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Alerte éducation : une bonne idée, c’est pas si fréquent !

Créer un manuel scolaire d’histoire franco-africain !

Fabienne Keller, sénatrice UMP du Bas-Rhin, missionnée par la délégation sénatoriale à la prospective, vient de remettre une étude sur l’avenir des 10-15 ans dans les cités. Sa bonne idée est à appliquer de toute urgence. Sur ce sujet, elle est d’ailleurs bien en phase avec l’Unesco.

En préalable, sachez qu’un manuel d’histoire commun franco-allemand de terminale avait été lancé en 2006, et que cette belle expérience avait connu un grand succès.

Le 27 janvier, Fabienne Keller, qui remet son rapport sur « l’avenir des années collèges dans les quartiers sensibles », propose, à l’occasion d’une table ronde au palais du Luxembourg à Paris de créer le premier ouvrage scolaire franco-africain.

« Je fais un rêve : qu’un livre d’histoire puisse être écrit entre les pays d’Afrique, et du Maghreb en particulier, et la France ».

C’est une évidence, encore fallait-il l’énoncer : il est important de mettre l’accent en banlieue sur « le travail de mémoire » et sur la relation à la « double culture ».

« J’ai croisé beaucoup de jeunes, enfants des 2e et 3e générations, qui ne peuvent pas se référer à une culture qui n’est pas la leur, celle du pays de leurs parents et grands-parents. Ils n’ont pas les repères de la culture de départ. En même temps, ils n’arrivent pas totalement à acquérir la culture du pays où ils sont nés, la France. Parce qu’on nie leur histoire personnelle, et parce qu’on ne leur parle pas de leur passé. Au sein de ces familles, c’est un sujet très peu abordé ».

Ainsi ce manuel ferait-il la part belle à l’histoire commune de la France et de l’Afrique. « Il y a des jeunes dans les quartiers qui n’ont pas l’impression d’être pleinement chez eux. Il faut mettre des mots sur la légitimité à être là. »

Fabienne Keller entend associer le ministère de l’Éducation à sa démarche. L’ouvrage aborderait « l’époque des colonies, les héroïques tirailleurs, la guerre d’Algérie, la décolonisation, les vagues d’immigration… »

Que peut-on dire d’une telle idée ?

Qu’elle est certainement séduisante, pleine de pièges, d’écueils notamment "post-colonialistes", et d’autant plus difficile à faire aboutir.

Que tous les ministres n’oeuvrent pas forcément dans la même direction, ni avec les mêmes préoccupations...

Qu’elle nécessite une intelligence de la part des membres du gouvernement dont certains sont peut-être moins pourvus que d’autres… (Vous remarquerez que je n’ai cité personne nommément)

Et que son intérêt devrait peut-être entraîner d’autres énergies et personnalités d’autres partis politiques. Et de certaines grandes collectivités locales plus particulièrement concernées par cette problématique. Dont Paris et l’Ile-de-France, qui sait ?

André Balbo

sources : Fabienne Keller, Le Parisien

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