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Vos questions à Nicolas Sarkozy : les réponses de l’UMP

La campagne présidentielle étant terminée, nous vous invitons désormais à poser des questions aux candidats parisiens et franciliens aux élections législatives en cliquant ici.

(Article du 4 mai 2012) J-2. Le 2nd tour de l’élection présidentielle approche. Evous.fr publie pour la dernière fois les réponses d’un responsable UMP à certaines de vos questions. Ce vendredi, c’est à nouveau Pierre Yves Bournazel, conseiller de Paris et secrétaire national de l’UMP, qui se prête au jeu.

Si l’on en croit les analystes politiques, le président-candidat Nicolas Sarkozy a réussi son débat d’entre-deux-tours mais il a échoué, en revanche, à pousser son concurrent François Hollande dans ses derniers retranchements. Il n’empêche. Au niveau des intentions de vote, à 2 jours du 2nd tour, la dynamique est en faveur même s’il accuse encore un certain retard sur le candidat socialiste.

Vous avez posé de très nombreuses questions à celui qui est aujourd’hui dans la position du "président challenger". Elles portent sur votre quotidien de Parisien, de Francilien, ou sur des thématiques plus générales. Evous.fr a été contraint à une sélection drastique, par la suite transmise à l’UMP. Comme le 27 avril (lire l’article ci-dessous), c’est le conseiller régional, conseiller de Paris et secrétaire national de l’UMP Pierre Yves Bournazel qui répond à vos interrogations...

L’EMPLOI

Sophie : Demandeuse d’emploi de 42 ans, élevant seule ma fille de 15 ans, je viens de trouver un CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi). Malheureusement, je sais déjà qu’il n’y aura pas d’embauche car le poste ne peut exister sans l’aide de l’Etat... Pourquoi donc faire des contrats aidés si, au final, l’on se retrouve au point de départ ?

Pierre Yves Bournazel, conseiller de Paris et secrétaire national de l’UMP : La crise a ébranlé les structures de notre économie et détruit des milliers d’emplois en France et en Europe : le chômage a augmenté de 14% en France, de 56,6% au Royaume-Uni, et de 166% en Espagne. Nous avons donc fait de l’emploi notre priorité en mettant en place une série de dispositifs afin d’apporter une réponse à chaque situation. Il est beaucoup plus difficile de retrouver du travail lorsque l’on a décroché du marché de l’emploi. Les contrats aidés, de manière ciblée et temporaire permettent de maintenir ce lien.

Pour favoriser l’emploi, nous proposons d’alléger le coût du travail qui pèse sur les entreprises françaises. C’est tout l’enjeu de la fiscalité anti-délocalisation prônée par Nicolas Sarkozy, qui entend renforcer la compétitivité de nos entreprises en ne faisant plus peser le financement de notre protection sociale uniquement sur le travail. En transférant une part des cotisations sociales patronales vers cette fiscalité, nous protégerons nos emplois et nous soutiendrons l’activité de nos entreprises. La baisse des cotisations "famille" représente un gain de 13 milliards d’euros, dont 6,2 milliards d’euros pour les PME.
En matière d’orientation et de formation, Nicolas Sarkozy propose d’engager un changement profond et ambitieux de notre système de formation professionnelle afin de mieux l’adapter à la réalité du marché du travail et de répondre aux attentes de nos concitoyens sans activité et des chefs d’entreprise qui désirent embaucher. Il souhaite que les chômeurs qui n’ont pas de perspective rapide de reprise d’emploi disposent d’un droit à la formation pour apprendre un nouveau métier ou acquérir de nouvelles compétences dans un secteur créateur d’emplois. En échange, ils devront accepter un emploi correspondant à cette nouvelle formation. Par ailleurs, il convient de favoriser l’alternance comme moyen de rapprocher les jeunes des entreprises industrielles innovantes. C’est pourquoi, Nicolas Sarkozy souhaite rendre obligatoire l’alternance en dernière année de baccalauréat professionnel et en CAP et développer fortement l’alternance et l’apprentissage à l’université. Pour être efficace, il désire également accompagner ces mesures d’un triplement des sanctions contre les entreprises de plus de 250 salariés qui ne respecteront pas les quotas de jeunes en apprentissage.

