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L’ombre du match Pinault-Arnault plane encore sur la métamorphose du Printemps

On doit beaucoup à Bernard Arnault et à François Pinault sur le fait que Paris soit demeurée la capitale mondiale du luxe, de la mode et du shopping. Ils mériteraient d’avoir, l’un comme l’autre, une statue dans la ville.

Il faut croire qu’il y eut des causes complexes dans ce qui a nourri la compétition et l’émulation perpétuelles qui les habitaient, peut-être aussi une relation quasi amoureuse, en tout cas de l’admiration réciproque. Leurs luttes au corps à corps ont longtemps perduré. Elles ont été incessantes et sur tous les fronts. Ils se sont surveillés, se sont comparés, et seul comptait pour eux, et à jamais, leur combat zénithal.

Dans le luxe ? Bernard Arnault est propriétaire du leader mondial, le groupe LVMH.

François Pinault , ancien président du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), propriétaire de la Fnac depuis 1994, de 16 % de Bouygues, et de la maison de luxe Gucci depuis 1995, n’en est pas très loin.

Dans les grands magasins ? Bernard Arnault est propriétaire du Bon Marché , dont il a su faire LE magasin très sélectif (car sa superficie est moindre que celles de ses concurrents) du luxe et du bon goût parisien. Il est aussi propriétaire des immeubles de la Samaritaine , qu’il compte bien transformer en véritable quartier du luxe, en y implantant l’unique palace du cœur de Paris. Assisterons-nous un jour à une nouvelle compétition entre eux sur ce terrain, la bataille des palaces ?

Bien que ce soit le groupe de l’homme d’affaires italien Maurizio Borletti , qui a racheté le Printemps à François Pinault en 2006, qui lance cette ambitieuse opération, on ne peut qu’avoir à l’esprit que le match Pinault-Arnault vient de reprendre de façon remarquable. L’ombre de ce combat de géants plane.

C’est que le magasin du Printemps est en train de vivre une mue et de se repositionner résolument, comme son concurrent le Bon Marché , sur le très haut de gamme en inaugurant un chiquissime concept luxe et accessoires sur 10 000m2 et trois étages, visant désormais davantage la clientèle à revenus élevés et étrangère.

Fini le joyeux fouillis du rez-de-chaussée d’autrefois. Il se dédie dorénavant à la maroquinerie de luxe : Gucci bien sûr, Chanel, Dior et bientôt Louis Vuitton qui y ouvrira une large boutique.

L’ensemble du magasin va s’en trouver bouleversé. Marbre blanc, déplacements des ascenseurs, changement des escalators, trémie sur trois étages, dans un immeuble classé monument historique, il fallait oser… Mais comment résister aussi à l’envie de ringardiser méchamment les Galeries Lafayette voisines. Le concurrent est aujourd’hui clairement le Bon Marché .

Leur fortune personnelle ? En 2010, Bernard Arnault possède la 1ère fortune française (estimée supérieure à quelque 30 milliards d’euros), la 1ère également de l’Union européenne, et la 7e mondiale.

François Pinault , 3e fortune française, 10e européenne, et la 34e mondiale (estimée supérieure à 20 milliards d’euros). On ne se moque pas. Ce n’est pas si mal.

Dans la presse ? Bernard Arnault est propriétaire du quotidien économique les Échos.

François Pinault possède Le Point, et le magazine financier L’Agefi.

Dans le commerce de l’art et les enchères ? François Pinault acquiert en 1998 Christie’s, la célèbre maison britannique de ventes aux enchères, et devient l’un des principaux acteurs mondiaux du marché de l’art.

Bernard Arnault , qui avait acquis en 1999 la maison de ventes aux enchères Phillips, 3e mondiale, l’a revendue en 2002. Il fut un temps où on lui prêtait (ne prête-t-on qu’aux riches ?) l’intention d’acquérir Sotheby’s.

Collectionneurs d’œuvres d’art ? Bernard Arnault , grand collectionneur d’art, a lancé le projet d’une Fondation Louis-Vuitton, qui devrait ouvrir au Jardin d’acclimatation de Paris en 2010, dans un bâtiment conçu par l’architecte Frank Gehry.

François Pinault constituera à partir des années 1990 l’une des toutes premières collections privées d’art moderne et contemporain du monde. Il acquiert à Venise en 2005 le palazzo Grassi, sur le Grand Canal, présente au public une première exposition d’œuvres tirées de sa collection personnelle d’art contemporain. En 2007, il se rend acquéreur de la Douane de Venise, une extension du palazzo Grassi de quelque 5 000 m2.

André Balbo

Source : Le Parisien

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