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Urgence Hopper ! 62 heures non-stop en février au Grand Palais !

La RMN-Grand Palais prolonge l’exposition "Hooper" jusqu’au 3 février 2013. D’autre part, du mardi 29 janvier au jeudi 31 janvier l’exposition sera ouverte de 9 à 23h, et, ainsi que nous vous l’avions annoncé, sans aucune interruption du vendredi 1er à 9h jusqu’au dimanche 3 février à 23h, soit 62 heures sans discontinuité, comme cela fut précédemment fait pour "Picasso et les maîtres", en 2009, et pour "Monet" en 2011 !

Pendant cette période de prolongation, la nouvelle politique tarifaire en faveur des jeunes sera appliquée : la gratuité, valable pour les moins de 13 ans est dorénavant étendue aux moins de 16 ans !

Les peintures d’Edward Hopper (1882-1967) nous entraînent doucereusement vers une Amérique de solitaires, rêvée, ou plutôt rêveuse, désenchantée. Et les interprétations qu’elles inspirèrent furent souvent... contradictoires. Et le restent d’ailleurs aujourd’hui.

Qui étiez-vous Edward Hopper ? Un peintre romantique ? Réaliste ? Naturaliste ? Un symboliste, peut-être même ? Américain, c’est certain, peut-être aussi un peu nostalgique. Voire mélancolique.

Quelques repères, dans le désordre, sur lesquels nous reviendrons par la suite en respectant davantage la chronologie. Juste pour fixer quelques idées. Edward Hopper débarque en 1906 à Paris, pour son plus long séjour, dans une institution baptiste. C’est une indication de poids, qui en vaut bien une autre.

Francophile il est et sera, avec méthode (là, rien de religieux...) apprenant notre langue et étudiant attentivement les grands peintres : Manet, Degas, Félix Valloton et sa "lumière Vermeer", Watteau, mais aussi Rembrandt. Pas mal de maîtres français donc, dont il reste passablement influencé d’ailleurs, et disons même "impressionné notamment par la technique impressionniste".

À la suite de ce premier séjour de près d’un an, il revient à Paris en 1909, puis 1910. Quand il en repart, il emporte avec lui vers l’Amérique des caricatures du moraliste et féroce Jean-Louis Forain, et d’autres d’Albert Guillaume. Curieux attachement, car s’il vivra jusqu’en 1925 en réalisant des illustrations, les siennes seront a contrario purement alimentaires et ne révéleront pas la moindre once de critique sociale : loisirs, circulation, transports, consommation, roule, ma poule.

Rigolo. Il avait tout de même vendu son premier tableau (Sailing)à la mythique Armory Show, dès 1913, à cette même manifestation à laquelle assistèrent Paul Poiret, Marcel Duchamp et son scandaleux escalier, où des tableaux de Matisse faillirent être brûlés en autodafés. Celle enfin qui sonna l’éveil de l’identité artistique américaine et sa première confrontation avec les courants européens, que la France dominait alors de la tête et des épaules.

Autre jalon : André Breton en exil pendant la Seconde Guerre mondiale à New York, comparera Edward Hopper à de Chirico.

Drôle de bonhomme, donc, et peintre assez difficilement cernable. D’autant que pourtant, en dépit de toutes ces différentes expériences et influences, ne le voit-on pas déjà tel qu’en lui-même, dans tout son jus et son style dès ses tout premiers tableaux ? Regardez bien Young Woman in a Studio (1901-1902), ou Soltary Figure in a Theater (1902-1904).

Cette exposition monographique respecte une chronologie rassurante et étapée. Une première partie porte sur les années de formation ou d’explorations du peintre, de 1900 à 1924, établissant des liens d’inspiration entre ses œuvres et celles de ses contemporains qu’il découvre à Paris.

La seconde traite de la maturité d’Edward Hopper, couvrant de ces premières peintures, telle House by the Railroad (1924), jusqu’à l’œuvre ultime Two Comedians (1965), dans laquelle on reconnait aisément Edward Hopper et Jo Hopper prenant congé... du public (voir illustration plus bas).

À la New York School of Art, Hopper intègre l’atelier de Robert Henri, qui sera, en 1908, le fondateur d’une "école de la poubelle" (Ashcan School), au parti pris de réalisme radical. Pour lui ce sera un vrai repère, qui disait notamment à ses élèves que pour trouver la beauté, il leur faudrait d’abord être d’abord des hommes, et que peintre ne viendrait que plus tard.

Ensuite viendront ses séjours parisiens qui rapprochent ses peintures de celles qu’il découvre dans les galeries et les Salons parisiens.

Summer Interior, Edward Hopper, 1909, The Whitney Museum of American Art, New York City

Edgar Degas lui inspire des angles de vue originaux, et le principe poétique d’une théâtralisation du monde. Très beaux Un bureau de coton à la Nouvelle Orléans (1873), et Le ballet de Robert le Diable (1876).

Il emprunte à Albert Marquet la structure massive de ses vues des quais de Seine, et partage avec Félix Vallotton le goût d’une lumière inspirée de celle des tableaux de Vermeer.

De Walter Sickert, il retiendra l’iconographie des lieux de spectacle et la peinture d’une chair damnée… (Théâtre de Montmartre, 1906, Ennui, 1914.)

À Paris, Hopper adopte le style de l’Impressionnisme, tant cette technique lui semble avoir été inventée pour dire l’harmonie, le plaisir sensuel de ses découvertes et de sa jeunesse.

