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DERNIERS JOURS du Crépuscule des Pharaons, au musée Jacquemart-André

Dernière mise à jour : samedi 15 décembre 2018, par Expositions

Le public français est un des plus passionnés au monde par l’Égypte ancienne. Il est gâté avec cette exposition du musée Jacquemart-André "Crépuscule des Pharaons. Chefs-d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes".

Elle se tiendra jusqu’au 23 juillet 2012. Pour la première fois, une exposition dévoile en France l’art et les trésors des dernières dynasties pharaoniques, celles du dernier millénaire de leur histoire, de 1069 à 30 avant notre ère.

Cette exposition attire l’attention sur les plus belles réalisations de cette période et elle démontre qu’il serait bien abusif de réduire le « crépuscule » de l’ancienne Égypte à dix siècles de déclin, même si le pays a été envahi par les Kouchites, les Perses et les Macédoniens.

Le pays sera successivement dirigé par des rois libyens (XXIIe dynastie), des « pharaons noirs » d’origine nubienne (XXVe dynastie) et des Perses (à partir de la XXVIIe dynastie), avant que les Grecs ne leur succèdent lors de la conquête d’Alexandre le Grand en 332 avant notre ère.

Si cette longue période est particulièrement troublée sur le plan militaire et politique, l’art égyptien, nourri d’une longue tradition pharaonique, conserve tout son prestige auprès de ces nouveaux souverains étrangers qui s’en réapproprient les codes, en apportant une légère inflexion à certaines caractéristiques stylistiques.

Cercueil momiforme Bois stuqué, doré et peint 195 cm (H) x 56 cm (L) x 58 cm (P) Collection particulière © D.R. / Paul Louis

Loin de l’image décadente qu’on lui a longtemps associée, cette époque est celle d’un brillant renouveau artistique. Sommet de ce millénaire, la période saïte (672-525 avant notre ère) est considérée comme une véritable renaissance de l’art égyptien. C’est au cours de cette époque saïte, pendant la XXVIe dynastie, que l’Égypte regagne son indépendance, avant que le pays ne soit envahi par les Perses qui formeront la XXVIIe dynastie.

Une prospérité économique accompagne cette période d’échanges avec les autres civilisations. Elle permet la construction d’importants monuments qui célèbrent la grandeur de la culture égyptienne.

Issus de tombes ou de temples prestigieux, sculptures et reliefs, sarcophages et masques funéraires, objets de culte et bijoux sont autant d’illustrations de l’art de cette période, qui mêle élégance des proportions, délicatesse des formes et sobriété des détails. Servie par une maîtrise éprouvée de la technique et un goût prononcé pour la pureté des lignes, la production artistique se distingue alors par des réalisations d’une perfection inégalée, tout particulièrement dans le domaine de la statuaire.

Remarquez tout particulièrement la "tête verte", prêtée par Berlin. Une perfection dans ce visage, qui répond aux critères classiques de la statuaire égyptienne : le visage est droit, les traits idéalisés, mais... la vieillesse est clairement indiquée.

La "Tête verte de Berlin", époque ptolémaïque (-306-30), Berlin, Staatliche Museen, Berlin © A gauche, SMB Ägyptisches Museum und Papyrussammlung, Foto : Sandra Steiß

Dans la symétrie exigée, mais les pattes d’oie, les commissures des lèvres, les rides des oreilles, et même, si vous regardez de près, les 3 microscopiques rides qui surplombent chaque côté de la lèvre supérieure. Cette statue est le clou de l’exposition ! Polissage remarquable, satiné.

Les statues exposées sont de grande qualité et parfaitement préservées, contrairement à un autre préjugé qui voudrait qu’elles soient toutes endommagées à cette époque. Elles figurent des prêtres ou des grands personnages de l’État, montrent la diversité des matériaux (métaux, faïences ou pierres, dont le grauwacke et le calcaire compact qui rappelle l’albâtre), des éléments vestimentaires mais surtout des attitudes (l’orant à genoux, le trônant qui reçoit, et éventuellement profitera des offrandes... après que les dieux s’en soient rassasiés, et l’homme debout).

