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DERNIERS JOURS de l’exposition Lucien Clergue

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Au Grand Palais, du 13 novembre 2015 au 15 février 2016, les premières œuvres d’un tout jeune photographe, remarqué par Picasso, et qui sera à l’origine des Rencontres internationales de la photographie d’Arles, première manifestation planétaire par son importance...

Les photographies de ces trois premiers albums de Lucien Clergue (1934-2014), qui n’avait pas 20 ans à l’époque, avaient suffi à séduire Picasso, à qui, forçant le destin, il les montra en 1953, à l’issue d’une corrida à Arles.

Le maître fut conquis et, selon sa nature de carnassier, demanda à en voir d’autres, plus et encore. Durant 18 mois, le jeune photographe tenta d’alimenter par de nouveaux clichés l’insatiable curiosité boulimique du peintre, qu’il lui porta en 1955 à son domicile à Cannes, où il fut accueilli très chaleureusement.

Objets de cette exposition, produits de 2 années artistiques fondamentales, les premiers albums étaient demeurés inconnus jusqu’au récent décès de Lucien Clergue, le 15 novembre 2014.

Lucien Clergue, La Danse du mariage gitan, Les Saintes-Maries-de-la-Mer (Détail), 1963, tirage moderne argentique. 58,3 cm x 49,3 cm. © Atelier Lucien Clergue.

Initialement simples catalogues commerciaux d’échantillons de tissus, aux minuscules images en couleur et aux pages blanches intercalaires, le jeune Lucien les avait colonisé de ses photographies en noir & blanc, collées.

Il se dégage de cet ensemble à la fois une fulgurance et une sensibilité peu commune qui déjà couvre l’essentiel des préoccupations artistiques et des domaines d’intervention du photographe Lucien Clergue : des natures mortes, des reportages, des ruines, des bombardements, la mort (des charognes), des corridas, des nus, une mise en scène des personnages, et une gravité toute classique.

Précurseur convaincu de la place qu’allait bientôt occuper la photographie parmi les arts, et son ardent défenseur, il luttera sa vie durant, et avec le succès que l’on sait, pour que celle-ci soit progressivement de mieux en mieux considérée parmi les autres arts.

Et au même titre que la peinture, la sculpture ou la gravure !

Photographie de la série de nus féminins issue du livre de Lucien Clergue "Née de la vague".

Individuellement, il fut aussi persuadé d’être rapidement en mesure de pouvoir vivre de la vente de ses tirages. Il sera le premier photographe à être élu membre de l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France (2006), dont il fut le Président pour l’année 2013.

La prééminence qu’il accordait à ses recherches formelles lui fit longtemps cacher son extraordinaire reportage sur les Gitans de Camargue (dont Jean Cocteau s’inspirera pour décorer la chapelle de Villefranche/Mer), craignant plus que tout d’être considéré comme un photographe reporter. Cette créativité essentielle et inédite le conduira rapidement au Museum of Modern Art de New York, où il sera l’un des rares photographes français à exposer. Il avait 27 ans.

Lucien Clergue, Picasso président de la corrida (détail), Fréjus, 1962, tirage argentique, 30,7 x 50,2 cm

Son activité de photographe se déploiera dans son environnement personnel habituel, travaillant uniquement avec la lumière de plein jour (forte et dense), l’eau, le sable, la mer, la vie, la mort, le corps féminin, l’évolution biologique de la terre ou la corrida et ses taureaux déifiés. Arles, la Camargue et les Alpilles, omniprésents dans son œuvre, resteront les décors de son travail de solitaire, et se montreront propices à l’épanouissement artistique de ce photographe que ses nus rendront célèbres.

Musicien, violoniste notamment, à l’initiative de sa mère, il sera le découvreur puis le promoteur de Manitas de Plata et de son groupe, avec qui il fera le tour du monde. Entreprenant, il saura ériger Arles, sa ville natale, au rang de capitale internationale de la photographie en inventant avec son complice Jean-Maurice Rouquette et l’écrivain Michel Tournier, les Rencontres en 1969 (qui connaissent en juillet 2015 leur 46e édition !), et contribuera à créer l’École Nationale Supérieure de Photographie, toujours à Arles.

