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L’histoire de la place de la Concorde

Dernière mise à jour : lundi 2 janvier 2012, par Christian Frank

Découvrez l’origine et l’histoire mouvementée de l’ancienne place Louis XV, appelée aujourd’hui la place de la Concorde, considérée comme l’une des plus belles places parisiennes avec la place des Vosges et la place Vendôme.

- Origine de la place :

En 1748, la ville décide d’ériger une statue équestre de Louis XV pour fêter le rétablissement du roi après la maladie dont il a été atteint à Metz. Le surintendant des Bâtiments du roi, Lenormand de Tournehem décide de lancer le projet d’une place royale. Le projet est agréé par le roi le 2 octobre 1749. La ville et le roi optent pour un terrain situé entre le jardin des Tuileries et les Champs-Elysées (alors une simple allée montant vers la colline de Chaillot).

Un concours est lancé auprès de l’Académie d’Architecture pour le projet de place et 19 architectes y répondent . Tous seront rejetés mais Jacques-Ange Gabriel, architecte du roi (il a construit le Petit Trianon pour Marie-Antoinette à Versailles) doit établir son propre projet en en tenant compte : Gabriel propose alors deux pavillons encadrant la place au nord, avec une rue dans l’axe perpendiculaire (future rue Royale) axée sur une future église (la Madeleine, dont la construction ne commencera qu’en 1806), et la statue du roi Louis XV sur un socle, trônant en son centre.

La statue équestre de Louis XV, exécutée par le sculpteur Bouchardon de 1752 à 1756, puis achevée par Pigalle, sera placée sur son socle le 23 février 1763.

- Bâtiments remarquables :

Selon le projet de l’architecte, la place, ouverte sur le jardin des Tuileries, l’esplanade des Champs-Elysées et la Seine, n’est lotie qu’au nord par deux bâtiments jumeaux dessinés par Gabriel. Ce sont en fait deux grands édifices classiques et monumentaux : chacun se compose de deux avant-corps (aux extrémités), surmontés de frontons, et reliés par un grand péristyle : les colonnades de ces péristyles sont inspirées de la colonnade de Perrault au Louvre.

Côté gauche (en faisant dos à la place), au n° 10 de la place, l’hôtel Trouard fut loué au duc d’Aumont, directeur des menus Plaisirs. Vendu en 1788, il sert d’hôtel pendant la Révolution. Revenu aux Polignac et Crillon, il redevient au début du XXe siècle un hôtel de luxe sous le nom d’hôtel Crillon. c’est aujourd’hui un des plus beaux palaces parisiens. Au n° 6-8, les hôtels Moreau et Rouillé de l’Etang deviendront la propriété de l’Automobile Club de France. Enfin, au n° 4, l’hôtel de la comtesse de Coislin (construit en 1776) aura comme locataire Chateaubriant de 1805 à 1807. Il fut racheté en 1891 par le Nouveau Cercle puis fut acquis en 1919 par la société maritime de pétrole.

Côté droit, le bâtiment fut affecté au garde-meuble de la Couronne (voir "les événements pendant la Révolution") et dès 1793, le ministère de la Marine l’occupe intégralement. C’est cet hôtel de la Marine qui fait actuellement couler beaucoup d’encre, depuis que le départ programmé du ministère de la Marine le rendra vacant en 2014. Parmi les projets proposés, celui de l’homme d’affaires Alexandre Allard, secondé par l’influent Renaud Donnadieu de Vabres, fait débat et suscite de vives réactions de nombreux détracteurs : la création d’un « centre mondial de la création et de la culture », comportant résidences d’artistes, des galeries, des marchands d’art, des fondations, des suites de grand standing pour attirer mécènes et collectionneurs, est loin de faire l’unanimité pour l’avenir de ce bâtiment très symbolique.

Le pont de la Concorde fut décidé le 7 septembre 1786 pour relier la place à la rive gauche. Confiée à Jean-Rodolphe Perronet, sa construction débuta en 1788, les voûtes furent fermées en 1790, et le pont achevé en 1791. Le pont fut doublé en largeur au XXe siècle, mais l’élégance de ses piles à colonnes a été respectée.

- Evénements importants avant et durant la Révolution :

. Le 30 mai 1770, une fête fut donnée sur la place en l’honneur du mariage du dauphin (futur Louis XVI) et de Marie-Antoinette. Mais une panique dans la foule fit de nombreuses victimes.

. Le 1er décembre 1783 et le 19 septembre 1784 s’envolèrent de la place des ballons, l’un dirigé par Charles et Robert, l’autre par Robert et Hullin.

