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Voir au Quai Branly : les Séductions du palais (cuisiner et manger en Chine !)

Dernière mise à jour : mercredi 3 juillet 2019, par Expositions

Le musée du Quai Branly présente, du mardi 19 juin au dimanche 30 septembre 2012, l’exposition Les Séductions du palais : cuisiner et manger en Chine.

Les traditions chinoises de la table (manière de dire...) s’y dévoilent à travers une centaine d’objets fascinants provenant majoritairement du Musée national de Chine, principal, prestigieux et partenaire de l’exposition, auxquels s’adjoignent une sélection d’œuvres du Musée Guimet. Dont le conservateur général, d’ailleurs, Jean-Paul Desroches, est justement le commissaire de cette exposition.

Ce nouveau partenariat avec le Musée national de Chine est riche de promesses et devrait notamment déboucher prochainement sur une grande exposition à Pékin des trésors (dont les masques africains) du musée du Quai Branly... L’intérêt de ce pays pour ce continent n’étant plus à démontrer.

Cuisiner et manger en Chine ne peut se limiter à la simple chronique d’un comportement quotidien étayé par un lot d’objets et d’ustensiles, car au-delà du miroir du temps transparaît une chaîne impressionnante de découvertes, d’implications, d’approfondissements…

Vase tripode "jia" en bronze inscrit "Fu Hao"

L’acte de manger est en Chine un véritable processus civilisateur, qui conforte et renforce l’intégration en marche depuis quelque 7 000 ans.

Il suffit pour s’en rendre compte d’évoquer la vaisselle au fil des âges :
- vaisselle en poterie néolithique,
- bientôt métamorphosée en bronze sous les trois premières dynasties royales (2e et 1er millénaires avant notre ère),
- convertie en laque (à partir du IIIe siècle av. J.-C.),
- puis en vaisselle d’or et d’argent sur les tables des palais des Tang (618-907),
- avant que ne triomphe définitivement la délicate porcelaine sous les Song (960-1278).

L’exposition se développe en deux temps principaux :
Une première séquence, à dominante historique, plante le décor tout en saisissant le phénomène dans les principales étapes de son développement chronologique à travers les différents types de vaisselle, les diverses inventions (dont celle des pâtes alimentaires et l’introduction du thé), les nombreux aliments et préparations, etc. ;
- Un second mouvement livre une approche différente de la cuisine chinoise, dans son déploiement géographique.

Un voyage d’initiation vers l’art de la table en Chine à travers le temps et vers l’art culinaire d’un pays qui dispute depuis bien longtemps à la France l’excellence de sa gastronomie.

Pourtant, parce qu’ambitieuse, cette exposition est périlleuse dans son propos. Comment rendre précisément compte dans un musée, fut-il innovateur par ses expositions, de l’hédonisme forcené, de la constance dans la gourmandise, de la recherche voire de la sophistication extrême auxquels se sont livrées les dynasties chinoises successives ?

Oui, il y eut la judicieuse idée impériale d’utiliser les stocks excédentaires de céréales pour fabriquer des vins aromatisés par fermentation. Mais la recherche du lien que l’alcool facilite avec les esprits ? Le plaisir que les convives amplifient et même accélèrent, volontairement, en augmentant la température de la boisson ? Et l’engouement de ces respectables lettrés à stimuler grâce à elle leur inspiration ? À déclamer un poème dès que l’un d’eux vidait "une coupe à oreilles", pleine d’alcool, lâchée malicieusement au fil d’un ruisseau mais rattrapée au vol... Comment parvenir à faire entrevoir tout cela ?

Comment mesurer que dans la IIIe dynastie royale, il ne fallait pas moins de 400 cuisiniers pour réaliser les différents plats à base de céréales ? Que les viandes ne vinrent que plus tardivement ? Qu’elles marquaient la qualité de ceux qui les mangeaient ? Comment graduer toutes ces évolutions ?

Si le Moyen-Orient avait progressivement abandonné le nomadisme en cultivant le blé, comme la Méso-amérique l’avait fait avec le maïs, la Chine eut quant à elle la chance de bénéficier de deux civilisations de céréales : celles du millet et du riz. N’y aurait-il pas là ferment à ouverture, à davantage de curiosité, à plus de recherche de diversité ?

Cette exposition laisse imaginer les sommets qui furent atteints dans les exigences de recherches de goûts nouveaux et extraordinaires, en révélant précisément quelques rares recettes, plus particulièrement appréciées des empereurs. Grozu (-256/-195 av. J.C.) raffolait du Chien braisé dans un bouillon de tortue. L’impératrice Wu Zetian (624-705) se régalait d’une Oie farcie dans l’agneau.

Brique estampée représentant une femme préparant le thé. Chef-d’œuvre de l’art du bas-relief. Dynastie Song (960-1279), musée national de Chine

Sont décrits aussi les banquets où chacun, assis, disposait de son plateau à son côté, le cœur du banquet étant abandonné au service. Les tables et les chaises ne vinrent que bien plus tard... au VIIIe siècle.

La Chine aussi s’enticha d’exotismes. Pour l’Asie centrale, dévorant pêches jaunes de Samarkande et produits laitiers de Mongolie, et plus tard pour les Tropiques, avec une fascination pour les bananes, litchis, longanes, et pour le sucre de canne d’Inde, à la fin des Tang.

En fait, ces objets et ces récits font saliver nos imaginations, et je ne serais pas étonné que de nombreux visiteurs, inspirés par le sujet, les explications et les récits, finissent cette exposition par des travaux pratiques masticatoires exploratoires tout à fait scientifiques dans un des très bons restaurants chinois de Paris.

Une autre option, qui n’est pas incompatible, serait de vous procurer le catalogue " Les Séductions du palais. Cuisiner et manger en Chine. " Co-édité par Actes Sud et le musée du Quai Branly, il ajoute à cette édifiante histoire de l’élaboration de la cuisine chinoise et à la présentation savante des objets présentés dans l’exposition, 32 recettes soigneusement sélectionnées par d’éminentes personnalités en ce domaine.

Les Séductions du palais : cuisiner et manger en Chine », Quai Branly, Mezzanine Est. 37, quai Branly 75007 Paris. 01 56 61 70 00. Du 19 juin au 30 septembre 2012. Les mardi, mercredi et dimanche de 11 à 19h, les jeudi, vendredi et samedi de 11 à 21h.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : visite, Quai Branly, Musée national de Chine, Musée des Arts asiatiques Guimet