eVous
La ville dans la poche
Accueil Paris Arrondissements de Paris Ile-de-France Le Marais Lyon Marseille Nice Toulouse Bordeaux Nantes Lille Agenda France Guides France Montpellier Shopping Visiter la France Strasbourg Bruxelles Musique TV Cinéma Expositions Ailleurs Terres et saveurs Astuces, idées et inspirations

Accueil > Arrondissements de Paris > 16e arrondissement de Paris > Lieux clés Paris 16e > Cité de l’Architecture et du Patrimoine > DERNIERS JOURS de l’exposition Habiter le campement

DERNIERS JOURS de l’exposition Habiter le campement

Dernière mise à jour : mardi 16 août 2016, par Expositions

Du 13 avril au 29 août 2016, à la Cité de l’Architecture

« Tant qu’t’as un toit au-dessus de la tête... »

Le toit. Élément de survie premier. L’abri. La protection dont notre corps peut, ou ne pas, bénéficier contre un environnement potentiellement hostile. Le toit qui nous protège des aléas les plus marquants.

Avec les phénomènes migratoires successifs aux multiples raisons auxquels nous assistons, sur un tel sujet, des questions parfois gênantes se posent et nous interpellent.

Et si le recours au campement s’étendait de plus en plus sur la planète ? Au-delà des populations pour lesquelles il s’agit d’une tradition ou d’une nécessité choisie, nécessaire et intégrée, si les causes poussant à la migration se démultipliaient de plus en plus ? Verrons-nous s’installer cette précarité d’urgence s’installer dans la durée et s’étendre, s’étendre, s’étendre ?

Appleby Horse Fair (Festivals / Angleterre, 2010). C’est l’un des plus grands rassemblements annuels de gens du voyage en Angleterre. Depuis le XVIIIe siècle, des centaines de Gipsies, de travellers roumains et irlandais se réunissent à cette occasion pour se retrouver, célébrer leur culture et marchander le prix des chevaux.

Avant même de penser architecture, comment habiter dans des zones insalubres, inhospitalières ? Comment habiter en toute liberté, avec les moyens du bord ? Peut-on habiter autrement ?

L’homme a toujours cherché, comme les autres êtres vivants, le refuge idéal, mais avant de le trouver, à partir de quoi, de quelle précarité extrême, peut-il commencer "à se reconstruire" ?

Dans la préhistoire humaine ou dans la « jungle » de Calais, les premiers abris sont construits avec les ressources environnantes : grottes, branchages ou déchets urbains. Le toit « en dur » est récent, comme l’est, dans l’histoire humaine, la sédentarisation.

Le campement, c’est le rassemblement temporaire des abris, mais c’est aussi bien davantage. C’est la possibilité, comme le rappelle Saskia Cousin, de faire clan, communauté, société. C’est un « raccourci de l’univers », comme l’écrivaient Marcel Mauss et Émile Durkheim en 1903.

Si l’abri évoque d’architecture, le campement parle déjà, et fortement d’urbanisme. C’est l’endroit où se poser, se rassembler, avant de reprendre la route.

Squat au métro La Chapelle à Paris (sans-papiers, France, 2015). Environ 400 migrants originaires de la corne de l’Afrique se sont installés en 2014 dans un campement de fortune sous les voutes du métro aérien. La police a fait évacuer le campement en juin 2015.

Cette exposition explore, de manière non exhaustive mais assez large, formes et manières de vivre le campement, par des traces photographiques, principalement de photojournalisme.

Quel rôle l’architecture peut-elle jouer dans ces campements ? L’enquête semble montrer que l’immense majorité des habitants de ces campements ne rencontre l’architecture professionnelle que lorsque elle se fait industrielle, voire carcérale : les dizaines de milliers de tentes blanches du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés-unhcr, les baraquements visant à contenir, contrôler, enfermer.

Dans cet événement, six façons différenciées d’habiter le campement ont été identifiées : celles des nomades, des voyageurs, des infortunés, des exilés, des conquérants et des contestataires. Ces typologies s’intéressent moins aux formes matérielles du campement qu’aux manières de l’investir, de l’habiter, de le subir, de le transformer.

Et que dire de ces immenses campements temporaires qui accompagnent les pèlerinages religieux...

