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DERNIERS JOURS : Patrimoine mondial de l’Unesco, Les Enfants du Paradis s’exposent à la Cinémathèque

Dernière mise à jour : mercredi 31 janvier 2018, par André Balbo

Le film « Les Enfants du Paradis » (1945) a été classé par l’Unesco au Patrimoine mondial. Chef-d’œuvre de Marcel Carné, d’après un scénario de Jacques Prévert, c’est certainement, et cela depuis sa sortie, l’un des films français les plus mondialement connus.

En fait, l’idée initiale vient de Jean-Louis Barrault qui confie à Carné et Prévert son envie d’incarner le mime Debureau (1796-1846)...

Nous sommes en 1830. Les rideaux s’ouvrent sur le boulevard du Crime, haut-lieu du théâtre, de la pantomime, des diseuses de bonne aventure, prestidigitateurs, avaleurs de serpents, et promenade à la mode, aujourd’hui devenu boulevard du Temple. Dans un Paris en plein Romantisme, les merveilleux et fascinants personnages inventés par Jacques Prévert sont emportés dans un flux balzacien, une atmosphère fiévreuse entre rêve et réalité.

Les Enfants du Paradis nous raconte l’histoire d’un amour fou, impossible, entre Garance (Arletty), fine-fleur du pavé parisien, et Baptiste Deburau (Jean-Louis Barrault), le mime qui fait la gloire du théâtre des Funambules (1816-1862), dont parmi les 780 places, les moins chères (0,25F), hautes et éloignées de la scène, étaient achetées par la jeunesse et le petit peuple, forcément très démonstratifs, et constituaient le "paradis" du titre du film.

En ce temps-là, le boulevard du Temple était encore nommé le boulevard du Crime, pour ses théâtres aux intrigues policières, était long de 527m et voyait en novembre et mars défilés et désordre des carnavals.

Cette époque connut aussi quelques faits divers spectaculaires, dont l’arrestation, le procès et la mise à mort de l’assassin dandy et anarchiste Lacenaire, (qui fascinait tant Prévert), ou même celui de Debureau, en personne, qui avait tué d’un coup de canne plombée dans la rue un ouvrier pour avoir manqué de respect à Mme et Mr Debureau... Un juge aurait dit à l’audience : "C’est la première fois que je l’entends parler". Quelle époque !

Répliques étincelantes, mouvements de foule, joie de vivre désespérée, une distribution portée par les acteurs les plus talentueux de l’époque : Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Maria Casarès, Pierre Renoir, Louis Salou et Marcel Herrand.

Marcel Carné impressionne par la fluidité et le sens de l’équilibre de sa mise en scène, quand cinéma, théâtre, mime, arts de la rue et musique se conjuguent de façon si harmonieuse.

Pourtant, de ses débuts, en 1943, aux studios de la Victorine à Nice, puis aux studios Francœur à Paris, puis chez Pathé à Joinville, jusqu’à la sortie du film le 15 mars 1945, le tournage des Enfants du Paradis connaîtra de nombreuses vicissitudes dues à l’Occupation, à la guerre, à la politique, à l’amour, à la honte...

Retrait des premiers financiers italiens pour raisons politiques, fuite avec l’écrivain Céline à Sigmaringen pendant le tournage de l’acteur Robert Le Vigan, collaborateur notoire (il sera remplacé par Pierre Renoir), bourrasque détruisant le décor de 150m, etc, etc.

Le jour de la première, la merveilleuse Arletty manquait à la cérémonie. Pour son histoire d’amour avec un colonel de la Luftwaffe avec lequel elle restera jusqu’en 1949, elle avait été emprisonnée. Plus méchamment punie que ne le fut Chanel.


Portrait d’Arletty, par Moïse Kisling Huile sur toile, 98 x 195 cm, 1933 © Collection Association des Amis du Petit Palais, Genève © ADAGP, Paris 2012/ Photo © Studio Monique Bernaz, Genève

Les Enfants du paradis fut le premier grand film de la France libérée, dans une industrie du cinéma qui avait été structurée par le gouvernement de Vichy, qui avait créé notamment les organismes qui deviendraient l’Idhec et le CNC.

