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Valérie Leulliot, ex-Autour de Lucie

Valérie Leulliot, ancienne voix du groupe Autour de Lucie sort son premier album solo "Caldeira"

Le 19 février sort Caldeira, le premier album solo de Valérie Leulliot, voix et membre fondateur du groupe Autour de Lucie. Un disque personnel et habité, fruit d’un long cheminement artistique et d’une série de rencontres magiques.

Tu as longtemps évolué au sein d’un groupe alors, pourquoi cette échappée en solo ?
Après quatre albums sortis avec Autour de Lucie, on était en train de partir chacun dans une autre direction. Alors oui, cet album n’est pas celui d’un groupe mais je ne suis pas seule pour autant puisqu’il a été écrit à deux. Sébastien Lafargue venait d’arriver dans le groupe comme bassiste. On jouait de temps en temps de la guitare ensemble, il écrivait des mélodies qui me plaisaient. Sans me poser de questions, on a réalisé un ou deux morceaux, puis quatre, puis encore d’autres… Ca s’est fait très naturellement, je n’ai pas eu l’impression de « faire » des chansons mais plutôt de m’amuser avec quelqu’un.

Ton expérience avec le groupe t’a-t-elle donné les armes nécessaires pour te lancer en solo ?
Oui. Je ne suis arrivée à la musique qu’à 24 ans. En quelques sortes, mon premier « groupe de lycée », c’était Autour De Lucie ! J’y ai tout appris. Je ne connaissais rien à la musique et je voulais bosser avec des gens en qui j’avais confiance et qui pourraient m’apprendre des choses.

Comment s’est passée l’écriture des chansons ?
J’ai totalement changé ma façon de travailler. Je me suis consacrée aux textes et j’ai laissé Sébastien composer la musique de son côté. Il me faisait écouter quelques morceaux et je mettais simplement mes mots dessus. J’avais envie de me laisser surprendre, de travailler avec quelqu’un qui m’apporte une fraîcheur.

Ce qui demande une grande confiance…
Oui, une confiance quasi absolue. Je le connais depuis son entrée dans le groupe, en 2003. Mais déjà avant c’était un copain.

La nature est omniprésente dans les textes. Pourquoi ?
C’est mon côté homéopathe qui ressort ! J’ai toujours été attirée par la nature, moi qui ai grandi dans le 18e arrondissement de Paris. J’ai eu la chance de pouvoir voyager avec mes parents, ça m’a ouverte aux paysages. Dès que je peux, je fais un tour à la mer. La nature est d’une richesse absolue, j’en ai besoin et m’en nourris.

As-tu envie d’avoir un discours écolo ?
Je suis sensible à ce sujet mais je n’ai pas envie de faire de la politique. Si ça peut faire du bien aux gens d’entendre parler de la nature, c’est déjà quelque chose. Dans la chanson L’Amour désormais, je parle d’un fleuve qui n’est plus ce qu’il était. Je me suis inspirée d’un article qui parlait de l’Amour (un fleuve en Extrême-Orient séparant la Russie de la Chine, NDLR). Le journaliste disait que maintenant « l’amour est un fleuve pollué ». Le début de la chanson est ensuite venu très vite…

Les conditions de l’enregistrement ont été particulières…
Tout a été fait à deux, il n’y a eu aucune « infiltration », aucun intervenant extérieur. Comme on trouvait que tout ce qu’on faisait à deux était suffisant, il était inutile d’en rajouter.
Le seul intervenant extérieur a été Christophe Miossec sur le texte de Mon homme blessé.

Comment s’est faite cette collaboration ?
Comme j’aime épurer, aller à l’essentiel pour arriver à une musique simple et forte, j’ai du mal à écrire des paroles avec beaucoup de débit, beaucoup de mots. J’avais besoin de textes différents. On m’a suggéré Christophe Miossec. On se croisait dans les concerts mais on ne s’était jamais parlé. Le premier texte qu’il nous a envoyé est Mon homme blessé. Je l’ai tout de suite trouvé magnifique.

Par quels mots définirais-tu l’atmosphère particulière qui se dégage de ton album ?
On l’a voulu délibérément sensuel. On voulait entendre le son du bois, des doigts sur les cordes de guitares. On entend aussi les respirations sur certains morceaux. On cherchait quelque chose de simple, l’anti-technicité, un anti-Protools. On ne s’est imposé aucune censure technique.

Il est très organique également…
Exactement. Mais on ne l’a pas cherché. On s’est mis à travailler et au bout de trois ou quatre morceaux, on a vu qu’un son se dégageait. Sébastien aime quand les sons sont imparfaits. Il équilibre le côté un peu trop lisse que je peux parfois avoir.

Tu as balayé différents genres musicaux avec Autour de Lucie. Comment classer cet album ? Est-ce de la Folk ?
Je pense, oui. C’est aussi de la chanson, puisque les textes sont très importants à mes yeux. Pour ce qui est de la couleur, c’est boisé, folk. Si je devais me situer, ce serait dans la variété, je pense. Mais pas au mauvais sens du terme, de la variété des années 1970 peut-être, avec ce côté folk qu’il pouvait y avoir.

Des scènes prévues ?
Oui, au Café de la Danse les 28 et 29 mars. Avant d’autres dates qui vont sûrement se rajouter dans le courant de l’année.

Valérie Leulliot, Caldeira (Village Vert / Wagram Music)
Album disponible le 19 février
En concert au Café de la Danse les 28 et 29 mars