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Soupçons de nomination politique aux urgences de l’hôpital Georges Pompidou

Député européen UMP, Secrétaire national du parti présidentiel chargé des questions de santé, Maire de La Garenne-Colombe (Hauts-de-Seine), membre du conseil d’administration de l’Établissement public d’aménagement de la Défense et depuis ce vendredi 24 février, chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou (Paris 15e) : le CV de Philippe Juvin laisserait simplement admiratif s’il s’agissait de fonctions successives et non de fonctions cumulées...

En pleine campagne présidentielle et alors que la question du cumul des mandats est soulevée avec régularité par certains candidats, il est logique que la nomination de cet homme que l’on hésite à qualifier de politique, d’universitaire ou de médecin, suscite la polémique. C’est même tellement logique que l’on vient à se demander si Elizabeth de Larochelambert, la directrice du groupe hospitalier auquel appartient l’HEGP, n’aurait pas pu faire preuve d’un peu plus de prudence, à défaut de clairvoyance, dans la mise en place de son agenda. Cette nomination est en fait un remplacement avancé de l’ancien chef des urgences depuis 1999 Alain Davido, devant partir à la retraite en novembre.

"Emploi fictif" ?

L’affaire est véritablement née ce week-end, quand un groupe de six médecins de l’hôpital Georges-Pompidou a décidé d’envoyer une lettre au Ministère de la santé, demandant l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de cette nomination. Dans une lettre ouverte adressée à la directrice de l’AP-HP Mireille Faugère, les six signataires expliquent leur geste : « Nous sommes devant un cas d’emploi en grande partie fictif puisque, compte tenu de ses nombreuses activités extra-professionnelles, il est matériellement impossible à M. Juvin d’exercer à temps plein son emploi hospitalo-universitaire pour lequel il est pourtant rémunéré à taux plein ».

Du côté de l’AP-HP, on balaie la polémique d’un revers de main en affirmant que la nomination est « conforme au règlement intérieur » de l’institution et que Philippe Juvin a été choisi parmi trois candidats essentiellement pour les résultats qu’il avait obtenus dans la réduction du délai d’attente aux urgences de l’hôpital Beaujon (Clichy, hauts-de-Seine) lors d’un précédent emploi.

Divers syndicats ont également publié des communiqués dénonçant cette nomination, « nouvel exemple de la République des copains » selon la CGT, viol de « l’indépendance médicale des praticiens, de plus en plus malmenée aujourd’hui » selon la CPH (Confédération des Praticiens des Hôpitaux).

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