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Exposition photographique Corpus d’Helena Almeida

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 9 février au 22 mai 2016 au musée du Jeu de Paume.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Helena Almeida, née en 1934 à Lisbonne, où elle vit et travaille. Elle est considérée comme l’une des plus grandes artistes et photographes portugaises contemporaines. Son père, dont elle fut l’un des modèle dès l’âge de 10 ans, fut le sculpteur officiel de l’Estado Novo.

Un fort ferment de révolte a dû très vite en émerger, avant comme après la Révolution des Œillets...

Après la fin de ses études de peinture, qu’elle a suivies au département des Beaux-Arts de l’Université de Lisbonne, elle a régulièrement exposé et cela dès la fin des années 1960.

Son projet artistique a immédiatement consisté en une méthodique exploration des formes d’expression traditionnelles, et de la peinture en particulier, qu’elle remet en question, respectant à la lettre son constant désir d’enfreindre l’espace contraignant délimité par le plan pictural.

À travers la photographie, Helena Almeida crée une forte relation entre la représentation graphique (l’acte de peindre ou de dessiner) et la présentation (de son propre corps en tant que «  support  » de cet acte). «  Le corps concret et physique de l’artiste sera constamment égaré, défiguré, occulté par la tâche qui tantôt le prolonge, tantôt le recouvre, qui entre ou sort (vers ou depuis) l’intérieur de ce corps.  »

Helena Almeida, le plus souvent mais pas toujours vêtue de noir (il lui arrive aussi d’être vêtue de blanc), intègre dans ses photos des éléments de son atelier.

Elle prend dans ces œuvres des postures qu’elle aura très minutieusement chorégraphiées afin de créer de complexes compositions, quelques fois organisées en série, qu’elle range en ensemble.

Helena Almeida, Seduzer (séduire), 2002, 199x129.5cm. Coll CAM Gulbenkian, Lisbonne

En 1969, et pour la première fois, Helena Almeida se fait photographier par son mari, l’architecte Artur Rosa, complice, au point d’y participer dans le cadre même, et en totale connivence avec cette "forme médiatisée d’auto-représentation", qui devient dès lors une spécificité de cette expression artistique.

L’artiste crée des toiles, en général monochromes, et si une couleur s’ajoute au noir et blanc de la photographie, il est bien rare qu’elle envahisse la surface de l’œuvre. Mais voilà-t-y pas que bien souvent les œuvres cherchent à s’échapper du châssis, et même à s’écarter du mur.

Elles s’en vont subrepticement ! Ou se gondolent comme des rideaux en pleine pâmoison. Refus acrimonieux des règles, du cadre, et de quoi d’autre encore ? Assurément cette artiste est une rebelle, et pourrait même être taxée de féministe, même si le mot ne lui convient pas trop !

Sa longue carrière a permis à Helena Almeida de s’imposer sans contestation possible comme l’une des figures majeures de la performance et de l’art conceptuel, et cela dès les années 1970, notamment par des participations à de grandes manifestations internationales telles que les Biennales de Venise de 1982 et de 2005.

L’exposition au musée du Jeu de Paume

Il faut savoir que cette exposition "Corpus", quand elle a été montrée à Porto, avait pour titre "Mon corps est mon travail, mon travail est mon corps". Grande originalité pour une scène artistique lusitanienne contemporaine où le corps est peut-être le plus grand des absents...

En même temps, ce titre français couvre bien à la fois cet ensemble d’éléments et de documents nécessaires à l’élaboration d’une œuvre... et le fait qu’il s’agisse d’un corps, le corps de l’artiste.

Cette exposition trace une carrière d’une cinquantaine d’années. Cela ne constitue-t-il pas aussi une forme de "corpus" ?

L’événement présente à Paris un ensemble d’œuvres (peinture, photographie, vidéo et dessin) réalisées par l’artiste des années 1960 jusqu’à nos jours dans lesquelles le corps (son propre corps à elle) enregistre, occupe et définit l’espace.

La qualité spécifique et rare de l’événement est sa dimension rétrospective, puisqu’elle rassemble les différentes phases du travail de Helena Almeidade, depuis ses toutes premières œuvres du milieu des années 1960 jusqu’à ses productions les plus récentes.

Après ses premières œuvres tridimensionnelles, l’artiste trouve dans la photographie un moyen de combattre l’extériorité de la peinture et de faire coïncider sur un même support l’être et le faire, «  comme si je ne cessais d’affirmer constamment : ma peinture est mon corps, mon œuvre est mon corps  ».

Au-delà des lectures poétiques et métaphoriques que ces œuvres peuvent inspirer, chacune d’elles est une tentative d’atténuation des limites des médiums, celles de la photographie, de la performance comme celles de la sculpture. Chacune est bien évidemment une tentative d’évasion.

