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Au tour de ma bulle - L’interview de Diam’s

Dernière mise à jour : vendredi 2 septembre 2011, par Flavien, Jean

La dernière tournée française de Diam’s s’est étalée sur plus d’un an. De petites salles en Zéniths archi-complets, la rappeuse s’est produite sur scène plus de cent fois. Le 21 mai, elle sort un premier DVD riche en bonus et nous invite à faire le tour de sa bulle.

Ton DVD live sort le 21 mai, combien de dates as-tu fait en tout ?
Plus d’une centaine, des plus petites salles de France aux plus grandes, et plus de 500 000 spectateurs ! C’est assez incroyable.

Des salles ou des villes qui t’ont plus marquée que d’autres ?
Non, c’est l’ascension qui m’a marquée : passer de salles de 100 personnes aux Zéniths en si peu de temps. Il s’est écoulé seulement un an et quelques mois entre la première date et la dernière.

Y a-t-il des visages que tu gardes en mémoire ?
Bien sûr, j’essaie même de capter tous les regards ! C’est pour ça que depuis ma précédente tournée, à la fin de tous mes shows, on met Around The World de Daft Punk et je passe dix minutes à applaudir les gens. A ce moment, je les regarde, je croise plein de regards. Il y a une espèce de complicité qui se crée et c’est génial.

Quel est le public qui vient te voir sur scène ?
C’est devenu tellement large ! Au départ, il y a eu ceux qui m’ont découverte avec Brut de femme et qui m’ont suivie. Sur mes premiers concerts, je voyais des nanas de quatorze ans ; elles en ont maintenant dix-sept et c’est plus du tout les mêmes filles ! Tout le monde a grandi et moi la première. Mon public de base s’est beaucoup élargi : on a vu des familles entières venir, et aussi beaucoup plus de mecs qu’avant. On a fait plein de concerts avec quasiment autant de garçons que de filles.

Tu préfères les petites ou les grandes salles ?
J’ai toujours une préférence pour les petites. Il y a une vraie proximité. On a l’impression d’être tous potes et de discuter dans le salon. J’avais peur de perdre ça dans les Zéniths mais au final, pas du tout ! J’aime aussi beaucoup l’esprit "festival" : aller convaincre les sceptiques, aller chercher le public…

Des anecdotes rigolotes à nous raconter ?
Il y en a eu plein ! Un soir où j’étais à Toulouse, devant 9100 personnes, je me retourne vers mon DJ pour passer à la chanson suivante et là, il me dit "Je l’ai pas !". Je comprends alors que je dois réagir et je me mets à parler aux gens, je leur dis : "Voilà, on a un problème, mon DJ a oublié le vinyle dans la loge. Vous avez cinq minutes ?". Pendant qu’il était parti dans les couloirs du Zénith, on a discuté, fait des jeux, on a rigolé. Si ça se trouve, les gens ont pensé que c’était préparé, mais pas du tout ! Comme les Toulousains sont super fêtards, ça a explosé le Zénith, tout le monde s’est mis à jumper. C’était assez fort…

Tu dis que tu fais partie de la "génération Zénith"…
L’Olympia de Paris est une salle mythique mais elle fait moins rêver ma génération puisqu’on y voit tout le monde, même la Star Ac ! Les meilleurs concerts que j’ai vus étaient soit dans de petites salles (Elysée Montmartre, Maroquinerie, New Morning…), soit au Zénith. Cette salle a vu défiler aussi beaucoup de gens mais NTM y a joué, pendant deux soirs et c’était assez exceptionnel dans le monde du rap. Je suis allée aux deux concerts. C’était le rêve d’une vie, un rêve qu’on ne dit pas tellement c’est gros de faire deux concerts là-bas ! Nous, on en a fait cinq, c’est assez fou…

Pour toi, la scène c’est la récompense ultime pour un artiste ?
Bien sûr. A la base, c’est le seul moyen de se faire connaître, parce que c’est un contact direct avec les gens. J’ai fait beaucoup de premières parties… Dans un des documentaires du DVD, on me voit prendre le pari fou de faire des petites salles à neuf euros la place et de dire aux gens "Voilà mon nouvel album, ne vous fiez pas aux critiques ou au single qui passe en radio, on vous le donne en live. Si vous l’aimez, il arrive ; si vous l’aimez pas, on s’est planté" ! C’était génial : je faisais un concert de 45 minutes et ensuite je rencontrais les gens pour discuter de l’album.