L’exposition présente, en plus évidemment des nombreux extraits du film qui la jalonnent, de rares et précieux documents provenant des collections de La Cinémathèque française et de la Fondation Jérôme Seydoux – Pathé. Ceux-ci permettent de revisiter l’histoire de cette superproduction : affiches, dessins, photos, costumes, appareils, vues stéréoscopiques, objets, scénarios, correspondances, maquettes, éléments de décors, matériels publicitaires…


Maquette d’affiche : Les Enfants du Paradis, par Jacques Bonneaud © Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - ADAGP, Paris 2012 © 1945 – Pathé Production

La Cinémathèque française dispose dans ses collections d’un ensemble remarquable de documents sur Les Enfants du Paradis, fonds constitués par ses successifs directeurs et conservateurs. Il a de plus été enrichi tout récemment d’une façon considérable par l’acquisition de la collection Marcel Carné de Boston (2009), et par le don du scénario original rédigé par Jacques Prévert (don d’Eugénie Bachelot-Prévert, 2010), planche parsemée de dessins malicieux décrivant les principaux personnages du film : Baptiste, Tombé de la Lune, Garance, Grandi très vite, Claire comme le jour, claire comme de l’eau de roche, Lacenaire "rentré en lui-même" il n’a jamais pu en sortir.

La scénographie de l’exposition, colorée et spectaculaire, évoque le boulevard du Crime avec notamment la reconstitution de la façade du théâtre des Funambules, où le mime Deburau fit ses débuts.


Maquette de décor : Le boulevard du Crime, par Alexandre Trauner, huile sur carton, marouflée sur toile, rehaussée à la gouache, 108,5x74cm, 1943, collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - ADAGP © 1945 - Pathé Production

Le parcours est ponctué de films, documentaires, actualités, et de musique.

L’exposition est subdivisée en dix séquences :
- Les sources d’inspiration
- Le scénario de Jacques Prévert
- Un quatuor de rêve (Prévert, Carné, Trauner, Kosma) et une équipe. Cette bande des 4, dont deux étaient juifs, cachés au Prieuré des Valettes, une bastide retirée sur la route de Grasse, baignèrent dans l’harmonie d’un intense travail commun en fusion. Marcel Carné en dira : " Réunis dans un même lieu, c’était en l’occurrence l’idéal. Nous travaillions vraiment en commun, chacun interrogeant l’autre dès qu’il sentait la nécessité d’avoir son avis".
- La production du film sous l’Occupation
- Le tournage
- Les acteurs et les costumes
- La musique
- Une troisième époque, jamais tournée…
- La sortie du film
- Postérité.

Dans le cadre de cette exposition, la Cinémathèque française programme la rétrospective intégrale des films de Marcel Carné (du 24 octobre au 25 novembre 2012), dont :
- son premier long métrage Jenny (1936),
- ceux réalisés avec la complicité de Jacques Prévert, comme Le Quai des brumes, Le Jour se lève, Les Portes de la nuit, Les Enfants du Paradis, commencé sous l’Occupation et sorti à la Libération,
- ou ses tout derniers films dont Les Tricheurs, et Les Jeunes Loups).


Scène de foule sur le Boulevard du Crime. Les Enfants du Paradis, collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - ADAGP © 1945 - Pathé Production

Le cinéma de Jacques et Pierre Prévert (du 31 octobre au 18 novembre 2012). Ils ont contribué à l’avènement d’un cinéma poétique et frondeur porté par des dialogues inventifs, à la fois imagés et vrais. Après avoir participé au mouvement surréaliste, Jacques Prévert écrit des textes pour le groupe Octobre, troupe de théâtre qui allait jouer dans les usines.

Ayant placé sa plume au service de l’espoir d’une émancipation collective, il participe au scénario et aux dialogues du Crime de Monsieur Lange, de Jean Renoir en 1935, de Lumière d’été, de Jean Grémillon, et surtout d’une série de films signés par Marcel Carné, entre 1938 et 1950 (Le Jour se lève, Le Quai des brumes, Les Visiteurs du soir, et bien sûr Les Enfants du Paradis).

Il travaille également avec son frère Pierre, qui a signé la mise en scène de fantaisies cinématographiques étonnantes comme L’Affaire est dans le sac ou Voyage surprise.

Les Enfants du Paradis, l’exposition, du 24 octobre 2012 au 27 janvier 2013. À la Cinémathèque française.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, et celui de cette exposition en fait partie.

Les Enfants du paradis a de plus obtenu le Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris, décerné pour la première fois en 2012 par les Arpenteurs d’expositions.

Nous procéderons de la même manière en 2013, et avons d’ores et déjà commencé de notre côté une sélection avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Cinémathèque française, Marcel Carné

Adresse

51 Rue de Bercy 75012 Paris

Horaires

- Du 24 octobre 2012 au 27 janvier 2013

- Ouvert du lundi au samedi de 12h à 19h

- Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

- Ouvert le dimanche de 10h à 20h

- Fermé le mardi

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