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Vos questions à Philippe Poutou, ses réponses !

Dernière mise à jour : lundi 15 février 2016, par Benoît

Philippe PoutouPour beaucoup, un candidat est né le samedi 25 février lors de l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché, sur France 2. Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) faisait sa 2ème apparition sur ce plateau. La première fois, en octobre 2011, il avait souffert de la "condescendance", selon ses dires, de la part de l’animateur et des chroniqueuses Natacha Polony et Audrey Pulvar. Pour sa seconde apparition, donc, en février 2012, celui qui s’est lancé dans la course à la présidentielle suite au retrait d’Olivier Besancenot apparaît transfiguré. Oubliées les hésitations de l’ouvrier de Ford-Blanquefort peu friand des médias, bonjour au candidat accrocheur, porteur d’un message anticapitaliste fort, ténieux, et coupant quasi systématiquement les mêmes Natacha Polony et Audrey Pulvar. Ce mercredi soir, le 11 avril, sur le plateau des Paroles et des Actes sur France 2, il a de nouveau attiré à lui la sympathie, le public se fendant même d’applaudissements alors que la règle de la soirée était la stricte neutralité. Suffisant pour remonter dans les sondages ? Pour l’heure, Philippe Poutou reste scotché à 0,5% d’intentions de vote...

Vous lui avez posé des questions via Evous.fr en l’interpellant directement ou en interrogeant l’ensemble des candidats. Philippe Poutou y répond.

LE POUVOIR DU PRÉSIDENT

Claude à tous les candidats : Vous engagez-vous à baisser le salaire du président de la République ?

Philippe Poutou : Si je suis élu, non seulement je m’engage à baisser le salaire du président mais aussi à supprimer cette fonction régalienne qui au final est très antidémocratique car un seul homme ou une seule femme ne devrait pas avoir autant de pouvoir, mais celui de tous les élus. Dans une démocratie, il est absolument anormal que la participation à la vie publique puisse être une source d’enrichissement personnel. Cela favorise toute sorte de pratiques abusives. Il faut donc que le salaire des élus n’excède pas le salaire moyen des salariés (et celui-ci doit être revalorisé de 300 euros pour tous, avec un seuil minimum à 1700 euros). Et les élus doivent être révocables !

POLITIQUE FAMILIALE

Élisabeth à tous les candidats : Quelle est votre position quant à la proposition de loi concernant la garde alternée ?

P. Poutou : Il n’y a pas de réponse simple car le problème est double en matière de respect du droit des enfants lors d’un divorce ou d’une séparation. Nous sommes dans une société machiste où bien trop nombreux sont les hommes qui acceptent que les femmes se chargent de l’éducation des enfants, et cela a deux conséquences. Les enfants de divorcés dans 20% des cas, perdent tout contact avec leur père. Dans une majorité de cas encore, ils sont très majoritairement éduqués par leur mère. Les séparations tendent évidemment à attiser les conflits dans le couple parental, et certaines mères peuvent couper leur(s) enfant(s) de leur père. Néanmoins, lorsque cela arrive c’est bien souvent que les hommes ont trouvé in fine acceptables de renoncer à leur devoir éducatif. Mais d’autre part, le pendant du machisme, c’est que bien des femmes continuent d’estimer qu’elles sont les seules à réellement être capables d’éduquer leurs enfants… Alors une loi ne peut pas tout, et surtout pas résoudre le problème de fond qui sous-tend ces inégalités en matière d’éducation, à savoir le patriarcat et la domination masculine. En revanche, il est évident qu’il est souhaitable que les enfants soient éduqués par leurs deux parents, même quand il y a séparation, et à ce titre la reconnaissance de la garde alternée est un point d’appui. Reste qu’en l’état, l’appliquer systématiquement ne va pas sans poser de problèmes…

PROFESSION AIDE-SOIGNANTS

Capucine 7 à tous les candidats : Les aides soignantes sont oubliées dans vos débats. A quand la revalorisation de cette profession sous payée ? Nous n’acceptons plus de faire du ménage par exemple, ce n’est pas notre rôle.

P. Poutou : Les aides-soignantes doivent en effet connaître une revalorisation salariale car dans les faits elles effectuent une part très importante des tâches normalement dévolues aux infirmières. De plus, il n’est pas normal qu’elles fassent le ménage. Non pas parce que ce serait une tâche dégradante (elle est indispensable, et cela plus encore en milieu hospitalier) mais c’est parce que cela ne correspond pas aux tâches qui incombent aux aides-soignantes.

