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Paris
  

Au P’tit Cahoua : des couscous et des tajines de légende !

Dernière mise à jour : dimanche 27 novembre 2016,    par: Expositions

Depuis le temps... Nombreuses visites, toujours enthousiaste, jamais déçu.

Ne dit-on pas que la cuisine marocaine serait la 4e cuisine au monde, après la française, l’italienne et la chinoise ? C’est parfois vrai, et c’est parfois mieux ! Et Au P’tit Caoua est le genre d’adresses où les Marocains aiment inviter leurs amis quand ils ne peuvent les recevoir chez eux. Fierté ! Et nous ne sommes qu’à 10 minutes de la grande mosquée de Paris, où vous pourrez ensuite vous rendre pour boire un dernier thé à la menthe dans la fraîcheur de son jardin.

Dès que l’on est installé à sa table, une coupelle de petits légumes marinés légèrement pimentés, courgette, fenouil, poivron et autres .

Thierry Pétris propose dans son restaurant un plat éblouissant : le couscous méchoui. Cette viande, de l’épaule d’agneau rôtie, choisie, est une merveille. Le secret de son onctuosité réside dans la cuisson, dont la première moitié est faite au four traditionnel avec l’ail, le paprika, le cumin et le gingembre (qui est ici utilisé frais et non en poudre), mais la fin de la cuisson est en papillotes, dans un four à chaleur décroissante. Ainsi la viande se confit dans son jus (et non dans sa graisse), et elle ravira votre palais par sa douceur.

La qualité de la semoule a toujours fait débat chez les amateurs. À la maison, par exemple chez mon ami Pierre, on préfère souvent la moyenne, bien roulée. Au P’tit Cahoua, elle est plus fine, comme pour les réceptions, mais elle reste simple, et volontairement un brin sèche, pour tenir bien en bouche, même quand elle est très mouillée en sauce.

L’harissa est excellente, fraîche et fruitée. On sent la chaude harmonie du piment rouge, du cumin, du carvi, de la coriandre, de l’ail et de l’huile d’olive.

D’autres plats méritent tout autant votre attention. Essayez par exemple le tajine d’agneau aux poires et au miel d’acacia, un plat sucré/salé caractéristique de la cuisine qui se fait à l’est de Fès, la cuisine fassia. Un best-seller ! 10 ans de succès !

Autre merveille, découverte en ce début d’année, le tajine de cailles, dont les différents goûts se fondent harmonieusement en bouche. Une réussite.

Thierry Pétris a ouvert son restaurant le 29 septembre 1995. Depuis, il a effectué quelque 80 séjours au Maroc, qu’il connaît comme sa poche ou comme son restaurant. C’est un chercheur. Il désire s’améliorer de façon permanente et restituer pour ses clients le plus précisément possible ce qui lui plaît et qu’il vient de découvrir là-bas.

"J’avais le souvenir d’un incroyable tajine de poulet fermier assez sauvage, presque un gibier, que l’on m’avait fait goûter au Maroc. En cherchant à retrouver ce fumet et cette force, j’ai pensé au canard qui peut-être… Et cela a été une réussite. Je suis très fier de mes tajines de canard, aussi bien de celui aux navets, raisins et à la cannelle, que de celui aux oranges et dattes."

Parmi les desserts, les pâtisseries orientales viennent de la Bague de Kenza. J’ai apprécié les feuilletés aux trois saveurs, (abricot, dattes et figues), avec sa boule de glace à la noix, et la salade de fruits frais à la fleur d’oranger est délicieuse.

Avec un thé à la menthe, pour terminer ce festin, et faire enfin preuve de sagesse !

La carte des vins est courte mais belle et bien faite. Nous n’avons goûté que les marocains. Le bilade, 70% merlot, 30% cabernet sauvignon, a de l’attaque tant au nez qu’en bouche, et il conserve une longueur de goût qui résiste aux épices. Le amjad berkane, comme le menara sont deux vins bien faits, même si le second manquerait un peu de charpente. Le berkane serait un peu plus rustique et rocailleux. Il vient d’une toute petite région vinicole proche de la frontière algérienne, près de Oujda. Les tanins sont plus puissants. Super avec le couscous.

Pour les entrées comptez aux alentour de 8€, les plats sont de 16 à 20€, les couscous commencent à 15,50€, les tajines à 16€, pour les desserts visez 8€.
Le menu carte est à 29.50€ (entrée, plat, dessert), et en semaine, le menu midi entrée et plat est vers 13€.

La clientèle du P’tit Cahoua mélange allègrement chercheurs du CNRS, profs de facs, littéraires, patrons comme infirmières de l’Hôpital de La Salpetrière, quelques femmes politiques célèbres, dont Martine un temps, des personnalités marquées par le cinéma, et d’autres qui ont marqué la chanson française.

Les tables sont agréablement espacées. Deux d’entre elles, c’est bon à noter, permettent des tablées de 8, 10 et 12 places, ce qui n’est pas si fréquent. La décoration, plaisante, douce, authentiquement marocaine, a été épurée, allégée, et joue davantage la sobriété. Au mur est resté accroché un alphabet berbère, couché sur le côté. Ici on est au calme et l’on se sent protégé du trop bouillonnant boulevard Saint-Marcel dont les traversées sont devenues périlleuses.

Ah, pardon ! J’allais oublier de dire que le service est efficace, gracieux, attentionné et chaleureux.

André Balbo

39 39 Boulevard Saint-Marcel 75013 Paris

Adresse

Ouvert tous les jours de 12 à 15h30 et de 19h30 à 22h30

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