LA FISCALITÉ

Martine (et dianne37) : M. le Président, la suppression de la 1/2 part fiscale que vous avez mis en place notamment pour les veufs a de très lourdes conséquences financières pour de nombreuses personnes dont les veufs retraités. Cette disposition, à titre d’exemple, représente pour ce qui me concerne une augmentation d’impôts de plus de 200%. Prévoyez-vous de modifier le texte, du moins en ce qui concerne les petits revenus ?

P.-Y. Bournazel : La réduction du déficit public est un enjeu essentiel pour redonner à la France la pleine maîtrise de son destin. Grâce à l’action courageuse du président de la République, la France est en avance sur la trajectoire de réduction de son déficit. Pour parvenir à ce résultat, une vaste réflexion sur la fiscalité a été lancée. Le gouvernement a examiné l’ensemble des niches fiscales et leur efficacité afin de rendre notre système fiscal plus transparent et plus performant. A ce titre, la demi-part fiscale pour les veufs a été réaménagée. Cette dérogation répondait à l’origine au problème des veuves de guerre. Le gouvernement a donc tiré les conclusions de cette situation devenue obsolète en recentrant le dispositif sur les personnes seules ayant élevé leur enfant pendant 5 ans seules.
Pour autant, des efforts sans précédents ont été réalisés en direction des personnes retraitées, en particulier pour les veufs. En 2007, Nicolas Sarkozy s’était engagé à revaloriser les petites retraites. Cet engagement a été tenu : en cinq ans, le minimum vieillesse a été revalorisé de 25% et le taux des pensions de réversion est passé de 54 à 60%.

CRISE DE LA DETTE

Franlo : Quelles mesures concrètes prendrez-vous pour réduire les frais de fonctionnement de l’État et participer ainsi activement au partage des efforts ?

P.-Y. Bournazel : Vous avez raison, la maîtrise des dépenses publiques est un enjeu crucial si la France souhaite être au rendez-vous de l’équilibre en 2016. En 5 ans, des efforts considérables ont été entrepris pour améliorer l’efficacité de nos services publics avec notamment la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la réforme de la carte judiciaire, la réforme de l’hôpital, la réforme de la carte militaire… Toutes ces réformes ont porté leurs fruits : pour la première fois depuis 30 ans, le budget de 2011 a permis de diminuer le montant de nos dépenses publiques par rapport à l’année précédente. Il nous faudra poursuivre sur cette voie. C’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy continuera à faire de la réduction des dépenses publiques une de ses priorités en prévoyant 75 milliards d’économies. La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera maintenue (excepté à l’école primaire). En concertation avec nos partenaires européens, la France stabilisera sa contribution au budget de l’Union européenne.
Néanmoins, les efforts doivent être partagés et l’État ne doit pas être le seul à réduire son train de vie. Depuis 10 ans, la dette des collectivités locales, majoritairement à gauche, a augmenté de près de 40%. Dans la capitale, la dette a été multipliée par deux et la masse salariale a augmenté de 40% sur la même période. Il faudra donc que les collectivités réduisent aussi leurs dépenses en appliquant les principes que l’État s’est lui-même imposé ! En proposant une augmentation du nombre de fonctionnaires et 50 milliards de dépenses publiques supplémentaires, François Hollande généralise ce qui a échoué dans les collectivités locales.

Ced53800 : J’ai parcouru le programme de M. Sarkozy. Avec ce que vous promettez, êtes-vous sûr de pourvoir tenir vos engagements malgré la crise de la dette ?

P.-Y. Bournazel : Nicolas Sarkozy a tenu à présenter aux Français un projet clair et transparent. Ce projet, intégralement financé repose pour l’essentiel sur une réduction des dépenses publiques et une augmentation des recettes. J’ai pu évoquer précédemment les pistes proposées par Nicolas Sarkozy pour réduire les dépenses. 13 milliards d’euros de recettes nouvelles sont également prévues grâce notamment à une taxe sur les exilés fiscaux, une imposition minimale pour les grands groupes, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, ou encore l’augmentation de la fiscalité sur le capital. Nous avons bâti ce chiffrage sur des hypothèses de croissance réalistes afin d’être en mesure de tenir les engagements pris devant les Français. Nous aurions pu, comme le fait François Hollande, faire des prévisions de croissance beaucoup plus optimistes qui auraient cependant compromis un retour à l’équilibre budgétaire en 2016. La France s’était engagée sur une trajectoire de réduction de ses déficits : grâce à l’action de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, ces engagements ont été tenus. Si le peuple nous fait confiance, nous poursuivrons sur ce chemin et mettrons en œuvre notre projet pour la France.