En réalité, il me semble que le problème que tu soulèves Capucine7 dépasse largement la situation des aides-soignantes. Le patronat dans bien des branches profite d’un rapport de force dégradé pour multiplier les tâches à la charge des salariés (souvent pour ensuite baisser les salaires de ceux qui sont censés faire ces tâches lorsqu’elles sont qualifiées ou pour justifier des suppression de personnels et l’augmentation des cadences pour tous…).

Enfin pour ce qui est des salaires, c’est aussi une question bien plus générale. Le nombre de pauvres en France s’établit à 8,2 millions, dont un million de retraités. 14 % des femmes vivent sous le seuil de pauvreté. Nous voulons une augmentation de 300 euros nets pour toutes et tous, et un revenu minimum à 1.700 euros.

L’appauvrissement de la population est le résultat de décisions : l’augmentation des impôts les plus injustes (TVA, CSG…), l’augmentation des cotisations sur les retraites, l’accroissement du chômage, les temps partiels et les emplois précaires… Depuis le début des années 80, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de plus de 10 points au profit des actionnaires. Ce sont des milliards qui nous sont volés chaque année et que nous voulons récupérer. Nous voulons la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité.

Concernant les retraites, le déficit actuel est à rapporter aux 150 milliards de cotisations sociales que le patronat ne paie pas. Pour l’essentiel, le déficit de la Sécurité sociale est dû à la faiblesse des salaires et au chômage de masse : 1% d’augmentation des salaires, 100 000 chômeurs/euses en moins et l’augmentation de 1% de la cotisation patronale suffiraient pour apporter 9 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale. Nous voulons la retraite à 60 ans à taux plein (55 pour les travaux pénibles) après 37,5 annuités de travail.

FISCALITÉ EUROPÉENNE

Boré à tous les candidats : Tous les candidats proposent des augmentations d’impôts. La première des choses à faire ne serait elle pas d’harmoniser la fiscalité européenne ?

P. Poutou : Tous les candidats proposent certes d’augmenter les impôts, mais de qui ? Ceux qui gagnent plus de 500.000 euros par an ont vu leurs revenus augmenter de 70% en 3 ans ! Par ailleurs, il y a une urgence sociale : le chômage augmente, les revenus baissent, et c’est à cela que je veux répondre, il faut donc de l’argent pour prendre des mesures indispensables à la population.

Nous voulons la suppression de niches fiscales. En réformant complétement l’impôt sur la fortune, ce sont 19 milliards d’euros qui seraient récupérés. Les stock-options et autres réductions d’impôts profitent aux plus riches, qui défalquent toutes sortes de dépenses.

Nous voulons l’augmentation de la progressivité de l’impôt sur le revenu (tout en rééquilibrant le nombre de tranches imposables). Le minimum serait une nouvelle tranche d’imposition à 100 % au-delà de 20 fois le SMIC. La simple suppression de tous les dispositifs destinés à alléger les impôts des riches rapporterait 150 milliards d’euros par an.

Mais il faut aussi prendre sur les profits. Nous voulons la taxation des bénéfices des sociétés à hauteur de 50%. Les seules entreprises du CAC 40 ont réalisé environ 100 milliards de bénéfices en 2011. Ce sont des sommes gigantesques qui doivent revenir aux salariés sous la forme d’augmentations de salaire, et/ou pour financer d’autres choix de société.

Nous voulons l’arrêt des cadeaux aux entreprises. Au total, les dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux applicables aux entreprises, entendus au sens large, ont représenté plus de 172 milliards d’euros en 2010. Les aides aux entreprises et à leurs filiales représentent à elles seules 30 milliards d’euros par an, l’équivalent de la moitié budget de l’éducation nationale ou des dépenses hospitalières. Seuls 9% de ces aides touchent les PME, ce qui signifie qu’elles ont pour objectif essentiel de soutenir les grands groupes capitalistes, les mêmes qui font des profits et ne paient que peu d’impôts ou de cotisations sociales. Il faut donc les supprimer.

DETTE PUBLIQUE

Blue57 à tous les candidats : Aujourd’hui la dette publique par habitant s’élève à 26.584 euros par habitant. Comment rembourser cette somme ?

