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DERNIERS JOURS des Maîtres du désordre. Chamanes et artistes sont-ils nos intercesseurs, Quai Branly ?

Dernière mise à jour : mercredi 13 décembre 2017, par André Balbo

L’exposition « Les Maîtres du désordre », proposée à la Galerie Jardin du musée du Quai Branly du 11 avril au 29 juillet 2012, traite de ces figures inscrites au panthéon de nos croyances et de toutes les cultures, de Dionysos à Seth Typhon.

Haut de canne rituelle

Ce sont aussi les techniciens, les chamanes et les autres intercesseurs que l’on appelle ici « les maîtres du désordre ». Ce sont eux que les hommes ont chargé des négociations avec les forces du chaos.

Ainsi, dans la plupart des cultures, des traditions mettent en scène des forces contraires qui se disputent le monde en un combat nécessaire et sans fin. Tout ordre, y compris l’ordre divin, est fondamentalement imparfait, limité, menacé d’implosion.

Amulette ("Mardergebiss")

Cette conscience du désordre semble être commune à toute civilisation, et les forces perturbatrices, nécessaires à l’équilibre de l’univers comme à sa continuité.

Dans ce compromis permanent entre turbulence et raison, les rites sont le mode privilégié de négociation avec les puissances qui gouvernent les sociétés humaines.

Parallèlement à ces rituels sacrés, les fêtes, bacchanales, carnavals ou fêtes des fous (voir aussi à ce sujet, au musée Dapper, l’exposition Mascarades et Carnavals) semblent être l’autre moyen, profane, qui autorise le déchaînement des pulsions transgressives.

Costume cérémoniel de guérisseur Nganga

Cette exposition est articulée en 3 sections principales :
- l’ordre imparfait,
- la maîtrise du désordre,
- la catharsis.

L’exposition analyse la notion de désordre à travers les différents modes de négociations mis en place pour le contenir.

Statuette représentant un chamane

« Les Maîtres du désordre » met en scène des objets, des costumes, des représentations issus des grandes collections anthropologiques, mais aussi des œuvres d’une vingtaine d’artistes contemporains de renommée internationale, dont Jean-Michel Basquiat, Annette Messager, Jean-Michel Alberola, Thomas Hirschhorn, ou ce bon vieux Picasso.

Et c’est peut-être précisément en cela que ce sujet scabreux entre tous, qui aurait pu sombrer comme d’autres dans un méchant brouet d’ethnologues chenus, est sauvé : grâce au commissaire Jean de Loisy qui a défini ce projet comme "inhabituellement subjectif", faisant dialoguer de mille façons, - visuellement mais aussi par exemple dans de rauques rugissements -, ensemble, chamanes et artistes contemporains.

Grâce à ces derniers, les signes et les comportements dont nous pensions avoir été affranchis dans notre quotidienneté moderne nous sourient de tous leurs tremblements et des affres de notre part de bestialité comme de celle de nos mysticismes.

Jean de Loisy, nommé président du Palais de Tokyo, qu’il compte faire "temple de l’insolence", souligne très justement que l’artiste, comme ailleurs ou jadis le chamane, endosse un rôle semblable "dérisoire et burlesque parfois, redouté car porteur de vérité, libre de sa parole, incarnation de la nécessité du politiquement incorrect".

La mise en scène des architectes Dominique Jakob et Brendan MacFarlane est très habile, créant un circuit sinueux comme au cœur d’un reptile ondoyant, toutes écailles dehors et la structure nouée de métal, de filasse et de plâtre crûs.

Une exposition à visiter d’un pas lent et d’un œil curieux : grande richesse des objets venus de vastes horizons comme de grands musées, et des œuvres présentées. Chacun pourra y déceler des traces, et imaginer comprendre davantage les raisons des gesticulations, des métamorphoses et des voyages des intercesseurs d’entre les mondes, comme les insondables raisons de nos peurs ou de nos soulagements.

Par la suite, cette exposition sera présentée au Kunst und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland (Bonn, Allemagne) du 31 août au 2 décembre 2012, et à la Fundació la Caixa (Madrid, Espagne) du 7 février au 19 mai 2013.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : Visite, musée du Quai Branly, Jean de Loisy

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