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DERNIERS JOURS de l’exposition Picasso mania au Grand Palais

vendredi 20 octobre 2017, par André Balbo

Du 7 octobre 2015 au 29 février 2016, exposition dans les galeries nationales du Grand Palais.

Si une salle mérite votre temps, c’est très certainement la première. 18 artistes et architectes contemporains, aux portraits animés, révèlent la perception intime, qu’ils ou elles ont ou ont eu chacun(e) de ce diable d’homme qu’était Picasso.

Selon Agnès Varda, par exemple, le titre de l’expo a été très mal choisi. Il ne s’agit en aucune façon d’une manie. Elle précise en revanche que toutes et tous étaient pour cet artiste en position d’"amourosité". Elle aurait préféré "Picasso Love". En fait Picasso.Mania aurait été choisi à partir de la réponse faite par Picasso à la question un peu nunuche d’un journaliste "... et vous pensez continuer à peindre longtemps comme ça ?" "Beh je fais ça tout le temps, depuis longtemps, sans arrêt, c’est une véritable manie..."

John Baldessari reconnait que Picasso a apporté une réelle impulsion à l’art contemporain. Miquel Barcelo ose des jeux dans ses créations, et les ressent souvent comme autant de clins-d’œil faits à l’intention du Maître. Pour Frank Gehry, il a apporté un sentiment de liberté dans l’art, de respect de l’intuition, et un encouragement à être soi-même, à ne pas suivre les autres. Nombreux témoignages bien éclairants !

L’exposition, co-réalisée par la Rmn-GP, le Centre Pompidou et le musée Picasso, se devait d’être monumentale. Chronologique et thématique, elle retrace les 3 grandes étapes artistiques de Picasso (1881-1973), le cubisme, les années 1930 et les œuvres tardives, les accueils qu’elles reçurent, et l’envahissement progressif, monstrueux et pérenne du mythe de ce créateur hors normes dans les paysages artistiques de son temps et jusqu’à nos jours.

Les 100 œuvres de Picasso exposées ont été prêtées par les musées Picasso, Pompidou, et par la famille de l’artiste. Elles sont parfois présentées "à la manière" des accrochages que l’artiste réalisait lui-même dans ses ateliers, et pour les expositions qu’il a lui-même supervisées (celle de la galerie Georges Petit à Paris en 1932, et celles du Palais des Papes à Avignon, en 1970 et 1973), quand il était son propre commissaire.

Cette disposition, dite à l’anglaise, rejoint en fait le type d’accrochage qui se faisait au XIXe et avant : les œuvres sont placées les unes près des autres en plusieurs rangées, indépendamment de la date de leur création voire de la technique employées.

Plus de 300 œuvres de quelque 75 autres artistes les accompagnent, et c’est du lourd : Warhol, Basquiat, Liechenstein, Érro, Adel Abdessemed, Johns, Koons... comme si la fatalité et l’obligation de ne présenter que des blockbusters planaient encore et toujours sur le Grand Palais, à qui récemment un grand quotidien du soir conseillait une prochaine expo sur Mickey, au motif que Disneyland attire encore davantage que... Picasso.

Jeff Koons. Antiquity (Uli), 2011. Huile / toile. Collection Martin et Toni Sosnoff

À ses 2 grandes œuvres emblématiques (Les Demoiselles d’Avignon, Guernica), absentes, bien sûr, mais fortement évoquées, et parmi les plus copiées de l’histoire de l’art, répondent des créations contemporaines, présentées dans des salles monographiques consacrées à Hockney, Johns, Lichtenstein, Kippenberger...), ou thématiques, regroupant des œuvres mêlant techniques et supports les plus variés (vidéo, peinture, sculpture, arts graphiques, film, photographie, installation). Ces salles permettent à l’ensemble de cette exposition de ne pas paraître anecdotique, car cet artiste en a évidemment inspiré bien d’avantages.

Roy Lichtenstein. Woman with Flowered Hat. Femme au chapeau fleuri

Les montages Polaroïd, les images vidéos multi-écrans de David Hockney font écho au cubisme de Picasso, à son exploration d’un espace poly-focal.

Au début des années 60, les artistes Pop (comme Lichtenstein, Errό et d’autres) revisitent des portraits des années 1930 par lesquels s’est fixée l’imagerie de l’image de la peinture de Picasso. Lichtenstein s’y attaquera trop tôt, maladroitement, submergé. Il y reviendra 30 ans plus tard, doté enfin de son propre style. Warhol s’appuya en 1985... sur le Picasso des années 1960.

Koons unit quant à lui sur une toile la beauté classique de la Grèce et de Rome à celle de l’Afrique... dont Picasso le grand cannibale avait boulotté goulument de grands caractères comme tant d’autres expressions et styles.