Vos questions à Nicolas Sarkozy, les réponses de Pierre Yves Bournazel, conseiller de Paris et secrétaire national de l’UMP (article du 27 avril)

C’est une évidence : on ne présente plus Nicolas Sarkozy ! Président de la République depuis 5 ans, passé par de multiples gouvernements de droite, maire de Neuilly-sur-Seine pendant près de 20 ans.... Nicolas Sarkozy brigue un second mandat à l’Élysée. Si les sondages sont en sa faveur au 1er tour, ils sont plus pessimistes quant au succès de sa candidature le 6 mai au soir. Mais le président-candidat compte sur un élan en sa faveur le 22 avril pour faire mentir ces fameuses études d’opinion. (article du 17 avril)

Fort logiquement en tant que candidat sortant, Nicolas Sarkozy est l’un des candidats que vous avez le plus interpellés via Evous.fr. Cette abondance d’interrogations nous a contraint à une sélection drastique. Le président-candidat étant lui-même extrêmement sollicité, c’est l’un des secrétaires nationaux de l’UMP par ailleurs conseiller de Paris et conseiller régional, Pierre Yves Bournazel, qui répond à vos interrogations.

LE GRAND PARIS

BenjaminP : M. Sarkozy, vous avez porté l’idée du Grand Paris et je vous en remercie. Cependant, le projet va-t-il se borner au seul projet de train Grand Paris Express ? Depuis plusieurs années déjà, on ne vous entend plus parler de ce grand projet urbain que pourrait être le Grand Paris.

Pierre Yves Bournazel, secrétaire national de l’UMP : Paris a vocation à être une ville-monde à l’ère de la concurrence des grandes métropoles Londres, New-York, Tokyo, Shanghai… Le Grand Paris est avant tout une vision : celle d’une métropole ouverte sur le monde, dynamique sur le plan économique et culturel et exemplaire dans le domaine écologique. Ce projet est le résultat du travail de plusieurs équipes d’architectes qui ont chacune apporté leur contribution pour faire de Paris une métropole du XXIème siècle.
L’acte I a effectivement été le projet de transport Grand Paris Express que nous avons porté. Plus de 30 milliards d’euros seront consacrés à la modernisation des lignes de transports et à la construction d’une nouvelle ligne de métro reliant les grands bassins économiques et de population de la région capitale.
Pour autant, les problématiques de logement, d’écologie, d’aménagement urbain, de transports ne peuvent être traitées séparément : toute l’ambition du Grand Paris est de construire une stratégie de développement globale et cohérente pour faire de Paris une métropole intégrée. Nouer des liens entre la ville de Paris et les communes environnantes facilitera ainsi le désenclavement des territoires et leur redynamisation. On pourrait évoquer ici de multiples chantiers lancés par le Président de la République : le quartier des Batignolles accueillera prochainement le Tribunal d’Instance de la Ville de Paris. Le quartier de Balard accueillera le Ministère de la Défense ainsi qu’un centre hospitalier. Le plateau de Saclay, sur lequel nous avons mis énormément de moyens a vocation à être un pôle économique majeur du Grand Paris mêlant universités, PME innovantes, et grandes entreprises. Nous allons faire de la Plaine Saint Denis un pôle central en matière d’industries créatives.

LES RETRAITES

Rolbarth : Que comptez-vous faire pour les retraités ? Le coût de la vie est de plus en plus élevé et les fins de mois sont difficiles.

P.-Y. Bournazel : Lorsque l’on a travaillé toute sa vie et que l’on a cotisé, il est légitime de bénéficier d’une retraite décente : c’est aussi de cette manière que l’on réhabilite les valeurs de travail et de solidarité. Depuis 5 ans, un effort sans précédent a été engagé en faveur des retraités. En dépit du contexte de crise et de la nécessaire réduction de nos dépenses publiques, le minimum vieillesse a été revalorisé de 25%, soit près de 150€ supplémentaires chaque mois. Les pensions de réversion ont également été revues à la hausse avec un taux passant de 54% à 60% de même que les petites pensions des retraités agricoles. Nous continuerons à porter une attention toute particulière aux personnes à la retraite. C’est d’ailleurs tout l’objectif de la réforme des retraites engagée par Nicolas Sarkozy pour préserver notre système par répartition qui repose sur la solidarité intergénérationnelle. Nous aurions pu baisser les pensions de retraites comme l’a fait le gouvernement socialiste en Espagne. Cela aurait été injuste. Nous avons estimé qu’il fallait prendre en compte l’allongement de l’espérance de vie, qui est une formidable nouvelle, mais qui implique de travailler davantage si nous voulons maintenir un financement équilibré. Alors que nos amis allemands et espagnols ont repoussé l’âge de départ à la retraite à 67 ans, nos amis britanniques à 66, la France est passée à un âge légal de 62 ans tout en prenant en compte la pénibilité.

