas les 8 œuvres d’accès gratuit, salle Matisse au MAMVP. Parmi elles, la veste smoking au dos crocodilesque !

Azzedine Alaïa, du 28 septembre 2013 au 26 janvier 2014, à la fois au musée Galliera et au MAMVP, salle Matisse.
Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, 10, avenue Pierre Ier de Serbie, 75016 Paris, 01 56 52 86 00, métro Iéna ou Alma-Marceau, bus 32, 63, 72, 82, 92. Du mardi au dimanche, de 10 à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Fermeture lundis et jours fériés. 8 ou 6€, jeunes (14-26 ans) 4€. Gratuit moins de 14 ans. Au Palais Galliera, l’accès à l’exposition "Alaïa" sera exceptionnellement gratuit samedi 28 et dimanche 29 septembre.
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11, avenue du Président Wilson, 75016 Paris, 01 53 67 40 00. Métro Iéna ou Alma-Marceau, bus 32, 63, 72, 82, 92. La Salle Matisse est située dans le parcours des collections permanentes du MAMVP. Entrée gratuite aux horaires habituels d’ouverture du musée.

Vous retrouverez dans 2013 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z celles des établissements et musées.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

Dans CALENDRIER 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, avec Paris 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

André Balbo

sources : Visites, musée Galliera, Dictionnaire international de la Mode

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.