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Il y a 140 ans, on inaugurait l’Opéra Garnier !

Dernière mise à jour : lundi 16 janvier 2012, par Adele

L’inauguration a lieu le mardi 5 janvier 1875 en présence du président de la République Mac Mahon.
Au programme ce soir-là :
- l’ouverture de La Muette de Portici d’Auber ;
- les deux premiers actes de La Juive d’Halévy ;
- l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini ;
- la scène de La Bénédiction des poignards des Huguenots de Giacomo Meyerbeer ;
La Source, ballet de Léo Delibes.

Le Palais Garnier
C’est en 1860 qu’un concours est lancé pour la construction d’un nouvel opéra à Paris, en remplacement de la salle Le Peletier, près de laquelle Napoléon III avait échappé à un attentat en 1858. 171 candidats y répondent et c’est Charles Garnier, jeune architecte peu connu, qui est retenu à l’unanimité, sans pour autant avoir séduit l’Empereur et l’impératrice. Il avait su donner à son projet l’esprit du style impérial de l’époque, un mélange exubérant de faste, de baroque et d’éclectisme.
Aujourd’hui, le palais Garnier est sans aucun doute l’architecture la plus représentative de l’art du second Empire, symbole du luxe et des plaisirs de la capitale. 73 sculpteurs et 14 peintres y travaillèrent sous la direction de l’architecte. Les travaux furent longs, stoppés pendant la guerre de 1870, et l’inauguration eut lieu le 5 janvier 1875.

Long de 172 m et large de 124 m, l’Opéra Garnier est le plus vaste théâtre lyrique d’Europe, pouvant accueillir plus de 2000 spectateurs. C’est le dôme de plomb vert couronné d’or, coiffant la salle, qui retient en premier le regard du spectateur.

Le corps principal est d’une structure classique, enrichie par la polychromie et la variété d’un décor abondant : il contient le vestibule et l’étage du foyer du public. Les deux avant-corps latéraux portent des groupes de Charles Gamery, l’Harmonie à droite et la Poésie à gauche. Les frontons sculptés en bas-reliefs représentent la Peinture et la Sculpture par Théodore Gruyère et l’Architecture et l’Industrie par Jean Petit. Des bustes de compositeurs ornent oeils-de-boeuf et écoinçons. Au-dessus de la loggia, l’attique est bordé de masques antiques en bronze doré par Klagmann.

Sur le perron, quatre groupes en ronde-bosse soulignent les avant-corps : la Musique (Guillaume), la Poésie Lyrique (Jouffroy), le Drame lyrique (Perraud) et la Danse (Carpeaux). Aux façades latérales sont adossés des pavillons semi-circulaires. Celui de l’ouest - rue Auber - possède une double rampe d’accès destinée à la voiture de l’Empereur, permettant d’accéder aujourd’hui à la bibliothèque et au musée rénové. Côté est se situe l’entrée des abonnés.

Par le perron, on accède au 1er vestibule où sont placées les statues de Lully, Rameau, Gluck et Haendel, oeuvres de Schoenewerke, Alasseur, Cavelier et Salmson. Dans le 2e vestibule se situe le service de contrôle.

Mais c’est surtout l’escalier d’honneur, inspiré des courbes et contre-courbes du style rococo, qui impressionne le regard. Une première volée, ornée de torchères de Carrier-Belleuse, mène au palier central ; il communique avec l’orchestre et les baignoires, grâce à une entrée gardée par des cariatides de Thomas. Deux volées perpendiculaires mènent grand foyer et, tout autour, des balcons sous arcades permettent de voir et d’être vu.

Le grand foyer est également une partie majeure à ne pas manquer : à l’entrée centrale figurent deux glaces de Saint-Gobain ; aux extrémités, des cheminées ornées de cariatides, derrière lesquelles sont placés les salons octogonaux (le salon ouest au décor peint par Barnas, le salon est par Delaunay). Le grand foyer est décoré de peintures allégoriques dues à Paul Baudry. Il communique avec la loggia par des portes vitrées. La salle a conservé ses couleurs rouge et or, très caractéristiques de l’époque Napoléon III. Elle compte cinq étages de loges, parfois incommodes. Huit grandes colonnes supportent la coupole à laquelle est suspendu le grand lustre. L’ancien plafond de Lepneveu est dissimulé depuis 1964 sous le plafond peint par Chagall, inspiré de neuf opéras ou ballets célèbres (La Flute enchantée de Mozart ; Tristan et Yseult de Wagner ; Roméo et Juliette de Berlioz ; Pelléas et Mélisandre de Debussy ; Daphnis et Chloé de Ravel ; l’Oiseau de feu de Stravinsky ; Le Lac des cygnes de Tchaikovski ; Giselle d’Adam ; Boris Goudounov de Moussorgski).

Avec ses 52 m de largeur, ses 60 m de hauteur et ses 37 m de profondeur, la scène peut contenir jusqu’à 450 figurants et dispose d’une impressionnante machinerie. Elle communique avec le foyer de la danse, orné de peintures de Boulanger.

Visiter l’Opéra Garnier