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Exposition sur les îles Marquises au Quai Branly

Dernière mise à jour : mercredi 15 juin 2016, par Expositions

Du 12 avril au 24 juillet 2016, au musée du quai Branly, l’exposition Mata Hoata. Arts et société aux îles Marquises.

Écrivains, peintres, musiciens… de Gauguin à Jacques Brel, de Stevenson à Melville, les îles Marquises ont fasciné les plus grands artistes. L’exposition rend hommage à ce territoire, à ses habitants et aux découvreurs-fascinés déjà mentionnés, à travers 300 pièces et œuvres qui témoignent de la force d’une culture traversant les époques et domptant l’histoire.

Paul Gauguin. et l’or de leur corps. Atuono, Hiva Oa, îles Marquises, 1901, huile sur toile, musée d’Orsay.

Ces artistes occidentaux, qui s’aventurèrent dès le XIXe siècle dans cet ailleurs si lointain, avaient été séduits par la culture traditionnelle de l’archipel polynésien. Une esthétique sophistiquée et complexe caractérisait alors les arts des îles Marquises, marqués par la prégnance de la figure humaine (mata en langue marquisienne), et en particulier par les très grands yeux qui ornent les sculptures et les tatouages.

Si la culture traditionnelle a subi les assauts de l’histoire au contact des Occidentaux à la fin du XIXe siècle, elle est parvenue à en conserver ses principaux codes, jouant d’ingéniosité pour y intégrer et adapter le regard de l’extérieur.

Le profond métissage qui en a résulté, particulièrement visible dans l’artisanat commercial fécond à cette période, a permis aux arts marquisiens de survivre. Un tour de force qui a autorisé le maintien de la culture traditionnelle mais aussi le renouveau actuel des festivals de danse, des arts traditionnels et la résurgence du tatouage.

Mata Hoata, ou Matahoata, est un motif de tatouage et un mot puissant qui évoque un œil ou un "regard éclairé". L’exposition présente la richesse de la Terre des Hommes, Te Henua Enana ou Te Fenoua Enata, "les îles Marquises" dans les deux langues de l’archipel.

Les objets, présentés dans leur contexte historique, montrent la continuité esthétique de l’art marquisien, du XVIIIe à nos jours.

Trompe. Première moitié du XIXe siècle. Conque, os humain, cheveux, gomme, fibre de bourre de coco tressées.

Jadis créés pour l’usage quotidien, pour vénérer les dieux et symboliser le prestige social, puis façonnés pour une économie naissante, ils soulignent la vitalité de cette civilisation, comme d’ailleurs en témoignent aussi l’importance des arts du tatouage et des festivals.

Dans la société marquisienne, la généalogie décidait de la place qu’occuperait l’individu dans la société, sa position avec les ancêtres divinisés (les étua), et avec le grand chef (le hakaiki).

Mata désigne à la fois le visage, les yeux... et la généalogie. Lors des événements protocolaires, deux femmes âgées scandaient alternativement les noms des hommes et des femmes de chaque génération. Les différentes significations que peut recouvrir le mot Mata aide à mieux comprendre l’omniprésence des visages et des yeux dans l’art de ses îles.

La place centrale y est accordée au corps humain. Les Marquisiens sculptent des tiki, statues anthropomorphes en pierre, bois, os humain ou ivoire, en général de mammifères marins.

Le corps devient sujet mais aussi support (tatouage) ou matériau (os et cheveux pour des ornements de personnages de haut rang).

En général, le tiki, dont la taille varie de 3cm à 3m de haut, est de face, a un corps trapu, des jambes fléchies, les bras sont près du corps, avec les mains posées sur un ventre rebondi, de part et d’autre du nombril. La tête, partie la plus sacrée (tapu), atteint entre un tiers et la moitié de l’ensemble. Les sourcils sont arqués, le contour des grands yeux souvent en relief, nez épaté, large bouche entr’ouverte laissant voir l’extrémité de la langue.

À la fin du XVIIIe siècle, 80 000 à 100 000 personnes vivaient aux Marquises en petits groupes constitués de famille étendue. La société se divisait en deux principales classes, ceux descendant des dieux (les tapus)... et les autres. Les femmes de haut rang avaient souvent un pouvoir économique et politique considérable, comme leur époux secondaire, le pékio, qui avait une position importante dans la maisonnée. Certaines femmes de très grand pouvoir ont pu avoir des dizaines de maris secondaires... jusqu’à 40 !

Ornements des îles Marquises (XIXe siècle). Os humain, cheveux, fibres de bourre de coco tressées. Ancienne collection de Louis-Joseph Bouge. Et os humain, fibres de bourre de coco tressées, dent de cachalot. Ancienne collection Mestdagh. Ces deux objets appartiennent aujourd’hui à la collection Daniel Blau, Munich, Allemagne.

La pêche en mer, sur des embarcations à balanciers, fournissait d’importantes ressources alimentaires pour la vie quotidienne comme pour les fêtes : thon, raie, bonite, requin, pieuvre, tortue, langouste, crabe. Le fruit de l’arbre à pain donnait à la fois une nourriture et une boisson, après fermentation. Des poulets, du porc, et de temps à autre, mais uniquement pour les chefs et les prêtres, un poil de cannibalisme, lors de rites spécifiques.

Leurs dieux et leurs ancêtres divinisés semblaient apprécier les sacrifices, y compris humains, mais avaient la reconnaissance efficace, accordant succès guerriers et bonnes récoltes.

Wilhelm Gottlieb Tilesius von Tilenau. Homme tatoué de Nuku Hiva. 1804. Il s’agit peut-être d’un Marquisien appelé Mufau par Krusenstern, qu’il considérait comme "le plus bel homme qui ait jamais existé".

La commissaire de l’exposition est Carol Ivory, professeur à la Washington State University, et spécialiste des îles Marquises. La conseillère scientifique est Véronique Mu-Liepmann, conservateur au musée de Tahiti et des îles de 1982 à 2011.

Mata Hoata. Arts et société aux îles Marquises, du 12 avril au 24 juillet 2016, au musée du Quai Branly 75007 Paris. 01 56 61 70 00, et www.quaibranly.fr. Ouvert les mardi, mercredi et dimanche de 11 à 19h, les jeudi, vendredi et samedi de 11 à 21h. Fermé le lundi. Métro Alma-Marceau, Iéna, École militaire.

Lire aussi l’article Toutes les expositions 2016 au musée du Quai Branly


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, et au musée Galliera.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de l’exposition Mata Hoata. Arts et société aux îles Marquises fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée du quai Branly