L’Ombre (1954), par exemple, est à l’origine de la série de quatre tableaux qu’entreprend Jasper Johns en 1985 (Les Quatre Saisons. Rassemblées, elles sont présentées dans l’exposition).

À deux reprises, en 1988 et en 1995, Martin Kippenberger interprète les portraits photographiques de Picasso, et de Jacqueline, réalisés par David Douglas Duncan.

Les variations, inspirées par Les Demoiselles d’Avignon et par Guernica, démontrent la place prise par ces peintures dans l’histoire de l’art moderne, et au-delà dans l’imaginaire collectif (elles ne figurent pas à proprement parler dans l’exposition, même si elles sont ici beaucoup citées).

Acte de naissance du modernisme pictural dont le premier acheteur fut le couturier Jacques Doucet, Les Demoiselles d’Avignon ont essaimé de variations (comme celles de Faith Reingold ou de Robert Colescott), qui commentent la dimension ethnocentrée, masculine, de cette modernité dont l’œuvre est devenue l’emblème.

D’une lecture historique de Guernica par un film de Emir Kusturica, à la révélation du rôle symbolique joué par sa transposition en tapisserie ornant les murs du conseil de sécurité des Nations Unies (Goshka Macuga, The Nature of the Beast, 2009), de l’utilisation du tableau de Picasso dans la lutte des artistes américains opposés à la guerre du Vietnam, aux manifestations de rue qui en brandissaient l’image, une salle montre comment Guernica s’est muée en symbole universel d’œuvre militant pour la paix.

L’ombre (La chambre à coucher de l’artiste dans sa villa La Californie), Vallauris, 29 décembre 1953, huile et gouache fusain sur toile, 129,5 x 96,5 cm. Musée Picasso.

A la faveur d’expositions qui les ont réinscrites au cœur de la création contemporaine (A New Spirit in Painting, Royal Academy of Arts, 1981), qui en ont éclairé le sens (Das Spätwerk. Themen : 1964-1972, Bâle, 1981 ; The Last Years, Guggenheim Museum, 1984), les œuvres des dernières années de Picasso sont redevenues sources d’inspiration.

Son éclectisme stylistique, son « cannibalisme » des maîtres anciens, la libre facture des peintures tardives ont inspiré la génération d’artistes révélée au début des années 1980 (Georg Baselitz, Jean-Michel Basquiat, George Condo, Julian Schnabel, ou Vincent Corpet).

Erró, Picasso Antibes (détail), 1982, 195,5 x 132 cm, peinture glycérophtalique sur toile, Musée Picasso Antibes © Adagp, Paris / CNAP / photo Yves Chenot

L’installation vidéo de Rineke Dijkstra, I see a Woman Crying (Weeping Woman, 2009-2010) illustre la présence de l’œuvre de Picasso dans l’imaginaire actuel, dans ses expressions les plus variées, du cinéma aux images numériques, de la vidéo à la bande dessinée.

On peut enfin constater que Picasso a su rester dans l’avant-garde... de très longues décennies. Qu’il n’était aucunement le prisonnier d’une seule idée, et que même sa période tardive, si elle exprima de la violence, n’était en rien un moment de peinture bâclée.

La préparation de cette exposition a nécessité 3 années. Le commissaire général est Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d’Art moderne - Centre Pompidou ; les commissaires Diana Widmaier-Picasso, historienne de l’art, et Émilie Bouvard, conservatrice au Musée national Picasso-Paris.

Picasso.mania, du 7 octobre 2015 au 29 février 2016, au Grand Palais, Galeries nationales, entrée square Jean Perrin. Tlj de 10 à 20h (sauf le mardi). Nocturne les mercredi, vendredi et samedi jusqu’à 22h. Fermeture anticipée à 19h du 7 au 9 octobre et du 12 au 16 octobre 2015. Horaires des vacances de la Toussaint et de Noël : tlj de 9 à 23h. Tarifs 14 ou 10€ (16-25 ans, demandeurs d’emploi, famille nombreuse). Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse.
Métro Champs-Élysées-Clemenceau ou Franklin D.Roosevelt. Réservations www.grandpalais.fr
Fermeture anticipée à 19h les 7, 8, 9, 12, 14, 15, et 16 octobre.
Fermeture anticipée à 18h les 3, 24 et 31 décembre.
Fermeture le 25 décembre.
Pendant les vacances scolaires : du 17 au 31 octobre, du 19 décembre au 2 janvier, et du 20 au 29 février, tous les jours y compris le mardi de 9 à 22h.
Dimanches 1er novembre et 3 janvier de 9 à 20h.

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Grand Palais.

Voir aussi au Grand Palais l’exposition Élisabeth Vigée Le Brun.

Lire aussi l’article de Philippe Dagen sur cette exposition dans le Monde daté du 8/10/15 : Picasso à tort et à travers.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Rmn - GP

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