Et puis, coquetterie sublime, il fut reçu Docteur en Photographie à l’Université de Provence, Marseille, en 1979, sa thèse, publiée sous le titre Langage des sables, ne comportant aucun mot mais des images, c’est l’écriture avec la lumière, et elle sera préfacée par Roland Barthes.

Cette exposition, réalisée par la Rmn – GP, en collaboration avec l’Atelier Lucien Clergue, lui rend un vibrant hommage. Elle réunit 150 photographies, se proposant de nous faire découvrir "un Lucien Clergue aux mille facettes, de la mélancolie de ses débuts à la jubilation créative et cinétique constante, en passant par ses photographies inédites, ses films, son propre récit, ajouté à celui de Jean-Maurice Rouquette et de celui de Wally Bourdet, l’un de ses premiers modèles.

Lucien Clergue, Le Matador Nimeño II, Nîmes, 1980

Remarquons que le commissariat de cette exposition est assuré par François Hébel et le couturier arlésien Christian Lacroix.

Lucien Clergue, les premiers albums, du 13 novembre 2015 au 15 février 2016, au Grand Palais, Galeries nationales, entrée galerie Sud-Est Champs-Elysées, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris. Métro Franklin-D.-Roosevelt, ou Champs-Elysées-Clemenceau. Dimanche et lundi de 10 à 20h. Mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 10 à 22h. Mardi : visites groupées et privatisations possibles sur inscriptions. 13 ou 9€. Gratuité selon conditions habituelles du Grand Palais. Prévente sur www.grandpalais.fr. Visites guidées prévues pour les individuels et les groupes (informations disponibles sur le site du Grand Palais).

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Grand Palais.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Atelier Lucien Clergue, Anne Clergue, Rmn-GP, Wikipédia

Messages

  • Comment peut-on rassembler en si peu de lignes autant de contre-vérités à part trouver ses sources auprès de personnes trop éloignées de la réalité Clerguienne.
    Lucien Clergue est mort en emportant sa légende avec lui.
    Désormais, si l’on veut que sa photographie, son mode intérieur, entre dans l’histoire, il faut écrire la vérité, sa vraie vie, les événements qui l’on jalonnée tels qu’ils se sont produits et non tel que le fil du temps les a colporté.
    Clergue n’a pas apporté des photos à Pablo Picasso le 5 novembre 1955, il est allé récupérer l’album de "La grande récréation" qu’il lui avait envoyé un mois plus tôt . Pas plus qu’il ne lui a présenté ses photos à Arles le 5 avril 1953 mais à Nîmes le 27 septembre de la même année (Clergue l’a écrit dans un de ses cahiers de notes).
    Les fameux "premiers albums" sont des documents de travail, des planches contacts collées à la va-vite pour les consulter et qui n’étaient pas inconnus du tout mais que Lucien Clergue refusait de montrer car en contradiction avec son oeuvre qu’il a toujours présentée de manière organisée. C’est ce classement qui vaudra au Photographe que le principe d’une thèse en "image pure" soit acceptée par Roland Barthes : "Nous savons depuis Levi Strauss que tout classement est un discours et nous accepterons votre travail comme tel". Ce n’est pas pour autant Barthes qui écrira une préface à l’édition, c’est Clergue (avec l’autorisation de l’ayant droit) qui utilisera des notes que lui avait adressé l’écrivain avant son décès. Il obtint un Doctorat littéraire avec mention "Photographie" car la seule photographie enseignée à l’époque était chimique ou optique... pas esthétique.

    Lucien Clergue a pris la photographie à bras le corps durant un tiers de son histoire parce qu’il avait compris dès le début que s’il voulait que ses photographies soient considérées comme des œuvres d’art, il ne suffisait pas de les numéroter comme des gravures, il fallait que son moyen d’expression soit lui même considéré comme une discipline d’expression artistique à part entière.
    Outre ce travail incontestable en faveur de la reconnaissance de la photographie en France, Clergue laisse un patrimoine photographique remarquable dans lequel il ne faut pas confondre la part artistique des aspects reportage ou ethnologique liée à ses passions ou ses amitiés, et sans compter tous ses écrits et ses collections. L’important désormais est de rendre intelligible l’Oeuvre sans se laisser aller à perpétuer des contes et légendes mais en écrivant l’Histoire.
    JFD