Pourtant, Edward Hopper, à son retour aux États-Unis, rejoint le réalisme ingrat de Bellows ou de Sloan, celui de cette Ashcan School dont il partage la vision contre-utopique.

L’exposition présente quelques illustrations commerciales sur un écran de taille un peu excessive compte tenu de leur faible intérêt qu’il fit alors pour gagner sa vie. À partir de 1915, sa pratique de la gravure lui permet d’opérer la métamorphose à l’issue de laquelle sa peinture se « cristallise », selon sa propre expression. Une salle, en revanche, elle, très intéressante, est consacrée à l’œuvre gravée de Hopper.

L’année 1924 marquera un tournant dans la vie, comme dans l’œuvre de l’artiste.

Edward Hopper, From Williamsburg Bridge (détail), 1928, huile sur toile, 73,7 x 109,2 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York ; George A. Hearn Fund © The Metropolitan Museum of Art, Dist. Réunion des musées nationaux – Grand Palais/image of the MMA

L’exposition, au musée de Brooklyn, de ses aquarelles des résidences néo-victoriennes de Gloucester, leur présentation à la galerie de Franck Rehn, qui deviendra son marchand, lui valent reconnaissance et succès commercial, lui permettant dorénavant de se consacrer exclusivement à son art, alors qu’il n’avait jusque-là vendu qu’un seul tableau, souvenez-vous, lors de l’Armory Show, en 1913.

Les aquarelles de Hopper ouvrent la seconde partie principale de l’exposition, présentant les tableaux les plus emblématiques de son style et de son iconographie. Le choix chronologique permet de mesurer au plus près la continuité de son inspiration, comme le travail d’approfondissement de ses sujets de prédilection : les architectures qu’il dote d’une identité quasi « psychologique » (House by the Railroad, 1924, MoMA), les personnages solitaires abîmés dans leurs pensées (Morning Sun, 1952, Columbus Museum of Art), le monde du spectacle (Two on the Aisle, 1927, Toledo Museum of Art), les images de la ville moderne (Nightawks, 1942, Art Institute Chicago).

Concernant ses sujets de prédilection, ils sont assez étranges et de natures très diverses : on retrouve pêle-mêle les locomotives, les rails, les femmes fesses nues couvertes d’une courte combinaison, ses personnages perdus dans leurs pensées, quelques couseuses attentives près de leur fenêtre.

Un point encore sur les intérêts et ses influences : il sera séduit par les photos d’Atget avant même Man Ray. Est-ce de là que lui vint ce goût des maisons et villes hantées, voire même ces bâtisses néo-victoriennes de Gloucester, qu’il peint et qu’il est apparemment le seul à voir quand les autres peignent la mer et regardent vers le large ?

L’apparent réalisme de ses peintures, le processus mental et abstrait qui prévaut à leur élaboration, destinent ces œuvres aux revendications les plus contradictoires. Bastion de la tradition réaliste américaine, le Whitney Museum of Art consacre à son œuvre des expositions régulières. C’est toutefois le MoMA de New York, temple du Formalisme, qui, en 1933, lui consacre sa première rétrospective. Alfred Barr, son directeur, salue en lui un peintre qui « parvient dans nombre de ses peintures à réussir des compositions intéressantes d’un point de vue strictement formel. »

Two Comedians, Edward Hopper, 1965, Huile sur toile. 73,7 x 101,6, Collection Sinatra

Cette complexité de l’œuvre de Hopper le place au croisement des deux définitions historiques de la modernité américaine : celle issue de l’Ashcan School, qui revendique le principe baudelairien d’une modernité liée au sujet, et celle issue des leçons de l’Armory Show qui, en 1913, révèle au public américain le formalisme des avant-gardes européennes (cubisme et cubo-futurisme).

Dans les Années 1950, l’étrangeté "surréelle", la dimension "métaphysique" de sa peinture lui valent d’être rapprochée de celle de De Chirico. Au même moment, dans les colonnes de la revue Reality, Edward Hopper s’associe aux artistes du réalisme américain pour dénoncer l’art abstrait qui, selon eux, submerge collections et musées.

Quelques mois à peine après la mort de l’artiste (le 15 mai 1967), réconciliant Réalisme et Art d’avant-garde, le commissaire de la section américaine de la Biennale de Sao Paulo, Peter Seltz, organise une exposition des œuvres de Hopper qu’il associe à la génération des artistes Pop.

Le commissaire de l’exposition est Didier Ottinger, directeur adjoint du Centre Pompidou. Elle est organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Thyssen-Bornemisza, de Madrid, en partenariat avec le Centre Pompidou.

Edward Hopper, au Grand Palais, entrée Champs-Élysées, du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013. Métro Champs-Élysées-Clemenceau. Ouvert de 10 à 22h, du mercredi au dimanche inclus, et de 10 à 20h le lundi. Fermé le mardi (pendant les vacances scolaires : ouvert tous les jours de 9 à 23h). 12 ou 8€ (16-25 ans). Gratuit pour les bénéficiaires du RSA, du minimum vieillesse, et jusqu’à 15 ans.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Rmn-GP, Edward Hopper, Le Monde, Wikipedia

3 Avenue du général Eisenhower 75008 Paris

Adresse

- Du 10 octobre 2012 au 3 février 2013
- Ouvert de 10 à 22h, du mercredi au dimanche inclus, et de 10 à 20h les lundis. - Du mardi 29 au jeudi 31 janvier, de 9 à 23h. - Du vendredi 1er à 9h au dimanche 3 février 2013 à 23h, l'exposition sera ouverte sans interruption, soit 62h d'affilée.

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