HEURES SUP’

Denis : Si la proposition du PS de supprimer les exonérations sur les heures supplémentaires venait à être appliquée, cela représenterait pour moi une perte sèche de 60 euros par mois. Par conséquent, pourriez-vous me confirmer qu’il n’est pas dans les projets de l’UMP de supprimer les exonérations sociales sur les heures supplémentaires ? Et qu’en est-il des exonérations fiscales ?

P.-Y. Bournazel : Nous croyons en la réhabilitation de la valeur travail. Trop longtemps, le travail a été perçu comme un gâteau qu’il suffirait de le partager pour supprimer le chômage. C’est toute la logique des 35h mises en place sous le gouvernement de Lionel Jospin dont les conséquences ont été catastrophiques : stagnation des salaires, désordre à l’hôpital, perte de compétitivité… Alors que tous nos partenaires choisissaient de travailler davantage, nous réduisions le temps de travail. C’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a souhaité libérer les possibilités de travail en défiscalisant les heures supplémentaires. L’objectif a été double : rendre du pouvoir d’achat aux salariés et redonner de la compétitivité et des marges de manœuvre à nos entreprises. Près de 9 millions de salariés qui ont choisi de travailler davantage ont vu leur pouvoir d’achat augmenter. C’est pourquoi Nicolas Sarkozy souhaite conserver les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.

Par ailleurs, François Hollande propose de revenir sur l’exonération des droits de succession pour les petits patrimoines. Il propose aussi l’augmentation des cotisations salariales ainsi que la suppression du quotient familial. Les classes moyennes seront les premières victimes de ce retour en arrière. La défiscalisation des heures supplémentaires fait partie des fondamentaux d’une politique économique dynamique. Nous souhaitons maintenir ce cap en baissant le coût du travail et en renforçant la culture de l’apprentissage car nous souhaitons faire de la valeur travail une valeur cardinale de notre projet pour la France.

AUTO-ENTREPRENEURS

Franco : Que comptez-vous faire pour les auto-entrepreneurs ? Est-ce que leur statut va être modifié ?

P.-Y. Bournazel : Nous avons mis en place le statut d’auto-entrepreneur en 2009. Cette réforme a connu un large succès puisque près d’un million de personnes a pu créer leur entreprise de manière simple et très rapide. Il faut continuer à encourager l’entrepreneuriat en France. La création, l’innovation et le goût d’entreprendre sont les principaux remèdes au chômage et à la grave crise que nous traversons. La création d’entreprise constitue également un formidable ascenseur social : c’est la possibilité donnée à chacun de faire preuve de son talent, de sa créativité, quel que soit son diplôme ou son origine ! Le statut d’autoentrepreneur fait partie de la palette d’outils que nous avons mis en place pour encourager l’entrepreneuriat. Nous allons continuer à agir en faveur de l’entrepreneuriat et réfléchir à l’amélioration des dispositifs existants.

L’ENTREPRISE

Anonyme : Envisagez-vous de prendre des mesures afin de protéger les gérants non salariés de sociétés en cas de liquidation judiciaire ?

P.-Y. Bournazel : Sous l’impulsion d’Hervé Novelli et de Nicolas Sarkozy, nous avons créé un nouveau statut d’entreprise : l’entreprise individuelle à responsabilité limitée. Ce statut permet notamment aux artisans et aux commerçants qui le choisissent de ne pas être responsables sur leurs biens personnels. Il était en effet injuste que les artisans et les commerçants de proximité soient saisis sur leurs biens personnels en cas de liquidation judiciaire mettant non seulement leur entreprise en faillite mais aussi leur famille en péril. Nous avons ainsi pu alléger le poids qui pèse sur les épaules des gérants non salariés. L’un des principaux obstacles à la création d’entreprise par les Français est la peur de l’échec : la création du statut d’EIRL en limitant les risques a encouragé l’entrepreneuriat. Nous continuerons d’accorder une attention très forte à la protection des gérants non salariés afin d’inciter au maximum à la création d’entreprise et de valoriser nos entrepreneurs.

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