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L’exposition « Rousseau et la Révolution » à l’Assemblée nationale

Dernière mise à jour : jeudi 8 mars 2012, par Gaspar

Du 10 février au 6 avril 2012, le Palais Bourbon présente une exposition qui revient sur l’influence du philosophe sur le processus qui a abouti à la naissance de la citoyenneté moderne. Compte rendu de notre visite.

Jean-Jacques Rousseau disparaît onze ans avant la prise de la Bastille. Ses écrits ont pourtant influencé bien des révolutionnaires français. Au point que, plus encore que Voltaire ou Montesquieu, il fut une véritable figure tutélaire de la Révolution. Son entrée au Panthéon en 1794 est approuvée par tous. Cette année, nous célébrons le tricentenaire de la naissance de l’inventeur du Contrat Social. L’occasion pour l’Assemblée nationale de faire un retour sur la pensée politique de cet auteur, écrivain, philosophe et musicien.

Pour vous rendre dans la salle d’exposition, il vous faudra longer l’entrée de la grande Galerie des fêtes de l’Assemblée, au point de jonction entre le Palais Bourbon et l’hôtel de Lassay. Jetez un coup d’œil vers la magnifique galerie. La décoration imite le style Louis XV mais date en fait du XIXe siècle. La Galerie des fêtes mène aux bureaux de la Présidence de l’Assemblée. C’est derrière de grands rideaux pourpres que se tient l’exposition qui nous intéresse ici. Disposée tout en longueur, elle ressemble à un court chemin dans le passé.

Elle s’ouvre sur des écrits originaux de Rousseau et s’achève sur des bornes sonores qui refont vivre aux visiteurs l’intensité des débats sous la Convention. Le parcours est symbolique. Les écrits théoriques du philosophe, s’adressant à l’élite européenne, se fondent finalement dans les débats publics de la Convention nationale, accomplis au nom de l’ensemble du peuple français.

La première partie de l’exposition ravira plutôt les amateurs de reliques. Elle s’ouvre sur une vitrine émouvante. Elle contient les paraphes des signataires du serment du jeu de Paume, conservé à la bibliothèque de l’Assemblée. La dimension contractuelle du serment – les députés des États généraux se promettent de donner une nouvelle constitution au royaume – est la première manifestation évidente de l’influence rousseauiste sur les usages politiques. Parmi les signatures, celles de Mirabeau, Robespierre, Sieyès ou du docteur Guillotin.

En avançant dans l’exposition, le visiteur découvrira des écrits – souvent manuscrits – du philosophe genevois. Ils sont issus des collections de l’Assemblée nationale mais aussi des fonds de la BNF, du musée Carnavalet, du musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency, de la Bibliothèque de Genève et de l’Institut. Des vitrines, nombreuses, donnent à voir, tour à tour, des extraits du Contrat Social, de l’Emile, des Confessions, de la Nouvelle Héloïse ou des Dialogues. Les mordus d’épigraphie pourront toujours se lancer dans un lecture improvisée de l’écriture facilement déchiffrable de Rousseau. Le célèbre début des Confessions – « Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple » – est parfaitement lisible dans sa vitrine.

La mise en lumière de tels manuscrits serait un peu vaine si elle n’était pas accompagnée de quelques explications. Des panneaux rappellent que dès 1794, la République naissante s’est souciée de conserver et de protéger ces originaux fondateurs. Ceux-là ont souvent eu une histoire chaotique : certains ont été détenus par Mirabeau, d’autres auraient pu quitter la France avec l’émigration de la noblesse. Le zèle de la Convention pour rassembler les papiers de Rousseau est un autre symbole de ce que la Révolution devait au philosophe. Il vous faudra un peu de temps et d’application pour lire tous les panneaux explicatifs de l’exposition.
L’œuvre musicale de Rousseau, par l’intermédiaire de quelques partitions, est également visible.

Opportunément, quelques tableaux et gravures apportent une illustration plus vivante des « années Rousseau », les visiteurs les plus jeunes éprouvant souvent le besoin de se faire une idée concrète des personnes et des époques. On se plaira à contempler le célèbre portrait de Rousseau, par Quentin de La Tour ou celui de Robespierre, rousseauiste fervent, prêté par le musée Carnavalet. Un imposant buste en bronze de Houdon témoigne des hommages artistiques rendus à l’auteur des Confessions.

L’exposition s’achève avec des bornes sonores tout à fait bienvenues. Elles vous permettront d’entendre des comédiens qui rejouent les moments où la pensée de Rousseau a été évoqué lors des débats à la Convention. L’héritage de Rousseau était revendiqué de manière parfaitement concrète par les différents groupes politiques de la Révolution. On sera surpris d’entendre Robespierre, disserter sur son interprétation de la philosophie de Rousseau quelques heures avant son arrestation. Faire apparaitre plus concret le lien entre philosophie et politique, c’est bien le but de cette exposition !

Adresse

33 Quai d’Orsay 75007 PARIS

Horaires

Du lundi au samedi de 9h30 à 18h
(Se munir d’une pièce d’identité)