Selon les commissaires de l’exposition João Ribas et Marta Moreira de Almeida, (de la Fundação de Serralves, Museu de Arte Contemporânea, à Porto), ces corps (qui ne sont qu’un en général et le plus souvent) deviennent simultanément forme sculpturale et espace, objet et sujet, signifiant et signifié.

Le travail d’Helena Almeida est un condensé, un acte soigneusement scénographié et hautement poétique. Les représentations de ces événements montrent également le contexte dans lequel l’artiste s’inscrit.

Lors d’interviews, elle refuse que ses images soient considérées comme des autoportraits. Et si c’est presque systématiquement son corps qu’elle représente, il ne s’agit pas du tout d’elle mais d’un corps universel. Tout est en un, mais l’un n’est en rien personnel. Il n’est que le support d’une universalité en recherche de limites imposées.

Toile habitée, 1976, photographie noir & blanc, Collection Filomena Soarès, Lisbonne

Contrairement à d’autres artistes contemporains qui recourent à l’autoportrait et à l’auto-représentation pour mettre en scène des personnages grâce à des décors et des poses élaborées (comme, par exemple, la photographe américaine Cindy Sherman), le point de départ est toujours ici le corps de l’artiste.

Mais d’une part comme neutre, et complètement et toujours, à de rares exceptions près, identifiable.

Les œuvres présentées par Helena Almeida à la Biennale de Venise (en 2005 pour le Portugal) dans l’exposition «  Intus  », sont des exemples de ses travaux récents, caractérisés par la relation du corps de l’artiste à l’espace (et non plus désormais au dessin ou à la peinture), et par le recours à la photographie (récurrente dans les œuvres composées de séries) pour retracer une performance de l’artiste au sein de l’espace privé de son atelier.

L’ensemble du travail d’Helena Almeida est sous-tendu par une question fondamentale et presque fondatrice : comment et en quoi un corps et chacun de ses mouvement peuvent-ils parvenir à faire œuvre d’art  ?

Pour Isabel Carlos, l’intransigeance avec laquelle Helena Almeida aborde le sujet fait de son œuvre «  l’une des plus radicalement cohérentes de l’art portugais de la seconde moitié du XXe siècle  ».

Ouve-me / Écoute-moi, 1979, photographie noir et blanc

Cette exposition est organisée par le Museu de Arte Contemporânea de Serralves, qui l’a montré jusqu’au 10 janvier 2016 à Porto, en collaboration avec le Jeu de Paume et Wiels, Centre d’art contemporain, à Bruxelles.

Enfin, avec calme, politesse mais fermeté, nous aimerions tant faire enfin comprendre aux responsables du musée du Jeu de Paume dont la mission est de nous faire découvrir des photographies patrimoniales, importantes, de qualité internationale, qu’il serait vraiment souhaitable que ces œuvres puissent être progressivement montrées au public... avec des supports sans reflet...

Helena Almeida Corpus, du 9 février au 22 mai 2016, au musée du Jeu de Paume, 1, place de la Concorde 75008 Paris, métro Concorde, le mardi ouvert de 11 à 21h, et du mardi au dimanche de 11 à 19h. 10 ou 7,50€. www.jeudepaume.org.

- Voir aussi au même lieu et aux mêmes dates l’exposition François Kollar (1904-1979), un ouvrier du regard, photographique d’origine hongroise, et l’un des maîtres du reportage industriel en France au XXe siècle.

300 de ses tirages des années 1930 à 1960 en Europe, qui ont fait l’objet d’une donation de la famille du photographe.

De ses premiers travaux dans les années 1930 pour la publicité, la mode, et les plus grands magazines de l’époque, en passant par la plus grande commande photographique de la première moitié du XXe siècle intitulée "La France travaille", à ses reportages industriels des années 1950 et 1960.

Quelques clichés remarquables, comme Coco Chanel dans son réduit du Ritz en 1937, juste avant la Seconde Guerre mondiale..., Elsa Schiaparelli, Édith Piaf ou Charles Trenet, et quelques photos de mannequins proprement renversantes.

Modèle favori de François Kollar, détail, 1947, épreuve gelatinoargentique montée sur carton, Slovak National Gallery, Bratislava.

- Voir encore au même lieu et aux mêmes dates l’exposition Edgardo Aragon, Mésoamérique : l’effet ouragan, présentée dans le cadre de la programmation Satellite (coproduction Jeu de Paume, FNAGP et CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux).

Cet artiste mexicain s’intéresse aux systèmes économiques et politiques mexicains et internationaux... Il propose une cartographie critique où l’on découvre les leviers de pouvoir qui régissent le Mexique ainsi que le projet d’aménagement international "Mésoamérique" et ses répercussions sur Cachimbo, village situé sur une péninsule aux confins des États de Oaxaca et du Chiapas.

Vidéo fascinante à voir au -1.

- Lire aussi Toutes les expositions au Jeu de Paume.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée du Jeu de Paume, lunettes rouges