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"Captain America, First Avenger" : timide super-héros

Dernière mise à jour : mercredi 12 avril 2017, par Morgan

Et de quatre ! Après Hulk, Iron Man et Thor, c’est donc au tour de Captain America d’être la star d’un blockbuster de l’été, en attendant The Avengers l’an prochain qui réunira tout ce petit monde plus La Veuve Noire et Hawkeye. Quand Hulk pêchait par excès de zèle, Iron Man 2 par excès de confiance et si Thor était un peu trop bipolaire, Captain America parvient à se situer comme le film le plus équilibré de tous, un divertissement agréable, dont on ressort toutefois légèrement frustré, tant le potentiel semble inexploité.

Comme dans le comic-book original publié pour la première fois en 1941, l’action du film prend place pendant la seconde-guerre mondiale et illustre le combat d’une section spéciale de l’armée américaine (SSR, futur SHIELD) contre une équipe de nazis inspirés par des pouvoirs occultes (Hydra) et menés par le redoutable Red Skull (Hugo Weaving). Si le comic-book était une œuvre de propagande surfant sur le succès de Superman, le film sort à une époque où les Etats-Unis ne sont plus considérés comme les potentiels sauveurs du monde et où le drapeau américain, qui enveloppe soigneusement les muscles du super-héros, est brûlé consciencieusement à divers endroits du globe. En s’attaquant aux origines de Captain America, Joe Johnston et ses scénaristes évitent l’écueil de la propagande malvenue, mais il sera intéressant de voir le monsieur muscles patriotique dans un contexte contemporain comme ce sera le cas dans The Avengers.

En 1941, Steve Rogers (Chris Evans) est un petit bonhomme maigrichon et bagarreur, deux qualités qui lui valent de finir régulièrement assommé dans des ruelles sombres. Quand son ami Bucky s’enrôle pour partir au front, le pauvre Steve voit ses ambitions patriotiques rabaissées par des médecins qui le réforment systématiquement. Jusqu’au jour où il croise la route du docteur Erskine (Stanley Tucci), un scientifique allemand passé du côté de la bannière étoilée après avoir pris soin de faire ses premiers essais de super-soldat sur Johann Schmidt/Red Skull. Vaillant et déterminé à défendre le monde libre, Steve Rogers passe lui-aussi à la moulinette et ressort de l’expérience bronzé, musclé et imberbe comme un culturiste enfermé vingt ans dans une salle de gym avec pour seule compagnie un pot de crème épilatoire. Mais Erskine est assassiné, et le programme de création d’une armée de super-soldats doit se réduire au seul Rogers. Après avoir fait ses classes comme comique troupier et figure de proue de la propagande américaine, Captain America part en expédition pour libérer son ami Buck, retenu prisonnier en compagnie d’une centaine d’autres soldats US par Red Skull et sa bande qui n’ont d’autre desseins que de faire exploser la planète.

Modeste America

La principale qualité de ce film est aussi sa principale faiblesse : la retenue. Le personnage de Steve Rogers, d’abord, est humble et timide, au contraire d’un Tony Stark ou d’un Thor. Et la réalisation de Joe Jonhston (Jumanji, Rocketeer) est à son image : tout en adorant et multipliant les scènes d’actions, il ne donne pas dans la surenchère visuelle mais préfère se concentrer sur la mise en place d’une atmosphère crédible entre la science-fiction et le film de guerre. Entre la folie mystique des dirigeants nazis, le charme à l’ancienne de Chris Evans et les propriétés de son arme-signature, le bouclier, il est difficile de ne pas penser aux aventures d’Indiana Jones, à son fameux fouet, et à son aversion pour les méthodes allemandes ("Nazis, I hate those guys").

Cette retenue, de bon aloi dans un contexte hollywoodien où certains réalisateurs de premier plan pensent qu’un film se construit uniquement sur ses effets-spéciaux (voir Michael Bay dans Transformers), influe parfois sur le rythme du film qui multiplie les scènes prometteuses sans aller au bout de ses idées. Surtout, si l’ambiance du film est très réussie, avec ses costumes magnifiques, ses décors à la Indiana Jones et son côté volontairement naïf (voir la superbe Hayley Atwell, plus proche d’une hôtesse de l’air des années 1940 que d’un officier de l’armée), la construction des personnages passe un peu à la trappe. Il faut tout le charisme d’excellents acteurs comme Stanley Tucci, Hugo Weaving, Tommy Lee Jones ou Toby Jones pour donner un semblant de vie à des personnages autrement fantomatiques.

Malgré tout, Captain America se détache du flot continu d’adaptations de comic-books par son côté doucement décalé (voir la longue séquence où Steve Rogers est comique-troupier) et sa modestie visuelle. On regrettera tout de même le manque de développement de certaines scènes réussies et le manque d’attention accordé aux personnages qui donnent au film un sentiment d’inachevé.

Captain America : First Avenger

- Sortie le 17 août 2011
- 124 min, Etats-Unis, Fantastique
- Réalisation : Joe Johnston
- Scénario : David Self, Christopher Markus, Stephen McFeely et Joss Whedon d’après les personnages créés par Joe Simon et Jack Kirby
- Directeur de la photographie : Shelly Johnson
- Costumes : Jeffrey Kurland
- Musique originale : Alan Silvestri
- Montage : Bob Murawski
- Producteurs : Kevin Feige et Stephen Broussard
- Producteurs exécutifs : Stan Lee, Louis D’Esposito, Stratton Leopold, et David Maisel.
- Production : Marvel Studios
- Distribution : Paramount Pictures et Columbia Pictures
- Avec : Chris Evans, Hayley Atwell, Sebastian Stan, Dominic Cooper, Tommy Lee Jones, Hugo Weaving, Toby Jones, Stanley Tucci, Neal McDonough, Clark Gregg, Samuel L. Jackson, Anatole Taubman, Richard Armitage, Derek Luke

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