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DERNIERS JOURS à Marmottan : Élisa, Pauline et Caroline... Bonaparte

Dernière mise à jour : vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo

L’exposition "Les Sœurs de Napoléon : 3 Destins italiens se tient du 3 octobre 2013 au 26 janvier 2014 au Musée Marmottan Monet.

Détail. François Gérard, Portrait de Caroline Murat. Huile sur toile. Paris, Fondation Dosne-Thiers © Studio Christian Baraja

Cette exposition réunit Élisa (1777-1820), Pauline (1780-1825), et Caroline (1782-1839), filles Bonaparte, puis sœurs de l’Empereur, et qui furent princesses et reines d’Italie. Autour de ce sujet totalement inédit, et grâce à des prêts d’exception provenant de grands musées d’Europe comme de collections de descendants de ces familles, italiens et français, 140 œuvres rassemblées parviennent à dévoiler en partie l’univers prestigieux des vies privées et publiques des sœurs Bonaparte, au travers des tableaux, sculptures, mobilier, accessoires, bijoux et parures de cour présentés.

Des destins exceptionnels menèrent ces femmes, de leurs débuts dans le Paris consulaire jusqu’à leurs règnes italiens sous le Premier Empire.

Élisa, fut princesse de Piombino et de Lucques, par la suite grande-duchesse de Toscane, puis d’Estrurie. Pauline, dont la beauté, la grâce de danseuse, et l’instabilité tant amoureuse que géographique (comment être à Rome et se passer de Paris !) alimentaient la chronique, épousa le prince romain Camillo Borghèse. Enfin Caroline, mariée à l’intrépide général Joachim Murat "au panache blanc", régna avec son époux sur la ville de Naples avec un faste inégalé.

Chacune de ces 3 femmes avait développé personnalité, qualités et atours bien distincts. L’une s’était arrogée une beauté qui fut fameuse, quand les deux autres se rendaient remarquables par leur énergie, leur charme et leur intelligence. Elles furent de vigilants témoins et également d’actives actrices de leur époque.

Princesses et reines d’Italie, dans les cours de Florence, de Rome et de Naples, ces 3 femmes devinrent, quelquefois à leur insu, de vivants symboles d’une Europe en construction.

René-Théodore Berthon, Pauline Bonaparte princesse Borghèse avec une dame de compagnie. Huile sur toile. Collection particulière © Etienne Hunyad

Elles devinrent mères, épouses, et furent soumises à l’apparat et aux contraintes de leurs rôles officiels à partir du sacre de Napoléon 1er.

L’Empereur confiera dans le Mémorial de Sainte-Hélène : "Quelle famille, dans les mêmes circonstances, eût mieux fait ? (...) Ma sœur Elisa était une tête mâle, une âme forte : elle aura montré beaucoup de philosophie dans l’adversité. Caroline est fort habile et très capable. Pauline, la plus belle femme de son temps peut-être, a été et demeurera jusqu’à la fin la meilleure créature vivante. Quant à ma mère, elle est digne de tous les genres de vénération."

Les pièces réunies à cette occasion sont de grande valeur tant historique qu’artistique. Elles proviennent des musées nationaux des châteaux de Versailles, Fontainebleau, Malmaison, des musées Fesch d’Ajaccio, et Fabre de Montpellier, de l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris, du musée de l’Armée, de celui de la Légion d’honneur, des Fondations Napoléon et Dosne-Thiers, du musée des Beaux-Arts de Liège, du Palazzo Pitti de Florence, du Museo Napoleonico, du Museo Praz, des Musei di Arte Medievale e Moderna de Rome, des musées de Turin, Naples, Lucques, Caserte et de l’Ile d’Elbe, sans omettre les fonds propres de la bibliothèque Marmottan et du musée Marmottan Monet, dont le fondateur, Paul Marmottan (1856-1932) fut lui-même un collectionneur passionné du Premier Empire.

Voir l’Empire par cette approche triplement féminine, elliptique et anecdotique, et une telle galerie de portraits devient ici peut-être une forme d’indiscrétion, mais certainement aussi un privilège rare comme une douce inconscience. Sofia Coppola pourrait en faire un film traitant encore de la superficialité des choses...

On remarquera sur les tableaux les opulentes parures de diamants, perles et camées de Pauline, dans les vitrines bijoux et traîne d’apparat, et finalement des traces d’un monde de Gala, dans plusieurs sens du terme.

Au loin chantaient les canonnades, et si les idées des Lumières se répandaient assez largement en Europe, il était évident que cela était au prix fort.

Au-delà de quelques œuvres célèbres ou piquantes que l’on remarquera (La toilette avant le sacre, d’Hector Viger, Napoléon 1er en grand costume de sacre, de François Gérard, et une réduction de la sculpture de Pauline Borghèse en Vénus), le clou de l’exposition serait peut-être un tableau d’Ingres que l’on crut longtemps perdu et qui fut retrouvé assez récemment et attribué nouvellement à ce peintre : un portrait de Caroline Murat (1814, détail), avec à l’arrière-plan des fumerolles du Vésuve.

Les Sœurs de Napoléon : 3 Destins italiens, du 3 octobre 2013 au 26 janvier 2014 au Musée Marmottan Monet. 2 rue Louis-Boilly 75016 Paris, Métro La Muette (9), RER Boulainvilliers (C). Bus 32, 63, 22, 52, PC. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 20h. Fermé au public le lundi. www.marmottan.fr. 10 ou 5€ (tarif réduit). Moins de 7 ans : gratuit.

Vous retrouverez dans 2013 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z celles des établissements et musées.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

Dans CALENDRIER 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

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Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, avec Paris 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

André Balbo

source : musée Marmottan Monet

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