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Accueil > Astuces, idées et inspirations > La planète > Anti-crise et bonne humeur > Changer des trucs ? > Olivier Millet, spécialiste du changement.

Olivier Millet, spécialiste du changement.

Dernière mise à jour : mercredi 8 avril 2009, par Juliette Frank


Après avoir donné son point de vue sur la crise, Olivier Millet nous propose des pistes de réflexion sur de nouvelles attitudes à adopter. Un entretien simple, lucide et ouvert, à vos réactions.


Sommes nous dans une impasse ?

Avoir peur de l’avenir serait être dans une impasse. Ne rien inventer, éviter de serrer les coudres, c’est être aussi dans l’impasse.

Est-ce une période excitante pour vous ?

Existante certainement pas, parce que j’ai du mal à en mesurer concrètement les effets de la crise dont les conséquences se feront sentir sur des années, et je trouve cela préoccupant. En revanche, cette période est porteuse de changements. L’événement qui vient de se produire va peut être faciliter l’évolution d’attitudes et de comportements d’une grande partie de personne. Les exigences des consommateurs face aux Banques vont se renforcer. Les personnes vont devoir s’organiser pour moins dépendre des grands circuits de distribution. Le commerce, les services, l’artisanat de proximité va reprendre de l’essor. Chacun va chercher des solutions moins chères, des relations de proximité, de l’attention. Les relations de solidarité vont se développer, à nouveaux. En dehors de tous les circuits traditionnels médiatiques, les personnes partages davantage de liens, de bonnes informations. Internet et les réseaux sociaux facilitent l’émergence de cette nouvelle proximité. Il y aura peut être des changements qui seront impulsés par des politiques, mais l’essentiel de l’évolution dépend de chacun d’entre nous. Moins de peur individuelle faciliteront l’évitement de panique collective. En nous rapprochant les uns des autres, nous recréons du lien social pour mieux réguler les dérives du système.



Que pouvons nous faire ?

Parallèlement à la lutte contre le réchauffement climatique, plein de gestes sont à notre portée pour consommer différemment, moins et de meilleure qualité. Nous avons intérêt à favoriser les producteurs et commerçants de proximité, défendre les services publics…

Faut-il être optimiste ?

Être optimiste serait dangereux. Les changements sont annoncés, mais il est encore possible que le libéralisme revienne aux commandes. Chacun doit apprendre à faire a son niveau des gestes différents pour mieux réguler le système. Cet apprentissage est difficile et demande de la ténacité. Afin d’éviter d’oublier trop vite la crise et les opportunités qu’elle nous amène, chacun doit se poser la question suivante : comment devrait il s’y prendre pour être sûr de faciliter un retour en force d’un libéralisme si avide.

Comment ne pas se décourager ?

Penser que les plus grande montagnes, se gravissent pas à pas. Réformer de petites choses au fur et à mesure. Reconquérir, réinventer des parts de liberté, parler et partager des expériences avec ses voisins. Se mobiliser pour se défendre, savoir dire non ou stop.

Comment changer de point de vue ?

Pour changer de point de vue, il faut se demander comment si prendre pour être encore plus malheureux et faire l’inverse.

Si on souhaite modifier des choses, individuellement, par où commencer ?

Se faire la cuisine plutôt que d’acheter des plats cuisinés, aller au marché plutôt qu’au supermarché, s’inscrit à un stage de survie douce pour apprendre à se nourrir des plantes trouvées bords des chemins.

Quels conseils donner aux sociétés ?

Pour les sociétés comme pour les particuliers cela dépend de ce qui pose problème au sein de cette crise. Mais l’idée étant de faire la différence, je trouve que sur le fonctionnement des relations humaines tout est encore à inventer.
Il existe probablement des manières de fonctionner qui mettent les hommes et femmes des entreprises au cœur de leur réussite. Je recommande la lecture de l’ouvrage "À contre courant l’entreprise la plus extraordinaire au monde", chez Dunod, de Ricardo Semler.



Aux particuliers ?

Je pense que chaque personne qui a peur de la crise devrait se préparer sérieusement au pire qui risquerait de lui arriver. Cela passe part se mettre devant une feuille de papier et d’imaginer les pires choses susceptibles de nous arriver. C’est une recommandation un peu bizarre mais qui généralement fonctionne très bien lorsque plus on essaye de se rassurer et plus on est angoissé. Grace à ce travail chacun apprenant à s’organiser autrement tant qu’il en est encore temps.



Cette crise est-elle une chance ?

Cette crise laisse un espoir que les choses puissent se passer différemment, mais rien n’est moins sûr. Peut-être que la crise est d’une ampleur suffisamment grande pour nous arrivions chacun d’entre nous à influencer l’évolution du fonctionnement du monde. Cette crise est peut être une suffisamment mauvaise expérience pour chacun d’entre nous au point que nous nous laissions plus y prendre une nouvelle fois.
Cette crise est peut être un accélérateur de dignité pour amplifier des initiatives alternatives menées de par le monde mais encore trop peu connues trop étendues. Je pense aux micros crédits, aux Amap, aux réseaux d’agriculteurs partageant des semences non stériles
(réseau Semance Paysanne), par exemple.



Connaissez-vous des expériences qui peuvent nous aider à réfléchir ?

Je trouve que pour l’instant internet est une expérience passionnante. En cherchant un peu, quelque soit son domaine de prédilection, il est possible d’y trouver de précieuses informations pour rencontrer des personnes actives dans la mise au point, ou le partage d’expérience en marge de nos modes de fonctionnement habituels.

L’histoire du site e vous est à elle seul une expérience remarquable. Au delà de la réflexion, ce qui compte c’est ce que chacun fait.

« Ne doutez jamais du fait qu’un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde. En vérité, c’est la seule chose que l’on n’a jamais fait. » Citations de Margaret Mead


Olivier Millet est le fondateur de "Interaction et changement", société de conseil en conduite du changement dans les organisations et chez les personnes. Il intervient quotidiennement pour résoudre des conflits et débloquer des situations relationnelles dans une impasse et s’appuie en particulier sur l’approche systémique de l’école de Palo Alto. Il mène actuellement un doctorat auprès de l’université de Paris Descartes sur le thème "les manières de conduite du changement, qui font rupture avec les habitudes".
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www.interaction-et-changement.fr


Conseil de lectures :

"À contre courant, l’entreprise la plus extraordinaire au monde", chez Dunod, de Ricardo Semler.

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