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Ils ont bétonné la tombe de Turgot !

Turgot, baron de l’Aulne, né le 10 mai 1727 et mort à Paris le 18 mars 1781, tenta de mettre en place sous le régime monarchique une politique de la raison et le libéralisme économique. Il commença également d’établir une liberté du commerce et de l’industrie.

Un lycée parisien du Marais, en fort progrès, porte son nom.

Cet homme de confiance de Louis XVI repose dans la chapelle Laennec dans le VIIe, fondée en 1634 lors de la création d’un hospice destiné aux incurables. Le 1er mars 2011, sa descendante, Ysabel de Naurois-Turgot, a constaté dans cet édifice, fermé au public depuis 2002, de "scandaleuses et multiples dégradations". La tombe de son ancêtre est de plus "recouverte par une chape fraîchement coulée. J’appelle cela, dit-elle, du vandalisme patrimonial".

La Cogedim agit sur le site de l’ancien hôpital comme maître d’ouvrage pour le compte d’Allianz, et doit y construire un projet urbanistique de 191 logements et 17 000m2 de bureaux.

Un collectif mêlant riverains et descendants rappelle un article de loi selon lequel "les édifices religieux intégrés à des lieux clos tels que les hôpitaux (...) disposent d’un traitement juridique particulier qui fait que, quel qu’en soit le propriétaire, l’affectation des lieux reste, de façon inaliénable, le culte catholique".

Or l’édifice en question n’a jamais été concerné par un ordre de désacralisation.

Rachida Dati, maire du VIIe, organise le 15 mars une médiation de la dernière chance entre le collectif Laennec-Turgot et les descendants d’une part, et d’autre part Cogedim-Allianz, qui risque fort de ne pas aboutir.

Le prix de vente de l’édifice a été ridicule : 15 000 euros ! Qu’en dira le ministère de la Culture ?

Il est à craindre que cette affaire ne fasse quelque bruit et ne finisse par échouer au tribunal.

Et d’où viendrait donc cette réputation qui ferait en général des "bétonneurs" des ennemis de la culture et du respect dû au patrimoine ?

Heureusement, là encore, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, aura son mot à dire...

André Balbo

sources : Libération, Ysabel de Naurois-Turgot

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