Chacune des thématiques a été approfondie avec les membres du comité scientifique réuni à cet effet : Arnaud Le Marchand (Nomades), Saskia Cousin (Voyageurs), Marc Bernardot (Infortunés), Clara Lecadet (Exilés), Michel Agier (Conquérants), Michel Lussault (Contestataires).

Les commissaires souhaitaient aussi que les visiteurs de l’exposition puissent expérimenter le campement, sentir ce que vivent les humains soumis à la condition du mouvement, en les troublant, ou déstabilisant un tant soit peu. Dans ce but, l’exposition a adopté une installation cinétique et sonore qui, par intermittence, perturbe la lecture et efface les contenus.

Quelques refuges, plus confinés, plus calmes, proposent des cellules plus propices à la découverte des situations, à l’écoute d’un parcours sonore proposé par Jean Bellorini et Marion Canelas.

"Habiter le campement" est un travail sur les marges, sur le moment ou le lieu d’une déstabilisation des identités collectives et individuelles. Qu’il s’agisse d’un choix pour des voyageurs en quête d’expérience, ou d’une épreuve parfois fatale pour les populations déplacées, les humains abrités ou parqués dans des campements vivent cette déstabilisation.

En interrogeant la marge, nous déplaçons notre regard du centre, de la norme, pour mieux l’interroger. C’est la question même de l’habiter qui se pose, celle aussi de l’architecture contemporaine et de ses présupposés.

Dans ce fourre-tout thématique, des planisphères nous assènent des statistiques éprouvantes pour nos supposées bonnes consciences, indiquant par exemple les zones extrêmement larges où la part de la population urbaine vivant dans des bidonvilles dépasse... 45,5%, et celle où elle n’est comprise "que" entre 21,5 et 45,5%. Et en plus je soupçonne celle-là d’être incomplète car je n’y voit figurer ni Mexico Ciudad ni Rio.

Heureusement, sur une autre planisphère, les méga-bidonvilles à travers le monde sont indiqués, avec celui de Mexico, qui culmine à 4 millions, et neuf autres à 2 millions.

Les pays en développement n’ont "que" 862,5 millions d’habitants dans les bidonvilles.

Saviez-vous que le label de "camp de réfugiés" avait été créé par l’Armée britannique lors de la 2e Guerre des Boers (1899-1902), et visait à couper la guérilla boer de son encrage au sein des populations civiles. Si la propagande britannique tentait de les représenter comme des espaces de refuge et de protection, ils étaient en réalité des lieux de travail forcé, de famine et de mort.

Les camps, qui étaient jusque-là l’apanage des militaires et le refuge des garnisons, abritent à partir de la fin du XIXe siècle des populations civiles dont le sort devient un enjeu majeur dans les guerres contemporaines. Instruments d’oppression et de mort des populations déportées et internées, ils sont aussi des lieux de refuge spontanés et institutionnels des populations en exil...

Et puis il y a les nomades. Les Peuls, dont la communauté est principalement présente en Afrique de l’Ouest, devenus pour beaucoup sédentarisés mais dont le mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de leurs troupeaux. Ils habitent au Burkina Faso des maisons rondes en paille tressée ou des huttes rondes faites de branchages et recouvertes de laine, pour les nomades.

Les Masaïs, au Kenya et en Tanzanie. Éleveurs et guerriers semi-nomades, ils sont plus d’un million. Et la tribut des Toubous-Gorane, au Niger et au Tchad, qui pratiquent le pastoralisme avec dromadaire, bovins et petit bétail, et logeant dans des maisonnettes de paille... et tous les autres, ceux qui se déplacent et se déplaceront, ceux qui partent et ceux qui viennent, ceux qu’emporte le mouvement brownien des catastrophes climatiques, économiques, industrielles, religieuses, politiques, et des foyers de guerres et de terrorisme.

Le campement a devant lui un brillant avenir !

Habiter le campement. Nomades, exilés, voyageurs, contestataires, infortunés, conquérants, du 13 avril au 29 août 2016, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro, 75016 Paris. Ouvert tous les jours sauf le mardi de 11 à 19h, et le jeudi jusqu’à 21h. 9 ou 6€.


***

Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues des expositions de Paris.

Vous pouvez consulter une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Cité de l’architecture