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DERNIER JOUR de Monumenta, avec Huang Yong Ping

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 8 mai au 18 juin 2016, Huang Yong Ping succède à Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor, Daniel Buren, Ilya et Emilia Kabakov, dans la terrible confrontation d’artiste(s) avec la grande Nef du Grand Palais.

Le challenge ? L’artiste parviendra-t-il à occuper cet immense volume d’une ou de plusieurs de ses œuvres conçues et adaptées à la Grande Nef ?

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Huang Yong Ping est né en 1954 à Xiamen, ville portuaire dans la province du Fujian, au Sud de la Chine. Grâce à une politique culturelle plus ouverte, il découvrit dans les années 1980 l’art classique chinois, les penseurs et les artistes occidentaux.

Il vit en France depuis 1989, date à laquelle il venait participer à l’exposition Les Magiciens de la Terre, et est installé aujourd’hui à Ivry/Seine. Huang Yong Ping est naturalisé français.

En 1999, il devient citoyen français, et représente la France à la Biennale de Venise, en compagnie de Jean-Pierre Bertrand. Il retourne en Chine pour la première fois en 2000 pour la Biennale de Shanghai.

Cet artiste contemporain est une figure majeure de l’avant-garde chinoise des années 1980, et plus précisément de 1985 à 1987, quand il fonde le mouvement Xiamen Dada, dont le mot d’ordre est « Le zen est Dada, Dada est le zen ». Petite digression humoristique : le mot chinois Dada se traduirait pour nous par Tonton.

Véritable fondateur de l’art contemporain en Chine, ce plasticien réalise au sein de ce groupe des actions radicales cultivant un goût certain pour le paradoxe, la déconstruction et la contestation par l’absurde. Bon nombre de ses œuvres ont été interdites en Chine.

Son œuvre instaure dès lors des correspondances entre l’art, la vie et le politique. S’inspirant des récits mythiques, religieux comme philosophiques, il revisite et mêle des croyances et des référents d’Orient et d’Occident dans un travail remettant en cause nos certitudes.

Huang Yong Ping met en scène de façon grandiose et onirique des animaux et nous alerte sur la troublante actualité de ces mythes, suscitant fascination et inquiétude envers les transformations du monde.

Ainsi l’artiste aborde-t-il dans son œuvre et dans ses thèmes depuis une vingtaine d’années les grands sujets à frictions de notre époque en convulsions (économie, religion, conflits, nature, cohabitation entre les groupes, enjeux), et cela dans des réalisations que l’on pourrait comparer à des fables philosophiques faites pour nous alerter.

Huang Yong Ping est aussi l’artiste de toutes les démesures, ayant démontré à de multiples occasions la puissance de ses installations monumentales. Depuis l’exposition Les Magiciens de la Terre en 1989, où ses livres lavés à la machine envahissaient l’espace de la Grande Halle de la Villette, jusqu’à son Arche de Noé grandeur nature (Arche 2009, 2009) dans la chapelle des Beaux-Arts de Paris, en passant par la Biennale de Venise (Un Homme, neuf animaux, 1999) où ses animaux mythologiques transperçaient le toit du Pavillon Français, l’originalité de ces installations réside dans leur caractère éminemment contextuel : chaque œuvre est directement inspirée du contexte historique, politique, sociétal et architectural de son lieu d’exposition.

Ainsi Serpent d’Océan, œuvre pérenne installée sur la plage de Saint-Brévin-les-Pins, près de Saint-Nazaire, est un squelette de serpent en métal de 120m de longueur, comme un monstre géant échoué depuis un temps immémorial. Sorte de spectre du désastre écologique en cours, le squelette mime aussi les ruines des anciens pontons de pêche qui l’entourent, et symbolise la fin des activités traditionnelles comme l’épuisement des ressources sous-marines.

L’exposition au Grand Palais : Empires

L’empire ? Vaste sujet que l’expansion...

Empires est une installation prenante, monumentale bien sûr, imposante dans son message à l’image peu variée mais pourtant si fortement immersive. Nous en faisons partie. L’artiste nous inclut de façon démonstrative, presque pédagogique, dans ce monde dont nous sommes co-responsables.

