eVous
La ville dans la poche
Accueil Paris Arrondissements de Paris Ile-de-France Le Marais Lyon Marseille Nice Toulouse Bordeaux Nantes Lille Agenda France Guides France Montpellier Shopping Visiter la France Strasbourg Musique TV Cinéma Expositions Ailleurs Terres et saveurs Astuces, idées et inspirations

Accueil > Arrondissements de Paris > Paris 8e > Guide Paris 8e > Se promener, Paris 8e > Les Camondo, une dynastie de collectionneurs

Les Camondo, une dynastie de collectionneurs

Dernière mise à jour : vendredi 9 décembre 2011, par Franck Beaumont

L’âme de la famille Camondo plane encore sûrement sur le parc Monceau, le lieu parisien qui incarne le mieux leur réussite éclatante et le faste de leurs collections éblouissantes. Retour sur une grande famille de banquiers et de collectionneurs installés à Paris sous le Second Empire.

La famille Camondo est une famille juive originaire d’Espagne. A partir du XVIIe siècle, ils émigrent à Constantinople et servent de banquier à l’Empire ottoman. Ils sont anoblis au XIXe siècle par le roi d’Italie. Sous le Second Empire, les deux frères, Abraham (1829-1889) et Nissim de Camondo (1830-1889), s’installent à Paris. Ils se font construire chacun un hôtel particulier, aux n° 63 et n° 61 de la rue du Monceau, dont les jardins donnent sur le parc.

La plus connue des deux demeures, au n° 63, est aujourd’hui le cadre du Musée Nissim de Camondo (illustration). C’est le fils d’Abraham, Moïse de Camondo, richissime banquier, qui fait construire de 1911 à 1914 un hôtel particulier clairement inspiré du Petit Trianon (de Jacques-Ange Gabriel) par l’architecte René Sergent : sur la cour, une façade assez austère, animée de pilastres corinthiens et utilisant l’ordre colossal (la façade est concave, ce qui n’est toutefois pas le cas du petit Trianon). Sur le jardin, les bâtiments en L sont animés par une rotonde centrale.

Moïse de Camondo affirme alors clairement son goût, en architecture comme en mobilier, pour le XVIIIe français. Il y place tout naturellement ses magnifiques collections de mobilier, objets d’arts et de tableaux du XVIIIe siècle : citons des meubles de Oeben, Jacob, Leleu, Van der Cruse Lacroix, Sené, des tapisseries d’Aubusson et des tableaux de Mme Vigée-Lebrun ou de François-Hubert Drouais. Doté d’un goût très sûr, cet esthète collectionnait presque exclusivement du mobilier datant des années 1770-1785, qu’il avait acquis des plus grandes collections existantes à la fin du XIXe siècle en Europe : collections royales ou passées dans les mains des Rothschild, Ganay, Wallace, Ephrussi, Castellane, Pichon, Kahn, Talleyrand, Doucet.

A la mort tragique de son fils Nissim (1892-1917) le 5 septembre 1917 en combat aérien, Moïse de Camondo décide de léguer à sa mort (il décèdera en 1935) son hôtel et ses collections à l’Union Centrale des Arts Décoratifs. C’est une des plus importantes collections de l’Art français du XVIIIe siècle, aujourd’hui réunie dans le musée Nissim de Camondo (rebaptisé du prénom de son fils disparu). Rappelons enfin que la seconde héritière de Moïse de Camondo, sa fille Béatrice, mariée au compositeur Léon Reinach, périt tragiquement
avec ses enfants dans les camps nazis durant la seconde guerre mondiale.

La seconde demeure fut construite au n° 61, juste à côté de la première, pour Nissim de Camondo (1830-1889), frère d’Abraham, par l’architecte Denis-Louis Destors en 1874-1875. Cet hôtel est de style éclectique, mélangeant les époques, avec une inspiration évidente de la Renaissance. Il a été en grande partie dénaturé à l’intérieur.

Après Nissim, c’est son fils Isaac (1851-1911), banquier et collectionneur, qui vivra dans cet hôtel. Il constitua une importante collection d’œuvres d’art du XVIIIe siècle, d’estampes japonaises, d’objets d’art d’Extrême-Orient et de peinture impressionniste. N’ayant pas eu d’enfant légitime, Isaac de Camondo légua en 1911 l’ensemble de sa collection au Louvre. Parmi les 62 tableaux légués, un grand nombre sont aujourd’hui au musée d’Orsay, comme « Pommes et Oranges », « Les Joueurs de carte » et la « Maison du pendu » de Paul Cézanne. Sa collection d’art extrême-oriental est partie au Musée Guimet. L’hôtel Isaac de Camondo est aujourd’hui dans le giron d’une banque américaine : la banque Morgan Stanley. Il est bien visible depuis le parc Monceau, comme son voisin le musée Nissim de Camondo.

Vous pouvez également découvrir le quartier du parc Monceau avec un guide-conférencier. Pour tout savoir sur cette visite guidée, cliquez ICI.

Franck Beaumont

Sources : Guide du Promeneur Paris 8e, Guide du Patrimoine Paris

Adresse

63 rue du Monceau