Décidément, les pourtours du square des Batignolles recèlent un joli petit bouquet de restaurants chouettes, où l’on peut facilement déjeuner au soleil, et conclure d’une petite balade digestive au jardin. Après le Fabrique 4, que nous avons particulièrement apprécié, nous découvrons aujourd’hui le restaurant français La Bonne Heure, qui fait l’angle (le mieux ensoleillé !) des rues Brochant et Truffaut.
Emmanuel Timal, formé à l’école Vatel de Lyon, et qui oeuvra ensuite (il y a pire) pour Alain Dutournier et pour Michel Rostang, est aux fourneaux ici depuis 7 ans.
Claude Le Gall, le patron breton, régente la salle. Il apprécie sa clientèle du quartier : jeune, détendue, sympathique et efficace, et surtout pas encore abîmée par le « prout-prout ma Chère » qui peut régner parfois dans l’Ouest parisien.
Le lieu est résolument et définitivement philosophique. Sur la carte, cette phrase forte de Spinoza : Si vous voulez que la vie vous sourie, apportez-lui d’abord votre bonne humeur. Avec ses murs chargés d’innombrables horloges, aux heures fantasques et arrêtées, qui nous murmurent que la Bonne Heure, au final, sera certainement celle que l’on aura occupée de la plus belle manière. Et que chacun pouvait choisir, à sa guise...
Nappes en vichy rouge et blanc, ambiance bistrot. L’accueil est toujours prévenant et les clients paraissent ici être chez eux. Y aurait-il quelque part des ronds de serviettes ?
L’ardoise, celle qui indique, pas celle que l’on règle, change chaque jour, même s’il y a des must et si l’on reste dans la classique cuisine « bistro de France ». Réalisée avec doigté et finesse.
Des plats, qui disparurent, revinrent sous les rappels par la bronca des clients. Comme la Noix de cochon à la fourme d’Ambert, servie avec risotto aux champignons, ou le Parmentier de boudin noir.
Parmi les entrées, courez le risque de la Terrine de foies de volaille, ou tentez le saut de la mort avec le Filet de hareng, qui restent parmi les « best sellers ».
Le Tartare de bœuf coupé au couteau est parfait, et quant aux Rognons, bien cuits dans de petits poêlons, ils sont d’assez belle facture.
Les formules, judicieuses, restent très accessibles : Entrée-Plat-Dessert pour 30,50€, et Plat-Dessert ou Entrée-Plat pour 24,50€.
Les entrées sont à 9€, les plats à 19, et la rubrique "Oh ! La vache" vole, avec autorisation, à 30€ pour la pièce du boucher, et à 59€ pour la côte de boeuf à la plancha.
Puisqu’on est dans le pratico-pratique, notez au passage le menu enfant à 9€.
Un costières-de-nîmes, le Mas du notaire, est assez bien nommé, à 23€ la bouteille. Santé !
Et je rappelle, cela peut être utile, que le square est juste au coin de la rue Brochant, avec ses fleurs et ses zoziaux… Saluez donc pour moi au passage la chanteuse Barbara, qui est née de l’autre côté du carrefour, rue Brochant. Et qu’en bas de la rue Truffaut s’active le nouveau quartier des Batignolles et son immense parc...
Remarquez, si je ne critique rien, personne ne croira ma palanquée de compliments ! OK, je balance. J’ai les fesses un peu délicates, et les chaises dehors, par prudence certainement, sont pas mal rustiques. J’apprécierais de petits coussins… La prochaine fois j’en demanderai !
La Bonne Heure, Métro Brochant http://www.la-bonneheure.fr Ouvert 7 jours/7 de 12 à 14h15 et de 19 à 23h.

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