Ainsi, pour Monumenta 2016, Huang Yong Ping a-t-il réalisé cette immense installation spectaculaire faite d’une architecture de couleur constituée de 305 conteneurs aux couleurs industrielles, empilés et répartis en huit îlots grimpant jusqu’à 17 m, surplombée d’une structure dont l’ombre portée se mêle par son sens et sa forme à celle des nervures métalliques de la verrière.

C’est en prenant du recul dans la grande allée centrale, que l’on embrasse dans cette perspective, d’un seul regard, l’ensemble de l’installation et l’ampleur de la Nef à laquelle se mesure l’artiste.

Ces conteneurs symbolisent la circulation anonyme et systémique des marchandises sur Terre, emportés dans un lourd mouvement brownien, et constitutifs du paysage qu’offrent le planète et notre monde d’aujourd’hui devenu si économique.

Comme les vapeurs qui montent des vallées dans la peinture chinoise signalent la mutation permanente des énergies et des substances, comme les premiers paysages industriels des impressionnistes qui présentaient les effets physiques et optiques de la transformation de l’environnement par la machine, Huang Yong Ping matérialise, à l’intérieur de ce chef-d’œuvre de l’âge industriel qu’est le Grand Palais, la modification du monde, les métamorphoses des puissances politiques et économiques, l’ascension de nouvelles régions géographiques, le déclin d’anciens empires et l’apparition provisoire de nouveaux candidats à la puissance et les violences que ces ambitions provoquent.

Stratégies, tactiques, politique, art et art de la guerre, volonté de pouvoir et de richesse, ruines, naissance ou renaissance des sociétés : chacun des pays, des conglomérats, chacune des multinationales qui participent aux successions interminables de grandeur et de décadence cherchent à porter, ne serait-ce que quelques instants, un Empire.

Le squelette démesuré d’un serpent métallique pesant plus de 130 tonnes englobe cette architecture merchandisiaque, soutenue par endroits d’une grue gigantesque bien sûr. C’est lui qui, parce qu’il nous propose des angles et perspectives diversifiés, va nous permettre de tirer les bénéfices de cette fable en nous faisant nous y promener.

Que vient ajouter là le bicorne de près de 20m sur 5m de haut que Napoléon portait à la bataille d’Eylau ? À cette confrontation victorieuse qui fut si violente, si sanglante et si semblable à une défaite ? Que l’empereur en pleura et demanda qu’il fut représenté livide sur des tableaux faits pourtant à sa gloire...

Faut-il imaginer la catastrophe et la déflagration que causerait la tête de ce serpent monstrueux de 254 mètres en se glissant dans le bicorne d’un empire qui fut si bref et en perpétuel mouvement ?

Mais ce serpent ne serait-il pour nous, pour l’Occident, pour la Chine que menaces ? N’est-il pas aussi bénéfique, et ressources, et résilience ? Les réflexions aussi serpentent, maturent et se démultiplient. Formidable terrain de jeux et de songerie sur les géopolitiques entremêlées qui nous enserrent, et sur nos poids respectifs de participants et d’observateurs minuscules...

Lire et relire les quelques très fines et belles pages de Sapiens, une brève histoire de l’humanité sur les empires, si imposants et brutaux, mais si inclusifs, intégrateurs, et au final permissifs. Rien ne pourra rester éternellement sous un contrôle absolu. L’élastique et nous-mêmes bénéficierons bien de quelques moments de détente... En tous cas, souhaitons-le.

Le commissaire de l’exposition est Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo.

Dernières expositions de Huang Yong Ping :
2014. Les Mues, HAB Galerie/Hangar à bananes, Nantes.
2013. Huang Yong Ping, MAC, Musée d’art contemporain de Lyon, France.
2012. Bugarach, Kamel Mennour, Paris, France. Et Lille 3000, Fantastic, musée de l’Hospice Comtesse, Lille, France.

Monumenta 2016 Huang Yong Ping : Empires, du 8 mai au 18 juin 2016, au Grand Palais, Galeries nationales, entrée square Jean Perrin. Tlj de 10 à 20h (sauf le mardi). Nocturne les mercredi, vendredi et samedi jusqu’à 22h. Tarifs 14 ou 10€ (16-25 ans, demandeurs d’emploi, famille nombreuse). Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse. Métro Champs-Élysées-Clemenceau ou Franklin D.Roosevelt. Réservations www.grandpalais.fr

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Grand Palais.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Jean de Loisy, Rmn-GP

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