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Le chanteur Quentin Elias est mort

Il y a quelques mois encore, le leader autoproclamé du défunt boys band Alliage tentait de refaire surface. Fort de sa participation à une obscure émission de télé-réalité sur la TNT, il annonçait un "tour 2013". Mais le 26 février 2014, il décède à New York.

2013 a été l’année du grand retour de Quentin Elias... Quentin qui ? Mais si, Quentin du groupe Alliage, le petit brun avec les grosses lèvres. Non, ça ne vous dit toujours rien ? C’est vrai que les plus jeunes n’ont pas pu connaitre ce quatuor, fleuron de la variété française. Il a été créé en 1996, en pleine mode "boys bands", sous l’impulsion un brin opportuniste du producteur Gérard Louvin. Une carrière longue de quatre années, jalonnée de chansons tantôt sautillantes, tantôt sirupeuses, parfois mal produites mais toujours composées sur mesure pour un public de jeunes filles en fleur : Baïla, Lucy, Le Temps qui court... En résumé, Alliage, c’était un peu le Worlds Apart du pauvre.


Dès 1998, le public se lasse des quatre playboys, de leurs chemises ouvertes et de leur musique désormais considérée hautement ringarde. Les ventes déclinent et Quentin claque la porte l’année suivante. "Je suis parti en plein succès", claironnait il y a peu sur les plateaux TV le leader autoproclamé de la bande, tentant de réécrire l’histoire.
Car la suite n’a pas été toute rose pour le Lozérois. Sans doute lassé d’être moqué partout en France, il s’exile aux Etats-Unis. Installé à New York, il vit de petits boulots, caressant l’espoir d’y lancer sa carrière solo. En vain. Car s’il déclare avoir sorti "pas mal d’albums" de l’autre côté de l’Atlantique, il y est resté un illustre inconnu. Tout juste a-t-il réussi à se faire un nom dans le milieu gay new-yorkais, à grand renfort de séances de muscu, d’auto-promo sur Internet et même d’une vidéo interdite aux moins de 18 ans. Il fut d’ailleurs étonnant de le voir s’en défendre, à son retour en France. "Quand on a dit que c’était un porno gay, ça m’a blessé", déclarait-il ainsi chez Jean-Marc Morandini, suggérant que la pornographie hétérosexuelle serait plus digne. Une maladresse verbale, sans doute. D’ailleurs, en 2011, il n’hésitait pas à se produire à Paris, à l’occasion de la Gay Pride.

Comme tant d’autres stars déchues avant lui, Quentin s’en remet à Sainte Télé-réalité, en quête de résurrection médiatique. Il apparait alors en novembre 2012, en tant que "guest", dans l’émission très dispensable de NRJ12 L’Île des vérités 2. Dès son départ, il capitalise sur cette courte exposition et sort en téléchargement le single Lucy, reprise pas désagréable d’Alliage, accompagné d’un clip tout à la gloire de son corps bodybuildé. Une tournée est même annoncée pour 2013 en France. "En plus des chansons inédites, je vais collaborer avec mon collaborateur [sic] de longue date Flash Sanchez sur des pistes club pour le dancefloor", indique le chanteur tatoué.
Mais le 26 février 2014, le corps sans vie du chanteur est retrouvé à New York. Il aurait succombé à une crise cardiaque. "C’est un moment très triste pour sa famille et ses fans à travers le monde", peut-on lire sur sa page Facebook officielle.