Ton aisance sur scène est innée ?
Je l’ai gagnée ! J’étais super bloquée à l’époque. Il y a une grosse différence entre monter sur scène pour se faire connaître et monter sur scène dans un Zénith où les gens viennent te voir. A l’époque, j’essayais de toucher les gens, aujourd’hui j’espère ne pas les décevoir. C’est complètement différent et ça donne une assurance scénique. Mais je voulais aussi étonner les gens et pas simplement chanter les titres de l’album. On a fait bouger 12 000 personnes de gauche à droite dans la salle, les mains en l’air… On s’est vraiment éclaté !

Souffres-tu de la solitude en tournée ?
Non. Par contre, je souffre par moments du fait de ne pas être dans la vraie vie. Mes potes et mes copines s’éclatent et ça me manque pendant la journée. Mais le soir, je ne les envie plus parce que je suis en train de kiffer sur scène ! Sur ma dernière tournée, je souffrais plus quand je rentrais chez moi. Après cinq jours de tournée, je rentrais toujours deux jours sur Paris. J’avais hâte de repartir.

Il y a le documentaire Mon été 2006…
Une personne de mon management avait en permanence une caméra sur lui, on l’a complètement zappé. Il a filmé les festivals, un moment totalement différent : c’est en plein air, il fait beau, c’est l’été, il y a d’autres artistes, … Et le soir, on est sur scène ! Quand on est au Zénith, on passe la journée dans les loges et on attend que le temps passe alors qu’en festival, il y a des milliers de choses à faire : des merguez, des ateliers de massage, les concerts des autres… La tournée des festivals, c’est in-croy-able !

Il y aussi le bonus Mes photos souvenirs…
Les gens qui sont venus au concert savent de quoi il s’agit : chaque soir, mon DJ prenait une photo de moi devant le public. C’était une photo-souvenir pour les gens. Je les mettais au fur et à mesure sur mon site Internet mais c’était un peu le bordel. L’idée était de faire un diaporama de toutes les photos que j’ai faites.

Il y a aussi des reprises sur ce DVD…
Sur le bonus Mes surprises, il y a mon live au Printemps de Bourges, Ma France à moi revisité par Yann Tiersen ; il y a la reprise de Machistador avec -M- sur la place du Capitole de Toulouse ; et aussi une reprise de Claude Nougaro, un titre qui s’appelle Rimes, magnifiquement écrit, qu’on a joué pour lui rendre hommage puisque c’était son anniversaire ce jour-là, il devait avoir 77 ans.

Comment s’est fait le duo avec -M- ?
Il a déjà fait partie de mon histoire : c’est lui qui joue les guitares de Jeune demoiselle. C’est lui qui fait les "pom pom pom" avec moi sur la chanson. On n’en avait pas parlé à l’époque parce que je n’avais pas envie de vendre le single là-dessus. -M- a le même agent que moi, on s’était croisé à plusieurs reprises, on avait discuté et bien rigolé ensemble. C’est quelqu’un de très généreux et de passionné. Au culot, un jour j’ai demandé si Mathieu pourrait venir jouer de la guitare et il est venu à mon Olympia, sur Jeune demoiselle.

Tu repars bientôt en tournée ?
Samedi, en Tunisie et au Maroc. En ce moment, je suis en tournée mondiale. Je reviens de Côte d’Ivoire et du Gabon, après je vais en Martinique, Guyane, Guadeloupe, Réunion, Madagascar, Mayotte, Miami, New York et Tahiti.

Qu’as-tu pensé de la parodie de Mickael Youn de Confessions nocturnes ?
Ca m’a fait rire ! Ils ont eu la décence de nous appeler avant que ça sorte. Ca ne m’a pas étonnée parce que jamais un clip de rap français n’avait été autant parodié. Etre reprises par Pascal Obispo et Mickael Youn, c’est la claque de la parodie !

Diam’s, Double DVD Au tour de ma bulle (Capitol / EMI Music France)
Disponible le 21 mai