Certaines postures sont très facilement identifiables comme celles que l’on appelle les "statues cubes", genoux ramenés sous le menton, et bras croisés enserrant les genoux.

Vous remarquerez certainement le rendu des visages de ces statues, véritable lieu où s’exprimait le mieux le talent des sculpteurs de l’époque. Les 3 statues jumelles qui vous accueilleront sont extrêmement rares : même matière, même attitude. Elles dénotent de la puissance exceptionnelle de ce personnage, qui se faisait appelé "l’ami du roi", et voyageait beaucoup... Réunir ces 3 statues est un fait unique... qui a nécessité 3 années pleines.

Certains personnages portent des divinités réduites. Par convention, elles leur feraient face, contrairement à ce que l’on voit. Une convention vous dis-je, qui montre à quel point ces personnages sont importants et comme les divinités leur sont proches.

L’objet que tiennent dans chacune de leurs deux mains les personnages debout prête à polémique. Là encore, si l’on peut exprimer une interrogation, les spécialistes ne seront pas encore d’accord sur la réponse. Pour l’Américain Fisher, il s’agirait de mouchoirs. Pour d’autres, dont M. Olivier Perdu, tout en reconnaissant l’extrême sérieux et la haute compétence de son confrère, il convient encore de se tenir à les nommer des "objets cylindriques".

Dans une petite salle quelques représentations de femmes. Nues, elles s’appelleront des "concubines". Finalement les égyptologues peuvent se laisser aussi rattraper par le gossip ! On remarquera le changement des critères de beauté selon les époques : épaules, épaisseur ou sveltesse, musculatures...

Le domaine des morts prend toute sa place dans 3 salles qui exposent et révèlent le luxe dont tenaient à s’entourer les élites égyptiennes, tant à l’intérieur de leur caveau funéraire que dans la chapelle, cette partie de la tombe qui demeurait accessible et où l’on venait rendre le culte aux défunts.

Ces personnages importants étaient accompagnés dans leur sépulture par des statuettes faites en série. Elles représentent 365 travailleurs, pour épargner au notable le travail d’outre-tombe, encadrées par un contre-maître pour 10 ouvriers, soit une petite foule, mais la vie n’était-elle pas supposée continuer de la même façon au-delà de la mort...

Ouchebti de Psammeétique, fils de Sébarékhit, fin de la XXVIe dynastie, Londres, British Museum © The Trustees of the British Museum

Observez aussi attentivement ce que révèle le papyrus sur les rites du passage au pays des morts, quand le cœur est traité avec obséquiosité pour qu’il ne dénonce pas aux divinités de mauvais actes commis... et fasse que l’âme ainsi pèse davantage que la plume de la balance. Crainte alors de l’anéantissement total. L’âme, le cœur, et les viscères, où sera le plus grand danger ? Heureusement, le scarabée veillera !

Plus de 100 pièces exceptionnelles, provenant de temples ou de tombes, et prêtées par les plus grandes collections internationales des antiquités égyptiennes (l’Ägyptisches Museum de Berlin, le British Museum, le Musée du Louvre, le Metropolitan Museum, le Museum of Fine Arts de Boston, le Kunsthistorisches Museum de Vienne…), témoignent de la richesse et de la diversité de l’art égyptien après les derniers Ramsès.

Le commissariat de cette exposition est assuré par Olivier Perdu, égyptologue attaché à la Chaire de Civilisation pharaonique du Collège de France.

Crépuscule des Pharaons. Chefs-d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes. Musée Jacquemart-André. Jusqu’au 23 juillet 2012.

Visitez également Toutankhamon, son tombeau et ses trésors, à Paris Expo, porte de Versailles, du 12 mai au 1er septembre 2012. Une spectaculaire reconstitution pour faire revivre au grand public les frissons des incroyables découvertes d’une aventure archéologique exceptionnelle du XXe siècle.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : musée Jacquemart-André, Olivier Perdu, visite

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