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Archives. Le Quai Branly remonte aux sources de la peinture aborigène

En remontant tout à fait aux sources et à l’origine… du musée du Quai Branly lui-même, avant même qu’il ne soit nommé ainsi et antérieurement au choix qui retiendrait la candidature de Jean Nouvel, certaines des illustres fées penchées sur ce berceau encore vide avaient exprimé, lors du concours international d’architecture pour la construction des nouveaux bâtiments du musée, qu’il serait bon d’accorder une place prépondérante à l’art aborigène australien, en l’intégrant notamment à l’ensemble architectural.

Huit artistes aborigènes avaient ainsi participé à la mise en valeur artistique du bâtiment de la rue de l’Université, avec des fresques peintes sur les plafonds, visibles de l’intérieur et de l’extérieur. Et cette commande publique d’art aborigène constitue encore aujourd’hui la plus grande installation permanente d’art indigène australien contemporain en dehors de l’Australie.

Du 9 octobre 2012 au 20 janvier 2013, le musée du Quai Branly présente l’exposition « Aux sources de la peinture aborigène (Australie / Tjukurrtjanu) », dont les commissaires sont les Senior Curators Judith Ryan du département d’art aborigène (National Gallery of Victoria), et Philippe Batty du département d’anthropologie (Museum Victoria).

Cette peinture étant si éloignée de nos habitudes culturelles, je ne saurais que trop conseiller à ceux qui la visiteront et qui partage mon initiale ignorance de se rendre immédiatement au panneau "Interdit de ne pas toucher" qui permet, tel un sas de décompression, de changer un peu d’état d’esprit et de devenir un peu plus attentif à cet environnement... dépaysant.

Même s’il y a quelques répétitions dans les textes que l’on y entendra, aux peintures en relief que l’on y touchera, l’attention est portée vers quelques données aborigènes fondamentales sans lesquelles nous resterions dans un échange peu enrichissant.

Tim Leura Tjapaltjarri, Clifford Possum Tjapaltjarri, Rêve de l’esprit dans la région de Napperby, 1980, National Gallery of Victoria, Melbourne

Vous entrez ici dans le temps mythique des rêves des Ancêtres, et vous planez tel un oiseau. Les lignes n’ont jamais été des lignes mais des points placés côte-à-côte, le cercle un point d’eau et la femme un pétale.

Refonder ces modes d’expression a été d’une grande force pour recouvrer une identité aborigène. Un de ces artistes ne dit-il pas quelque chose comme : si je ne peignais pas de cette façon, n’importe quel Blanc aurait pu voler l’histoire de notre pays...

Ainsi, un mouvement artistique majeur, né en 1971, dans la communauté de Papunya, au cœur du Désert central australien, est-il alors mis à l’honneur pour la première fois en Europe.

En transposant sur des panneaux de bois recyclés les motifs de peintures rituelles éphémères, les artistes aborigènes de Papunya ont créé un art d’une étonnante invention formelle, saturé de sens, qui frappe par son intensité brute, la plénitude du geste et son énergie visuelle.

Ces œuvres changèrent la manière d’appréhender le territoire et de concevoir l’histoire de l’art australien.

Shorty Lungkata Tjungurrayi, Sans titre, 1972, National Gallery of Victoria, Melbourne

En se confrontant à des matériaux ou outils alors nouveaux pour eux, comme des crayons, des pinceaux, des peintures émaillées et acryliques, ces artistes parvenaient à transposer leurs dessins archétypaux sur des panneaux rectangulaires ou carrés.

Ces premiers tableaux, peu nombreux, rendirent palpable et permanent un art éphémère autrefois lié aux sites cérémoniels. Les tableaux sont de ce fait investis d’un pouvoir rituel et solennel.

Avec plus de 200 œuvres et près de 70 objets, l’exposition présente les sources iconographiques et spirituelles du mouvement de Papunya. Elle tente de suivre son évolution depuis les tout premiers panneaux jusqu’aux grandes toiles du début des années 80.

Aux sources de la peinture aborigène (Australie / Tjukurrtjanu), au musée du Quai Branly, Galerie Jardin, du 9 octobre 2012 au 20 janvier 2013.

Voir les activités enfant dans le cadre de l’exposition pour la Toussaint ici.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, celui de cette exposition en fait partie, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Quai Branly, National Gallery of Victoria, Museum Victoria

37 Quai Branly 75007 Paris

Adresse

- Du 9 octobre 2012 au 20 janvier 2013
- Mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
- Du jeudi au samedi de 11h à 21h

Horaires

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