. Le 12 juillet 1789, la collection d’armes du Garde-Meuble est pillée pour armer les citoyens, la Révolution est prête à éclater. Peu après, les joyaux de la couronne sont également volés.

. Le 11 août 1792, la statue de Louis XV est renversée de son piédestal puis envoyée à la fonte (seule subsiste sa main au musée Carnavalet). La place Louis XV est alors rebaptisée place de la Révolution. Elle prendra le nom de "Place de la Concorde" sous le Directoire et jusqu’à l’Empire, à nouveau place Louis XV puis "place Louis XVI" sous la Restauration, puis "place de la Charte" en 1830, pour à nouveau reprendre sous la Monarchie de Juillet le nom de place de la Concorde.

. La guillotine y apparaît tristement en octobre 1792, pour l’exécution des voleurs de bijoux de la Couronne au Garde-meuble. La guillotine, surnommée "la Veuve", avait été utilisée la 1re fois le 25 avril 1792 en place de Grève.

. Elle réapparaît le 21 janvier 1793 pour l’exécution de Louis XVI. (à mi-distance du socle de la statue de Louis XV et de l’entrée des Champs-Élysées, comme l’illustre la gravure).

. Du 11 mai 1793 jusqu’au 9 juin 1794, 1.119 personnes sont exécutées place de la Révolution, sur un total de 2.498 guillotinés à Paris.

. Marie-Antoinette y est elle aussi guillotinée le 16 octobre 1793.

. Citons parmi les guillotinés restés célèbres : Charlotte Corday, Manon Roland, les Girondins, Philippe d’Orléans (Philippe-Egalité, cousin de Louis XVI et régicide), la comtesse du Barry, Georges-Jacques Danton, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (avocat de Louis XVI à son procès) et Antoine Lavoisier.

. L’échafaud est ensuite transféré place du Trône-renversé (l’actuelle place du Trône). Il ne revient place de la Révolution que pour l’exécution de Maximilien de Robespierre et ses amis (10 thermidor an II - 28 juillet 1794).

. En août 1793, la statue de Louis XV est remplacée par une effigie de plâtre représentant la Liberté coiffée d’un bonnet rouge et tenant une pique dans la main droite.

- l’Obélisque de Louxor :

. En 1835, la ville décide d’accueillir à la place du monument de Louis XV l’obélisque de Louxor, que le vice-roi d’Egypte, Méhemet Ali, a offert à Charles X, puis à Louis-Philippe. Ce monument avait été élevé en 1250 avant Jésus Christ par Ramsès II devant le temple de Louxor construit sous Aménophis III. Fait en granit de Syène, l’obélisque pèse environ 229 tonnes et mesure près de 23 mètres de haut. Chaque face comporte trois rangs verticaux de hiéroglyphes qui représentent des louanges à Horus. Sous le pyramidion du sommet, le pharaon est montré quatre fois assis, présentant une offrande à Amon-Ré.

- Sculptures et mobilier urbain :

. En 1795, pour répondre aux statues équestres de Coysevox installées à l’entrée du parc des Tuileries, on décida de placer les "Chevaux de Marly", de Guillaume Coustou (autrefois à l’abreuvoir de Marly). Ces quatre groupes sont maintenant au Louvre et ont été remplacés par des moulages.

. La place de la Concorde est surtout une brillante illustration de la statuaire sous la Monarchie de Juillet. En effet, pour compléter l’obélisque de Louxor , l’architecte Hittorff (futur constructeur de la gare du Nord), chargé d’aménager la place, le flanque en 1835 de deux fontaines richement décoratives : au registre supérieur, celle du nord a pour thème le fleuve, avec les figures du Rhin, du Rhône, les récoltes du blé, des raisins, des fruits et des fleurs, et la navigation fluviale au registre supérieur ; celle du sud est dédiée au registre inférieur à la mer, ornée de l’Océan, de la Méditerranée, de la pêche, des perles, des coraux et des coquillages, et au registre supérieur à la navigation maritime, l’astronomie et le commerce.

Sur les petits pavillons d’angles de la place, datant de Gabriel, il fait placer des statues de villes de France : Brest et Rouen (par Cortot), Lyon et Marseille (par Petitot), Strasbourg (par Pradier), Nantes et Bordeaux (par Cailhouette), qui seront inaugurées le 14 juillet 1838. Enfin, Hittorff décide de rythmer la vaste place par des colonnes rostales : les thèmes choisis sont les proues de navires et le bateau (présent sur le blason de Paris).

Adresse

place de la concorde

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