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Homophobie : comment éviter les agressions et violences à Paris ?

Dernière mise à jour : mardi 23 avril 2013, par Benoît

Mercredi 10 avril 2013, environ 5.000 manifestants se sont retrouvés sur le parvis de l’Hôtel de Ville, sous la pluie, pour protester contre l’homophobie. Un "rassemblement d’urgence" faisant suite à une photo de Wilfred, agressé le week-end dernier, ayant fait le tour du Web. Ce "visage de l’homophobie" a rendu concret une tendance récente mais invérifiable : l’augmentation des actes homophobes. Les conseils des associations pour éviter les agressions et la marche à suivre en cas de problème.

ARTICLE ÉVOLUTIF ET COLLABORATIF : Nous ajoutons informations et conseils sur cette page dès que de nouveaux éléments nous parviennent. N’hésitez pas à échanger entre vous conseils et témoignages dans les commentaires.

LES FAITS

De nombreuses agressions homophobes ont été recensées ces derniers mois dans la capitale, sans qu’il soit pour l’heure possible de les quantifier. Lundi 8 avril 2013, ces agressions sont devenues plus concrètes grâce à une photo ayant fait le tour du Web : celle de Wilfred, agressé dans la nuit de samedi 6 à dimanche 7 à Paris dans le 19e, près du métro Ourcq, avec son compagnon Olivier. Il a publié l’image de son visage tuméfié dès le dimanche sur Facebook et les médias s’en sont emparés le lundi. "Après les dégradations perpétrées à l’espace des Blancs Manteaux à l’occasion de la 14e édition du Printemps des associations LGBT, cette agression signe une montée inquiétante de la violence contre les homosexuels", a réagi le maire de Paris Bertrand Delanoë, confirmant une tendance difficilement chiffrable. Selon les rares données disponibles, en France, le département le plus fortement concerné par ces violences serait le 75, Paris.

Contacté le 11 avril par Évous, Michaël Bucheron, président de l’association des policiers et gendarmes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) Flag !, n’est pas en mesure de livrer des chiffres, mais il a demandé au ministère de l’Intérieur de dévoiler les statistiques des violences homophobes. Et il confirme la tendance : "De nombreux témoignages concordent dans le sens d’une augmentation des agressions. Surtout, on constate sur le Web ou dans les médias une libération de la parole homophobe. Les gens se lâchent totalement. Or les pouvoirs publics n’interviennent pas pour stopper cette tendance. C’est dangereux !"

La réaction de la préfecture de police de Paris ? Contacté par Évous, le service presse de l’institution n’a pas répondu à nos questions. Mais lundi 22 avril, le préfet de police Bernard Boucault est intervenu en Conseil de Paris. Il a notamment assuré que dans les "quartiers les plus concernés" de la capitale, la présence de forces de police a été renforcée. Par ailleurs, des contacts auraient été pris par la préfecture avec les responsables d’établissements fréquentés par des homosexuels.

LES CONSEILS

La parole à Michaël Bouvard, de SOS homophobie, répondant à Évous le jeudi 11 avril : "Sur les lieux de drague, il ne faut pas rester seul ou isolé. Quand nous menons des actions de prévention dans ces lieux, nous distribuons des sifflets. Si vous êtes embêté, vous sifflez pour donner l’alerte. Mais pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation, il faut essayer de toujours rester avec quelqu’un en vue, surtout dans les bois. Quand l’on sort de boîte de nuit et que l’on se fait draguer, il faut s’armer de prudence. Ne pas parler à des inconnus ! Nous avons eu des témoignages de personnes qui se sont faites draguées, qui ont suivi le dragueur chez lui puis qui sont retrouvées violentées. Quant aux lieux à éviter, cela change trop pour que l’on puisse en cibler." Le Marais, par exemple, ne peut être considéré comme un quartier plus sûr que les autres.

Michaël Bucheron, président de Flag ! et policier à Paris valide : "Ces conseils sont bons même si la réalité est parfois plus complexe. Donner l’alerte avec un sifflet permet d’alerter mais les passants ne vont pas forcément intervenir. Ils peuvent au moins appeler la police, donc c’est positif… et cela a un effet dissuasif." Michaël Bucheron conseille par ailleurs, si jamais vous vous rendez chez un ou une inconnu(e) rencontré(e) en soirée, de donner l’adresse ou les coordonnées de la personne en question à des amis. Dernier conseil : "Après une manifestation ou après la Gay Pride, il faut être vigilant en se baladant dans la rue et éviter les petites ruelles."

LES CONTACTS

A qui s’adresser en cas de violence ? Tous les interlocuteurs qu’Evous a contacté (Flag !, Inter-LGBT, Le Refuge…) pointent vers une association incontournable : SOS homophobie. L’association propose un chat’écoute sur le Web et une ligne d’écoute (01.48.06.42.41) jusqu’à minuit chaque premier lundi du mois, du lundi au vendredi de 18h à 22h, le samedi de 14h à 16h et le dimanche de 18h à 20h. Autres contacts : le Réseau d’assistance aux victimes d’agressions et de discrimination (Ravad), évidemment le commissariat le plus proche pour porter plainte, et une unité médico-psychologique. Des consultations d’aide aux victimes de psychotraumatisme et de maltraitance sont dispensées aux CHU de l’Hôtel-Dieu, Saint-Antoine, Cochin, Necker, Bichat et Tenon. Quant à la plainte, Michaël Bouvard, de SOS homophobie, insiste sur l’importance de préciser les circonstances de l’agression, même si certaines victimes ont peur de livrer des détails : "Le fait qu’il s’agisse de violence homophobe est un facteur aggravant !"

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