P. Poutou : Nous voulons l’arrêt immédiat du paiement de la dette et de ses intérêts, qui représentent 50 milliards d’euros par an. C’est une véritable arnaque, puisque les banques prêtent aux États à des taux compris entre 3 et 7%… alors qu’elle empruntent à ces mêmes États, par le biais de la Banque centrale européenne, à 1% !

Nous voulons une enquête publique, militante et populaire, notamment pour rendre publics les comptes des banques. En effet, l’origine de la dette n’est pas liée à une augmentation des dépenses de l’État, mais à la réduction de ses recettes à force de consentir des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises, puis aux cadeaux aux banques.

Le mécanisme de la dette se répand maintenant à toutes les sphères de l’Etat, notamment depuis la privatisation de Dexia, la banque publique d’investissements. Collectivités locales, hôpitaux, universités commencent à faire faillite. Nous voulons l’annulation de la dette publique, qui est totalement illégitime. Il faut retirer leur pouvoir de nuisance à la finance et aux banques. Pour cela, nous voulons la réquisition des banques et leur regroupement dans un monopole contrôlant le crédit sous contrôle des salariés et de la population. Comme vous voyez Blue57, pour nous le problème n’est donc pas de rembourser la dette car celle-ci est entièrement illégitime.


Les premières réponses de Philippe Poutou, publiées le 16 mars 2012.

LE MES (mécanisme européen de stabilité)

Anonyme à Philippe Poutou : Pourquoi n’utilisez-vous pas vos sorties médiatiques pour dénoncer le MES (FMI à l’échelle européenne) et le nouveau "Super Maastricht", et l’abstention inadmissible des députés et sénateurs du PS qui se sont massivement abstenus et qui ont ainsi laissé passer le MES ?

Philippe Poutou : En effet, le mécanisme européen de stabilité (MES) doit être dénoncé. Le 21 février, l’Assemblée nationale, a ratifié le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité. Une semaine plus tard, le Sénat faisait de même. On le sait : l’UE et ses pays membres font face à la pire des crises, et il est évident que les conséquences vont être profondes. Dans ces conditions, le dispositif élaboré à Maastricht en 1991 s’est avéré insuffisant. En ce qui concerne la France, par exemple, les critères ne sont plus respectés depuis 2007 (déficit 2011 : autour de 5,7%). C’est évidemment pire pour l’Espagne ou l’Italie. La raison de tout ceci est simple : le respect des critères de Maastricht aurait impliqué une politique budgétaire de guerre sociale, de réduction radicale des dépenses, donc des licenciements massifs de fonctionnaires, la remise en cause drastique des mesures dites "de redistribution" (cf la Grèce).

C’est dans ce contexte qu’a donc été élaborée sous l’impulsion de "Merkozy" la proposition de "règle d’or", concrétisée par l’adoption du "Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire". Ce TSCG a été adopté les 1-2 mars par tous les gouvernements de l’UE sauf les tchèques et les britanniques. Le contenu de ce traité est simple. Les pays signataires s’engagent à avoir des "budgets équilibrés" (un déficit maximal de 0,5 % du PIB). Seuls les pays qui affichent une dette globale "nettement" inférieure à 60 % du PIB auront droit à un déficit de 1 %. Évidemment, un arsenal de mesures est prévu en cas de dérapage. Pour mesurer l’enjeu, prenons le cas français. Pour 2011, le respect des critères eut impliqué d’économiser 35 à 40 milliards d’euros, les 2/3 du budget de l’éducation.... Et ce n’est rien en comparaison de ce qui est exigé des Espagnols, des Italiens, des Portugais.... En clair la règle d’or, c’est le mécanisme concret pour faire payer aux travailleurs d’Europe la crise de leurs propres bourgeoisies.

Le MES vient donc d’être ratifié par le Parlement français. Il s’agit de constituer une sorte de FMI européen, étroitement contrôlé par la commission européenne et censé venir en aide aux pays de l’Union en difficulté. Mais attention : le MES ne sera accessible qu’aux pays signataires du TSCG. Un pays dans la situation de la Grèce ne pourrait donc bénéficier du MES que s’il s’engage dans une politique d’austérité radicale. En d’autres termes, le MES est une pilule visant à faire avaler la "règle d’or" aux peuples d’Europe.

