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Exposition du photographe malien Seydou Keïta

Dernière mise à jour : mercredi 13 décembre 2017, par André Balbo

Du 31 mars au 24 juillet 2016 au Grand Palais, Galerie Sud-Est.

Portrait de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Seydou Keïta (1921-2001) naquit à Bamako, au Mali, mais à l’époque capitale du Soudan français. Ses ancêtres sont issus du clan de Soundyata Keïta, fondateur de l’empire du Mali au XIIIe siècle.

Sans avoir fréquenté l’école, il devient, dès 7 ans, apprenti menuisier auprès de son père et de son oncle, qui lui offre en 1935 son premier appareil photo, un petit Kodak Brownie rapporté d’un séjour au Sénégal.

En 1939, à 18 ans, Seydou Keïta gagne déjà sa vie en tant que photographe autodidacte, tout en continuant la menuiserie. Vers 1945, il acquiert un appareil à chambre pliable, et se perfectionne auprès du photographe Mountaga Dembélé, qui est aussi instituteur.

Il ouvrira en 1948 son propre studio sur la parcelle familiale, dans un quartier très animé de Bamako, non loin de la gare (Bamako-Coura). La même année, il célèbre le premier de ses 6 mariages (qui lui donneront 21 enfants). Son premier public est essentiellement composé d’une jeunesse en recherche d’émancipation. Ainsi ces 3 jeunes gens décontractés qui posent en tenues occidentales aux chemises aux cols ouverts...

N’oublions pas le frein à l’image que pose l’islam. Que se passera-t-il quand les personnes auront disparu ?

Keïta se spécialise dans le portrait de commande, individuel ou de groupe, qu’il réalise essentiellement à la chambre 13x18, et en noir et blanc, avec une préférence marquée pour la lumière naturelle. Assez rapidement, le Tout Bamako se fait portraiturer par Seydou.

Seydou Keïta Sans Titre, 1958 Tirage argentique noir et blanc 127 x 180 cm Keïta / SKPEAC, Courtesy Collection Jean Pigozzi, Genève

La plupart des tirages d’époque, dits "vintage", sont des tirages contact, au format du négatif, que Keïta réalise lui-même. Le papier est cher et difficile à trouver, mais il lui arrive de temps en temps, à la demande de clients fortunés, de réaliser des tirages en 30x40.

Plus exceptionnellement, les accessoires, notamment les bijoux, ont été colorisés par l’encadreur (essentiellement autour des années 1950).

Seydou Keïta aime tout simplement la photographie et veut donner à ses clients la plus belle image possible.

D’un grand sens esthétique, il positionne la plupart du temps ses sujets, en buste légèrement de trois quart ou en pieds, étudie soigneusement le placement des mains et des bras, et utilise des fonds en tissu, à motifs décoratifs, qu’il change successivement au bout de quelques années, tout en les réutilisant parfois. C’est grâce à ces fonds qu’il parvenait à peu près dater ses clichés.

Avec les premiers bénéfices de son activité, il acquiert des vêtements, "chics", à la mode occidentale, des accessoires, petit mobilier, poste de radio, montres, ceintures, stylos, bijoux, fume-cigarette, mais aussi une voiture et un scooter qui sont gracieusement mis à la disposition de ses clients qui ont ainsi le loisir de composer leur représentation.

Les femmes, bien sûr, viennent en grandes robes, qui couvrent leur poitrine et leurs jambes, les tenues occidentales n’étant que peu portées avant les années 1960.

Pour des raisons souvent économiques, ce grand photographe n’effectuait en général qu’une seule prise de vue par portrait.

La notoriété de Seydou Keïta a été rapide à Bamako, au Mali, puis dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest. La valorisation de ses sujets, la maîtrise du cadrage et de la lumière, la modernité et l’inventivité de ses mises en scène lui ont valu un immense succès.

Le 22 septembre 1960, la République soudanaise proclame son indépendance. Modibo Keïta devient le premier président de la république du Mali, et instaure un régime socialiste. En 1962, à la demande des autorités, Keïta ferme son studio et devient photographe officiel du gouvernement, jusqu’à sa retraite en 1977.

Son œuvre, qui porte sur une période relativement courte, offre un témoignage sans égal des changements de la société urbaine malienne, qui s’émancipe des traditions, aspire à une certaine modernité, tandis que la décolonisation est à l’œuvre, et que l’indépendance approche.

