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La Faïencerie Boulenger

La rue de Paradis était jusqu’à une période assez récente une adresse prestigieuse pour les fabricants d’arts de la table. La maison Baccarat y eut d’ailleurs son siège, avant de s’expatrier place des Etats-Unis (16e arrondissement), dans l’ancien hôtel du banquier Bischoffsheim.

Au n° 18 subsiste aujourd’hui un étonnant bâtiment, autrefois occupé par un dépôt de faïencerie de la célèbre Faïencerie de Choisy-le-Roi. Fondée en 1804 par les frères Paillart, cette faïcencerie va connaître un essor considérable sous l’impulsion d’ Hippolyte Boulenger à partir de 1878. En effet, celui-ci va réussir à imiter la porcelaine de Chine grâce à un procédé de pâte fine.

Vers 1900, sa fabrique, située en bords de Seine à Choisy-le-Roi, emploie pas moins de 1.500 ouvriers. Outre son savoir-faire pour les arts de la table, la maison est alors sollicitée par le métro parisien pour éxécuter le célèbre revêtement de carrelage blanc des stations de métro. Par sa notoriété, la société sera ensuite sollicitée pour réaliser des halls d’immeubles parisiens.

Très paternaliste, Hippolyte Boulenger défend alors un capitalisme social : création de logements et de crèches, société de secours mutuel, coopérative, caisse d’assurance contre les accidents. Ce sont les grèves de 1936 qui signent la fermeture de la manufacture de Choisy, la production se poursuivant jusqu’en 1955 sur le site de Creil-Montereau, une autre faïencerie rachetée depuis 1920.

Le dépot de faïencerie de la rue de Paradis construit en 1900 par l’architecte Jacottin servit de siège social et faisait également office de vitrine commerciale pour la marque ( le nom "H. Boulenger" domine d’ailleurs la façade). C’est pour cette raison que de nombreux murs sont recouverts de somptueux décors de faïence. Assez étroite, la façade d’entrée est d’inspiration Renaissance, tout comme le long vestibule où sont placés des décors de céramique, dont un fameux combat de coq. Les compositions de Guidetti, contrastes de bleus azurs et d’ocres, sont remarquables. Le peintre A.J. Arnoux participa également à la création de ces décors. Au fond de la cour, un bel escalier à balustres mène à la grande salle d’exposition, conçue comme un patio intérieur. L’ensemble est classé Monument historique depuis 1981.

Un temps occupé par le musée de l’ Affiche et de la Publicité, ce lieu est devenu en mai 2011 "Le Manoir de Paris" : une "demeure hantée", entre musée et parc d’attraction, qui vous dévoile sur près de 1.000 m2 les légendes de Paris. Un lieu pour frissonner et découvrir le Paris mystérieux.

Franck Beaumont.

18 rue de Paradis

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