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Drames à l’Opéra comique. Exposition de Carmen à Mélisandre au Petit Palais

Du 18 mars au 28 juin 2015, un événement organisé par l’Opéra comique et le Petit Palais, avec le concours exceptionnel de la BnF, du musée d’Orsay et de Carnavalet.

Vénérable institution, datant tout de même de 3 siècles, l’Opéra Comique évoque par cette exposition au Petit Palais certains des plus grands chefs-d’œuvre, opéras dramatiques, qui furent créés sur sa scène durant son Âge d’Or, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Cette époque fut en effet sa période la plus faste... si l’on excepte bien entendu le terrible incendie qui le détruisit le 25 mai 1887, entraînant la morts de 84 personnes, par la suite le décès au total de 200 victimes, et la disparition de précieuses bibliothèques de partitions, ouvrages, décors, costumes et éléments de scène.

Alors que l’Opéra comique, fondé à la fin du règne de Louis XIV en février 1715 à partir de troupes qui se produisaient lors des spectacles des foires annuelles de Paris, après des moments alternés de fermetures et d’ouvertures, avait produit jusqu’alors des spectacles plutôt romantiques, à succès, mais solidement conformistes, il allait devenir nouvellement sous la IIIe République une scène parisienne tout particulièrement inventive.

Dans cette salle Favart (reconstruite en 1840 à la suite d’un premier incendie), aux dimensions modestes, à la scène étroite et qui impose une proximité et une complicité avec le public (la jauge n’est que de 1255 places), tous les contributeurs participent dans ces décennies fertiles au renouveau de ces spectacles, des compositeurs par des partitions originales, aux écrivains qui recherchent de nouveaux effets et d’autres exotismes, aux chanteurs et cantatrices (l’Américaine Marie van Zandt) dont les performances et les tessitures de voix ouvrent de nouveaux horizons, aux décorateurs, costumiers et metteurs en scène.

La Navaja, 1888. Joseph Saint-Germier (1860-1925) Huile sur toile. Musée Bonnat-Helleu (Bayonne).

La Carmen de Mérimée !... Est-ce qu’elle n’est pas assassinée par son amant ?... Et ce milieu de voleurs, de bohémiennes, de cigarières !... À l’Opéra Comique ! ... Le théâtre des familles !... Le théâtre des entrevues de mariage !... Vous allez mettre notre public en fuite... c’est impossible ! (Adolphe de Leuven, directeur de l’Opéra Comique en 1874, propos rapportés par Ludovic Halévy. Le Théâtre, janvier 1905)

C’est dans ces années que nait cette nouvelle forme lyrique, et que le drame devient un genre majeur. Le spectacle est alors au sommet de sa valorisation, les costumiers eux-mêmes étant par exemple rémunérés... en places de théâtre. Les répétitions comme les représentations sont alors quotidiennes. Il ne saurait être question du moindre jour de relâche.

L’exposition, grâce à d’importants prêts consentis par la BnF, le musée d’Orsay, le Centre national du costume de scène de Moulins et Carnavalet, rassemble des partitions originales, des tableaux, dessins, affiches, des photographies, des sculptures et des maquettes formidables.

Le parcours permet d’égréner et de mieux connaître successivement les 4 prodigieux succès qui furent à l’origine de ce renouveau... avant la catastrophe. La Carmen, de Georges Bizet (1838-1875), qui apportait pour la première fois la mort (et quelle mort ! Une Gitane poignardée par son amant !, ce qui horrifia au plus haut point l’ancien directeur Adolphe de Leuven), et donc le scandale et la polémique, qui précédait les Contes d’Hoffmann, deJacques Offenbach (1819-1880), la Lakmé de Léo Delibes (1836-1891), et Manon, de Jules Massenet (1842-1912).

Mlle Marie van Zandt dans le rôle de Lakmé, 1883. Wilhelm Benque (1843-1903). Paris BnF, département de la Musique

Il est vrai qu’un tel sujet, par les milieux sociaux dans lesquels se situe l’action, par sa charge érotique, et sa violence meurtrière, n’était pas si familier au public de la salle Favart.

La première eut lieu le 3 mars 1875, et jusqu’au dernier moment, Bizet retoucha sa partition.

Carmen ne rencontra pas, pas plus que les Contes d’Hoffmann d’ailleurs, un succès immédiat, et ces créateurs ne vécurent pas suffisamment (Bizet meurt à 37 ans !) pour voir leurs ouvrages respectifs mondialement couronnés de succès.

Après le dramatique incendie (un extrait du film Douce de Claude Autant-Lara nous aide à l’imaginer) et la reconstruction de l’Opéra comique, la chronologie du parcours de l’exposition se poursuit avec la présentation de 3 autres opéras : Le Rêve, d’Alfred Bruneau (1857-1934) et d’Émile Zola, 1840-1902 (s’impliquant en personne !), Louise, de Gustave Charpentier (1860-1956), et enfin Pelléas et Mélisandre, de Claude Debussy (1862-1918), d’après la pièce de Maurice Maeterlinck.

Portrait de Célestine Galli-Marié dans Carmen, Représentation à l’Opéra Comique (Détail), 1884. Lucien Doucet (1856-1895). Paris BnF. Bibliothèque musée de l’Opéra

Des postes d’écoutes d’extraits bien identifiés sont disposés sur le parcours, et la scénographie donne aussi à voir des éléments de décors, des reconstitutions, des objets et des costumes.

Le commissariat scientifique est assuré par Agnès Terrier, dramaturge de l’Opéra Comique, et Cécile Reynaud, conservateur en chef au département de la musique de la BnF.

De Carmen à Mélisandre. Drames à l’Opéra comique, du 18 mars au 28 juin 2015, au Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, avenue Winston Churchill 75008 Paris, 01 53 43 40 00, petitpalais.paris.fr, métro Champs-Élysées Clemenceau, bus 28, 42, 72, 73, 83, 93. Accessible aux personnes handicapées. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 20h. 8 ou 6€. Gratuit jusqu’à 17 ans inclus. Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier.

Lire aussi : Musée du Petit Palais : Guide des plus belles œuvres des collections permanentes. Gratuit.
Les Bas-fonds du Baroque. La Rome du vice et de la misère, du 24 février au 24 mai 2015.

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Vous retrouverez dans l’article Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

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Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
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André Balbo

sources : Visite, Petit Palais

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