François Hollande annonce son intention de "renégocier" le TSCG. Tout ceci est du domaine de la posture : il suffira que Merkel et ses alliés refusent pour que Hollande soit mis au pied du mur. C’est d’autant plus important qu’il faut avoir en tête qu’avec sa majorité sénatoriale, le PS pouvait empêcher la ratification du MES, donc faire capoter la "règle d’or". Oui mais voilà : la majorité des sénateurs socialistes se sont abstenus, laissant la voie libre à la droite. Ainsi, le MES a été ratifié et la première étape de l’opération "règle d’or" est un succès. Certes, ce n’est qu’un épisode. La ratification du TSCG lui-même aurait lieu après la présidentielle. Mais tout le monde est prévenu, et naïf sera celui qui ferait confiance au PS pour défendre les travailleurs d’Europe. Dans les rares moments de télé ou de radio dont je dispose, je tente donc de dénoncer la politique d’austérité que la plupart des candidats à l’élection présidentielle se font les chantres. Je pense qu’il y a un gros travail de conviction à faire actuellement pour que les travailleurs, les chômeurs, bref la majorité de la population ne se sente pas broyée par le discours sur "il faut serrer la ceinture".

LES RETRAITES

Thérèse à tous les candidats : Ne pensez vous pas que repousser l’âge de la retraite pour les femmes est une mauvaise chose ? Avec les enfants, elles ont déjà deux emplois.

P. Poutou : Thérèse, le problème que vous posez est double : celui de la retraite et celui de la place des femmes dans notre société.
Le NPA considère le droit à la retraite comme une compensation amplement justifiée (et déjà largement insuffisante) après une vie passée au travail. De même, la retraite – de par une sortie du monde du travail en activité – participe à l’amélioration des conditions et espérance de vie. C’est un acquis social fondamental. Le NPA revendique le droit à un départ en retraite à taux plein, à 60 ans, à taux plein, à 37.5 annuités maximum pour tous. Il revendique un départ anticipé en retraite à 55 et 50 ans pour les métiers les plus pénibles, à taux plein. Mais, en effet, comme vous le notez la situation des femmes pour toucher une retraite pleine est souvent aggravée du fait du temps partiel imposée, des maternités, et du fait plus globalement que dans une société comme la nôtre, très largement encore patriarcale, le travail des femmes reste en partie considéré comme un "travail d’appoint".

Malgré le rejet du modèle de la famille traditionnel, la famille reste l’espace réservé aux femmes. La responsabilité de l’éducation des enfants continue de leur incomber et la division sexuelle du travail cantonne encore les femmes dans les tâches domestiques. Selon l’Insee, les femmes réalisent les 2/3 de ces tâches. C’est un travail invisible, les femmes assurent une double journée de travail. Il est nécessaire de porter dans le débat public la question du partage des tâches. Nombre de femmes se voient contraintes de renoncer à leur emploi pour garder leurs enfants. Elles (580 000 à la fin de 1998) ont recours à l’Allocation parentale d’éducation et quittent souvent définitivement le marché de l’emploi. Les modes de garde ne sont pas assez développés en particulier les crèches collectives (9% des enfants). C’est pourquoi, outre nos revendications sur la retraite, le NPA défend la nécessité d’un service public de la petite enfance, afin que la recherche d’une place en crèche ne soit plus une gageure.

LENTEUR DE L’ADMINISTRATION

Kitabal à Philippe Poutou : Suite à des conflits avec mes anciens employeurs, je suis devenu SDF. La procédure aux Prud’hommes peut durer plus de 2 ans. En attendant que mes anciens employeurs me versent l’argent qu’il me doivent, je me retrouve devant le tribunal puisque je ne peux plus payer le crédit de ma voiture... Comment pourrions-nous améliorer ces longueurs administratives et éviter ce type de situation ?

P. Poutou : Kitabal, la situation que tu vis et décris est proprement aberrante et révoltante à plein de niveaux ! C fest en effet une spirale infernale que de se retrouver au chômage, avec des revenus qui ne permettent pas de vivre. Les expulsions locatives sont alors légions et ensuite les problèmes qui vont avec se multiplient en cascade. Pour ce qui est des Prud’hommes plus spécifiquement, le problème essentiel tient au faible nombre des conseillers prudhommaux. Il faut donc absolument en démultiplier le nombre pour que tous les cas puissent être traités avec beaucoup plus de rapidité (la lenteur de la procédure est de toute évidence un moyen pour dissuader des salariés de se battre). Il ne semble en effet pas normal qu’un conflit opposant un salarié à son patron prenne plus de 6 mois à être traité. Ce devrait être un maximum.

