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La saga des grands banquiers du XIXe : Rothschild, Pereire e altri, à la BnF Richelieu

Dernière mise à jour : jeudi 21 avril 2016, par Expositions

La BnF Richelieu présente, Galerie Mansart, les sagas de quelques-unes des 20 grandes familles détentrices de "maisons de banques" au XIXe siècle, et qui furent si entreprenantes...


Eugène Lami, Sortie de l’Opéra, huile sur toile,1835 BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra

Ces banquiers étaient de souches européennes pour la plupart. Les Rothschild venaient d’Allemagne, les Pereire du Portugal, les André (Jacquemart-André, cela ne vous dit rien ?), une famille nîmoise protestante.

Ces dynasties connurent des bonheurs et des malheurs divers, mais elles furent à l’origine de la constitution de considérables fortunes industrielles. Elles installèrent les premières lignes de chemin de fer, industrialisèrent le textile, rationalisèrent l’exploitation des potasses et des mines, et, sans elles, l’urbanisation à la Haussmann ne se serait jamais faite.

Ces fortunes inimaginables se constituaient rapidement à partir du socle que constituait l’argent de spéculateurs, parfois de petits épargnants, tenant les rôles que l’acteur Frédérick Lemaître immortalisera sous les noms de Monsieur Gogo et Robert Macaire, et que l’on trouve encore dans le film Le Sucre (1978) de Jacques Rouffio, d’après le livre de Georges Conchon, interprétés par Jean Carmet et Gérard Depardieu.

Le principe était apparemment bien rodé. Quelque soit l’entreprise, l’État achetait le terrain, les banquiers se chargeaient du reste : chantiers, équipements, exploitation... sur 99 ans.

Ils montaient souvent ensemble, associés, sur les plus grosses affaires, jusqu’à ce que la fâcherie des Rothschild et des Pereire, survenue autour de l’affaire du PLM, ne les fasse devenir concurrents caricaturaux, comme le sont par exemple aujourd’hui... les Pinault et les Arnault.

Les Frères Pereire financèrent Haussmann dès le chantier de la rue de Rivoli, qui avançait même de nuit, à la lumière des projecteurs. Ce qui deviendra le Louvre des Antiquaires était alors un flambant neuf Grand Hôtel du Louvre, construit pour l’Exposition universelle de 1855.

Ils créèrent aussi la CGT, plus connue sous l’appellation "Compagnie générale transatlantique" de navigation, la station d’Arcachon, balnéaire puis thérapeutique, soignant l’asthme l’hiver, plantant aussi les pins des Landes.

Ils achetèrent la source thermale de Vichy. Ils financèrent encore le premier vol humain, le saut de puce de Clément Ader, décollant de leur propriété d’Armainvilliers, en Seine-et-Marne.

Puis il y eut la faillite en 1868, et il n’en reste plus qu’un boulevard, une place, et une station de métro... Sic transit gloria mundi.

Les Camondo, originaire d’Espagne, avaient ensuite financé l’Empire ottoman. Ils étaient alors surnommés "les Rothschild de l’Est". Ils gagnèrent ensuite l’Italie où l’aide qu’ils apportèrent à Victor Emmanuel II leur valut de recevoir le titre de comte.

À l’entrée dans la Seconde Guerre mondiale, ils donnèrent, avec l’espoir d’un retour qui ne sera jamais exaucé, leurs plus belles toiles au musée du Louvre, dont des impressionnistes qu’à l’époque le musée ne cherchait aucunement à acquérir. En hommage à ce geste, le Louvre prête à la BnF pour la durée de l’exposition la Fillette au chapeau de paille, de Renoir. La dynastie ne dépassera pas les années de guerre.


Eugène Disdéri, James de Rothschild, photographie Planche contact avec sept portraits, BnF, Estampes et photographie

James Rothschild, l’un des 5 frères, venu de Francfort, arrive en 1812, à Paris, où il deviendra rapidement l’un des acteurs les plus éminents du monde de la haute banque.

La BnF met en scène le portrait de cette dynastie éclairée du XIXe siècle, la personnalité emblématique de James s’imposant aux autres banquiers célèbres de l’époque.

