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Les rats de Paris et d’Ile-de-France deviendraient trop sociables

Les moments un peu rigoureux de l’hiver font sortir des rats parisiens répugnants de belles tailles, et de mignonnes petites souris. Ils sortent en groupe et se baladent à l’air libre, regardant en connaisseur la circulation, habitués des bonnes adresses. Ils paraissent presque autant chez eux que nous. Et aussi bien organisés, intelligents, et nombreux que nous… Nous succèderont-ils ?

Ainsi Nicole les voit-elle, chaque matin vers 7h, sur le chemin de son travail, par vagues successives, traverser la place de la République (IIIe, Xe, XIe, XIIe), et ses grillages, en se faufilant entre les mailles pourtant très étroites. D’une grande élasticité. Et s’ils ne saluent pas Nicole, ce n’est pas par manque de correction. Ils ont tant à faire !

Disney les a utilisés tant qu’il a pu. Ils ont fait pour lui les ménages, porté les clés dans les escaliers pour libérer des héroïnes, et même, suprême hommage à notre gastronomie, été plus chefs que les chefs cuisiniers. Fievel, dans les merveilleux films d’animation de Don Bluth, est un rat. Il quittait la Russie, émigrait aux Etats-Unis. Les siens étaient porteurs d’espoir, de sagesse, de culture et de civilisation. Les chats étaient LE danger.

Pourquoi tant de rats aujourd’hui ? Négligence des services sanitaires ? Les rats privilégieraient-ils les quartiers mal famés ? Que nenni ! Ils envahissent des espaces verts réputés dans le 92, comme le parc Chanteraines à Gennevilliers, qui fut fermé au public du fait de leur trop nombreuse présence, et ils pullulent comme les lapins du terre-plein central de la porte Maillot, que les enfants trouvent si mignons le soir en rentrant de week-end. Les rats sont absolument partout.

Au Chanteraines, 700 pièges ont été posés. À Orly, cité Buffon, le Parisien relate qu’ils prolifèrent tant que les riverains s’en plaignent sans cesse, et même qu’une jeune femme fut mordue par l’un d’eux !

Depuis 5 ans, les professionnels de la dératisation constatent une recrudescence des populations de muridés, - tous rongeurs confondus -, dans l’ensemble de l’agglomération parisienne. Ils les évaluent à quelque 6 millions d’individus, les deux espèces rats et souris confondues, et expliquent doctement que ce serait la rigueur de l’hiver qui accélèrerait leurs allers-retours entre les égouts et le pavé francilien. N’est-on pas mieux en appartement par grand froid ? Sans forcément résider au salon, n’est-on pas bien déjà dans les cloisons ou sous les toits ?

Notons que ces bestioles ne souffrent aucun interdit ! Pour Marc Lagarde, de la société Euroclean : « Nous intervenons tous les jours, y compris dans des quartiers huppés, chez des clients qui ont vu un rongeur traverser leur salon alors qu’ils regardaient la télévision. »

La préfecture de Police est à la fois sur les dents, et sur la piste de ces rongeurs. On estime, à l’unité de prévention des nuisances animales, que la multiplication des chantiers de rénovation à Paris a pu déranger leurs habitudes et leur faire regagner la surface et nicher ailleurs. « En 2010, nous avons reçu 2 600 plaintes liées à la présence de rongeurs à Paris, contre 2 400 en 2009. Plus de 8% d’augmentation d’une année sur l’autre ! », détaille Jean-Michel Derrien, qui dirige ce service.

Frédéric Devanlay (Avipur) souligne que « Depuis 4 ou 5 ans, les demandes de dératisation augmentent et personne n’est épargné. Ni les hôtels de luxe ni les ministères. Il suffit à une souris d’un trou de 2cm pour traverser un mur, et un seul couple de rats peut avoir 5 000 descendants en un an ! » Respect !

Ajoutez à cela nos fantasmes, nos névroses, et nos cauchemars…

Et quand on sait qu’au surcroît, ils sont capables d’être vecteurs de certaines maladies, et tout à fait à même d’être à l’origine de considérables dégâts, dans les stocks comme dans les équipements. Ne dit-on pas qu’un incendie sur quatre d’origine inconnue viendrait d’un court-circuit concocté par ces gentils bestiaux ?

André Balbo

sources : Le Parisien, 6 millions d’amis

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