Mais la situation intolérable que tu vis n’est évidemment pas le seul fait des lenteurs juridiques, c’est lié à un fonctionnement global de la société. C’est pourquoi le NPA défend qu’il ne faut pas qu’il y ait de revenus inférieurs à 1700 euros net. C’est un minimum pour vivre dignement aujourd’hui, quand on a un emploi ou qu’on vient de le perdre. Un tel niveau de revenu doit permettre à ce que personne ne se retrouve à la rue, ce qui est tout à fait aberrant dans un pays aussi riche (même en temps de crise) que la France. Cependant dès aujourd’hui le NPA, avec d’autres organisations comme le DAL par exemple, lutte pour réquisitionner les logements vides. Il est inacceptable que des personnes dorment dans la rue alors que des locaux vides sont à proximité… D’autre part, nous pensons qu’il faut baisser le temps de travail à 32 heures hebdomadaires pour que tout le monde puisse travailler au lieu d’avoir comme c’est le cas aujourd’hui des salariés qui se tuent à la tâche alors que d’autres dépérissent au chômage. Cette mesure irait de pair avec l’interdiction des licenciements.

Evidemment, imposer ces mesures suppose des luttes à plein de niveaux, et surtout des luttes d’ensemble. Il faudrait imposer une autre répartition des richesses, et pour cela nous cherchons à œuvrer à ce qu’un autre rapport de force voit le jour… On est ici loin des promesses électorales, mais nous le pensons c’est le seul moyen pour réellement imposer qu’une autre logique que celle du profit voit le jour.

LES JEUNES

Maxime Boudesoque à tous les candidats : Je suis lycéen et j’ai effectué un stage dans un magasin de grande distribution. J’aimerais poursuivre ce stage mais j’ai changé de lycée et l’on refuse de me signer une nouvelle convention. Que proposez-vous pour ce type de problème et pour l’insertion des plus jeunes sur le marché du travail ?

P. Poutou : Maxime, s’il s’agit d’un stage obligatoire dans le cadre de ta formation, il faut évidemment que ton nouveau lycée accepte de signer la convention. Si l’administration du lycée te met des bâtons dans les roues, il faut faire appel à l’aide aux élèves élus au conseil d’administration, aux délégués de ta classe, éventuellement à un syndicat lycéen, pour qu’ils t’accompagnent dans tes démarches car tes droits doivent être respectés.

C’est vrai que beaucoup de jeunes sont confrontés à du mépris et à une surexploitation lorsqu’ils entrent dans la vie active. Le NPA est contre toute forme de discrimination salariale, notamment à l’encontre des jeunes, comme le CIP de Balladur, les emplois-jeunes de Jospin, le CPE de Villepin ou les "contrats de générations" de Hollande qui prévoit qu’une entreprise embauchant un "junior" et un "senior" économise 4.000 euros de cotisations par contrat ; autant d’argent qui n’ira pas à la Sécurité sociale. Dans tous les cas, il s’agit de contrats précaires ou sous-payés. Le NPA revendique la rémunération des stagiaires et apprentis à la hauteur de la convention collective de leur branche, en tous cas jamais à moins de 100% du SMIC et la transformation de tous les contrats précaires (CDD, CUI, stages, apprentissage, intérim...) en CDI à plein temps.

SECURITE ROUTIERE

Sage à Philippe Poutou : Pour améliorer la sécurité routière, pensez-vous que la programmation dans les GPS d’un bip sonore qui se déclencherait à chaque fois que l’automobiliste dépasserait les vitesses autorisées serait utile ?

P. Poutou : De deux choses l’une, soit il s’agit d’éviter les amendes, soit il s’agit de la sécurité routière. A vrai dire, pour ce qui est de la sécurité routière bien des voitures sont déjà équipées de limitateurs de vitesse. Ca permet de contrôler sa vitesse et c’est utile pour la sécurité. Maintenant, pourquoi pas ? Après tout, toutes sortes de "gadgets" peuvent être utiles pour aider des conducteurs à limiter leur vitesse, et s’ils sont ainsi utilisés, on ne peut qu’être pour.

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