Gravure de Hermann Raunheim avec cinq portraits des frères Rothschild, 1852 archives Rothschild de Londres

Paris devient sous cette influence conjointe une grande place de la finance et on peut dire que leur existence industrieuse devait permettre au pays d’être partie prenante à la Révolution industrielle, c’est à dire d’en tirer grand profit.

À travers le destin de la famille Rothschild, c’est l’évocation de la transformation d’une société qui était aristocratique, foncière et rurale en une société bourgeoise, entreprenante et industrielle, du passage du Premier Empire aux prémisses de la République en passant par la Restauration, le règne de Louis Philippe et le Second Empire.

En plus d’être entrepreneurs, ces grands banquiers étaient de surcroît esthètes. Ils entretiennent et dynamisent autour d’eux une vie artistique très riche. Philanthropes, ils soutiennent la recherche médicale ou œuvrent pour la promotion d’un nouvel urbanisme.

Grâce à leurs liens familiaux comme à leurs réseaux, ils essaiment leurs affaires à travers différents pays. Ainsi en sera-t-il de la famille Rothschild, de Francfort à Londres, Vienne, Naples et Paris, les 5 flèches mises en faisceau.

L’exposition présente la liste des activités bancaires mais aussi industrielles de ces grands banquiers, qui étaient tour à tour associés ou concurrents. Ainsi, James investira-t-il dans les chemins de fer, en particulier la ligne Paris - Boulogne, la construction de la Gare du Nord et de toutes les gares qui jalonnent ce trajet.

Ce sont aussi des investissements dans les mines, les fonderies et l’urbanisation de Paris, ou dans des actions de philanthropie comme la fondation de l’Hôpital Rothschild.

L’exposition montre également le mode de vie et de représentation de ces grands banquiers. Ils possèdent hôtels particuliers, châteaux, grands crus et collections d’œuvres d’art. Leur rôle de mécènes est alors primordial.

Quelques tableaux montrent ce qu’était ce monde brillant et raffiné, celui des réceptions et des dîners au cours desquels James de Rothschild recevait ses amis Rossini, Chopin, Berlioz, Delacroix, Ingres ou Balzac.


Eugène Lami, Hall du château de Ferrières, vers 1860, aquarelle. Collection particulière, France.

En passant, ayons une pensée émue pour le cuisinier du Baron gourmand qui portait le nom provocateur de Antonin-Marie Carême (1784-1833) et inventa le Soufflé à la Rothschild, le Saumon à la Rothschild, le Filet de bœuf à la Rothschild, et dit-on, le Tournedos Rossini, du nom de l’ami musicien du Baron, un convive très régulier, et tout aussi gourmet que lui-même l’était...

Sous la plume de Balzac, comme par celles de Stendhal et Zola, ces personnages pourtant bien réels sont devenus au fil du temps de grandes figures romanesques, dans des œuvres comme La Maison de Nucingen, Lucien Leuwen, ou L’Argent.

Cette exposition illustre son propos de certains prêts exceptionnels comme le célèbre tableau la Laitière, de Greuze, première œuvre achetée par James de Rothschild et désormais conservée au Louvre, ou comme des objets d’art, livres, illustrations, photographies et documents provenant des archives et des collections de la famille Rothschild, de la Bibliothèque nationale de France et de plusieurs grands musées et institutions françaises.

Parmi les livres, mentionnons l’exceptionnel Bréviaire de Martin d’Aragon, chef-d’œuvre de l’enluminure espagnole, l’étonnant Matthäus Mashlakvin Pappenheim, du XVIe siècle, et, du XVe, le Chansonnier de Jean de Mont cleur, en forme de cœur.

Les Rothshild, BnF Richelieu, Galerie Mansart, du 20 novembre 2012 au 10 février 2013. La commissaire de cette exposition érudite est Claude Collard.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Claude Collard, BnF Richelieu

Adresse

58 Rue de Richelieu 75002 Paris

Horaires

- Du 20 novembre 2012 au 10 février 2013

- Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h

- Ouvert le dimanche de 12h à 19h

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