Seydou Keïta est aujourd’hui considéré comme l’un des grands photographes de la seconde moitié du XXe siècle, à l’égal des portraitistes les plus célèbres, d’un Richard Avedon ou d’un August Sander.

Untitled (détail), 120 x 180 cm, Contemporary African Art Collection, Tortola © Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève

Découvert en Occident au début des années 1990, il a été célébré depuis dans le monde entier et ses photographies exposées dans de nombreux musées.

Il a exposé, grâce à la photographe française Françoise Huguier, aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles en 1994, à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain à Paris la même année, aux premières Rencontres de la photographie africaine à Bamako.

Il expose également au musée Solomon R. Guggenheim à New York en 1996, et dans la même ville, en 1997 à la galerie Gagosian.

Un prix "Seydou Keïta" est décerné lors des Rencontres africaines de la photographie à Bamako.

Il meurt à Paris en 2001.

Seydou Keïta au Grand Palais

"La technique de la photo est simple, mais ce qui faisait la différence, c’est que je savais trouver la bonne position, je ne me trompais jamais. Le visage à peine tourné, le regard vraiment important, l’emplacement des mains... J’étais capable d’embellir quelqu’un. À la fin, la photo était très belle. C’est à cause de ça que je dis que c’est de l’Art." Seydou Keïta, Bamako, 1995/1996 © André Magnin.

Cette exposition au Grand Palais est la première rétrospective d’ampleur sur le travail de Seydou Keïta, considéré aujourd’hui comme le père de la photographie africaine, et l’un des grands photographes de la fin du XXe siècle, par sa maîtrise de la lumière, par ses cadrages, et ses mises en scène inventives.

L’intérêt de l’exposition réside en grande partie dans les deux films qui montrent sur le parcours le photographe en prise avec sa propre histoire, qu’il juge avec la bonhomie et la placidité de son grand âge (Seydou Keïta, Bamako-Paris, de André Magnin), ou dans le soin des préparatifs dont il accable ses modèles si dociles à se laisser "mettre en pose" par le maître chamane photographe (Seydou Keïta, Photographe, 1998, de Brigitte Cornand).

Elle réunit un ensemble exceptionnel de près de 238 photographies de Seydou Keïta, comprenant 136 tirages noir & blanc modernes (argentiques), des formats 50x60 et 120x180, signés par Keïta, ainsi que 102 tirages d’époque uniques.

Images extraites du film Seydou Keïta, Photographe, 1998, réalisatrice Brigitte Cornand. Production Les Films du Siamois (Extraits)

Il faut noter que ces tirages, réunis pour la première fois dans le cadre d’une exposition, ont été réalisés pour la plupart par Keïta lui-même dans son studio par contact, à l’aide d’un châssis-presse, sans recourir à un agrandisseur.

Keïta s’était perfectionné à la technique du tirage auprès de Mountaga Dembélé, ancien engagé de l’armée coloniale, instituteur et photographe, qui avait ouvert un studio à Bamako en 1945.

Dembélé avait lui-même été initié à Paris par le professeur Houppé, inventeur du célèbre agrandisseur Imperator, et auteur de l’ouvrage Les Secrets de la photographie dévoilés.

Keïta exposait aux murs de son studio des modèles de portraits de femmes, hommes, enfants, en buste, debout, assis ou allongés et aidait ses clients à choisir une pose ou plus souvent se montrait directif et précis.

Sans titre, 1949-1951. Tirage argentique d’époque. Collection privée, Paris.

Bien que Keïta ait conservé et classé ses négatifs, il n’avait pas gardé de tirages d’époque dans son studio après la fermeture. Ils ont été retrouvés pour la plupart, abandonnés ou oubliés par des clients dans l’atelier de son encadreur, qui colorisait aussi, à la demande, les ongles, bijoux et coiffes sur certains portraits féminins.

Seydou Keïta, du 31 mars au 24 juillet 2016, au Grand Palais, Galerie Sud-Est, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris. Métro Franklin-D.-Roosevelt, ou Champs-Elysées-Clemenceau. Dimanche et lundi de 10 à 20h. Mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 10 à 22h. Mardi : visites groupées et privatisations possibles sur inscriptions. 13 ou 9€. Gratuité selon conditions habituelles du Grand Palais. Prévente sur www.grandpalais.fr. Visites guidées prévues pour les individuels et les groupes (informations disponibles et réservations sur le site du Grand Palais : www.grandpalais.fr)

Lire aussi : Toutes les expositions 2016 au Grand Palais.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Grand Palais, Wikipédia

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