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Galerie Perrotin. Quand l’artiste Lionel Estève fouille notre cerveau reptilien…

mercredi 5 juillet 2017, par André Balbo

Incroyable rue Saint-Claude où tant de galeries, concentrées, exposent de si grandes ambitions artistiques, Perrotin, Richard, Jousse, Anne Barrault, et d’autres encore...

Jusqu’au 3 mars 2012, 10 impasse Saint-Claude, dans le Marais, la galerie Perrotin organise un solo show de Lionel Estève.

Pour cet artiste, le mystère est le statut le plus enviable d’une oeuvre d’art : anonyme, sans date et à l’origine incertaine. Il avait d’ailleurs élaboré un graphisme au sol (“myope et amnésique”, CAC Brétigny, 2005) en résonance avec les immenses et inexpliqués dessins Nasca.

Il expose pour la 3e fois à la galerie Perrotin, un des leaders mondiaux du marché de l’art, reconnu notamment pour son flair et ses talents de précurseur, et certainement le chef de file de la grande migration des galeries d’art posées aujourd’hui tel un banc compact de sardines sur l’ensemble du Marais. Le mouvement a été géographiquement si radical, que la fondation Cartier se sent maintenant bien seule près du lion de Denfert-Rochereau et aimerait tant pouvoir le rejoindre, d’autant que le public s’y tient.


(#PERROTIN-Esteve_Jan12_008full) Vue de l’exposition Lionel Estève, Galerie Perrotin (14 January - 3 March 2012)

Premier choc insidieux, premiers frissons en visitant la première installation de Lionel Estève : une grande salle géométrique très blanche, créant un environnement, empirique et neutre…. sensuel, ou plutôt suscitant d’étranges sensations venues du plus fond de soi, de notre cerveau reptilien, des alertes permanentes auxquelles nous nous tenions lorsque nous n’étions pas encore devenus des bipèdes, et courions, simiesque en évitement de danger.

Au sol, dans ce décor apparemment neutrissime, de longues sculptures de 10 à 15 mètres, aux couleurs acidulées, faites de tissus, de sable, de milliers de perles et d’épingles qui, comme en un vivarium, se nouent, se chevauchent en abandons et se mélangent. Ce sont d’étranges serpents « endémiques ethnopops et ludiques ».

(#PERROTIN-Esteve_Jan12_025vue02) View of the exhibition Lionel Estève, Galerie Perrotin (14 January - 3 March 2012)

Quelques portes en trompe-l’œil, schématisées de puissantes poignées en verre et d’une ligne au mur, inventent une autre circulation, à travers un espace mental imaginaire et inaccessible : volume considérable, mais nul échappatoire !

Lionel Estève en liberté reproduit la largeur panoramique d’une voûte céleste composée de perles multicolores. Il a montré précédemment ses mobiles fragiles chez Perrotin, et ailleurs (Art Unlimited/Art Basel, 2005 ; Fondation Hermès, La Verrière, Bruxelles, 2011).


(#PERROTIN_Esteve2_029_1 & PERROTIN_Esteve2_031_1) Lionel ESTEVE "Une ligne" / "A limit" 2011 Vue de l’exposition Lionel Estève, Galerie Perrotin (14 January - 3 March 2012) 113 pierres, aquarelle, vernis acrylique / 113 stones, watercolor, acrylic varnish 570 x 180 x 31 cm / 18.8 feet x 70 3/4 inches x 12 inches

Au pied de ce ciel étoilé, un paysage de pierres en partie peintes à l’aquarelle évoque le lit d’une rivière. D’une rivière, ou du souvenir du lit d’une rivière, aujourd’hui disparue. Et pourtant, on en percevrait et les bruits et les odeurs des herbes des ruisseaux ! Regardez donc vos pieds… Imagination , Vertige ?

Ou plutôt, là encore, des sensations enfouies, primales, savoir où il fallait aller laper, se désaltérer, « Dans le courant d’une onde pure ». Et l’espace d’exposition se métamorphose en site du Land Art. Cette fois-ci, l’attaque était minérale.

La troisième salle est recouverte de grands dessins aux motifs géométriques blanc sur blanc. Ces images fantomatiques fugitives convoquent l’art cinétique mais aussi le mouvement De Stijl (Theo van Doesburg, El Lissitzky) par leur économie de moyens et leur motifs à la fois dynamiques et aériens.

Hors du réel, le lieu de l’exposition devient un espace intérieur hanté par des phobies attirantes et contradictoires. Saurons-nous les apprivoiser, les dompter ? Elles sont tapies au fond de nous, tapies collées à notre ADN. Sachons-le et marchons.

Les oeuvres énigmatiques de Lionel Estève enveloppent le visiteur de leur secrets fantasmés, recréant un univers fictionnel proche de ceux de Lewis Carroll ou Magritte.

À voir absolument.

Lionel Estève est né en 1967 à Lyon, France. Il vit et travaille à Bruxelles, Belgique.

Exposition Lionel Estève, jusqu’au 3 mars 2012. Galerie Perrotin. 10, impasse Saint-Claude, 75003 Paris 01 42 16 79 79 www.perrotin.com Ouvert du mardi au samedi de 11 à 19h.

André Balbo

sources : Lionel Estève, Galerie Perrotin, Paris

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