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L’hôtel Titon et l’hôtel de Goys

Le Faubourg Poissonnière connut son apogée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Une frénésie de construction s’empare du faubourg, à des fins de spéculation, et de belles demeures aristocratiques y voient le jour : l’hôtel Benoit de Saint Paulle ou le petit hôtel de Bourrienne sont les plus célèbres parvenus jusqu’à nous.

A ce titre, la rue du faubourg Poissonnière a conservé un certains nombres d’hôtels néo-classiques de la fin du XVIIIe siècle, souvent masqués de la rue par des reconstructions du XIXe siècle. L’ architecte et ornemaniste Jean-Charles Delafosse (1734-1791) est l’auteur de deux hôtels remarquables : l’hôtel Titon au n° 58 et l’hôtel de Goys au n° 60.

Entrons dans la cour de l’ l’hôtel Titon, au n° 58 (avec un peu de persévérance car l’immeuble est fermé par un code, mais avec courtoisie, il est toujours possible d’admirer discrètement la cour). La façade des communs qui bordent la cour s’incurve avec beaucoup d’élégance jusqu’au porche qui mène à la rue. Lors de la surélévation des communs, probablement dans les années 1814-1815, des statues antiques (empruntées à la mythologie, ainsi que des philosophes grecs et latins) ont été placées de manière régulière dans des niches et dans l’embrasure des fenêtres du premier étage ; des bustes de la même façon au deuxième étage.

Au fond, l’hôtel, achevé en 1783, présente un admirable décor néo-classique avec l’alternance de frontons et de motifs à guirlandes de fleur au rez-de-chaussée. La frise à rinceaux située sous l’entablement est particulièrement fine. Comme on peut le deviner à l’oeil, l’hôtel fut surélevé d’un second étage dans la seconde moitié du XIXe siècle : sa composition reproduit exactement le motif du rez-de-chaussée. A noter que la façade sur jardin de cet hôtel, moins bien conservée, est également visible au fond de la cité Paradis (qui a du coup signé la destruction du dit jardin).

Cet hôtel fut construit à l’origine pour Antoine François Frémin, avocat au Parlement, puis habité par Marie-Anne-Thérèse Coulbeau, épouse Delbarre. Mais c’est Jean-Baptiste Maximilien Titon (1765-1843), seigneur de Villotran et de la Neuville, conseiller au Parlement, qui lui a laissé son nom. Il est le descendant direct de Maximilien Titon (1632-1761), directeur général du magasin Royal d’Armes, qui fit construite la Folie Titon (détruite) dans l’ancien faubourg Saint-Antoine.

Juste à côté au n° 60 subsiste en fond de cour l’hôtel de Goys (photo ci-contre). Daté de 1776, il possède de grandes similitudes architecturales avec son voisin : décor de la façade et surélévation postérieure du 2e étage (au dessus de l’étage attique). Il a conservé le nom de Nicolas-Louis Goys, négociant à New-York, qui l’acheta probablement dans les années 1780 à sa propriétaire, Mme Delbarre.

Franck Beaumont

Sources : Guide du Patrimoine Paris, Guide du promeneur Paris 10e.

58 rue du faubourg poissonnière

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