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Jardiner en novembre : calendrier des Jardins, balcons et terrasses

Dernière mise à jour : mercredi 31 octobre 2018, par André Balbo, Flavien

Conseils, techniques de jardinage, agenda des plantations, évènements autour du jardin, ... Que vous soyez en appartement avec un simple balcon, que vous ayez un peu plus d’espace avec un terrasse ou en maison avec un jardin, ce calendrier est là pour vous aider à apporter couleur et bonheur à vos extérieurs !

Novembre 2019

Que nous réservera novembre pour nos jardins, nos balcons, terrasses et bords de fenêtres ? Quelles précautions sera-t-il sage d’appliquer pour traverser l’hiver sans dommage ? Quels initiatives, quels engagements, pris dans ces temps, et quelles actions nous seront bientôt les plus profitables ?

Sachez, par exemple, que l’époque est particulièrement propice aux plantations d’arbustes, ou d’arbres, pour ceux disposant de davantage de place.

De plus en plus, on remarque que les jardins se peuplent d’arbustes forestiers. Je ne juge pas. Je constate. Ainsi voyons-nous fréquemment se dresser sur les balcons : petits noisetiers malingres, érables, parfois même du Japon, et châtaigniers tout tordus, quand ce ne sont pas des noyers, ou des oliviers souffreteux ! Cela n’est pas raisonnable, car il faudra les tailler souvent, et leur système radiculaire deviendra rapidement excédentaire. Et sans oublier pour les gourmands les arbres fruitiers sur tiges (groseilliers, cassissiers) ou les variétés naines (pêchers, nectariniers, pommiers, poiriers).

Sinon orientez-vous vers des végétaux à croissance lente, qui apporteront les plaisirs du végétal, sans que vous n’en ayez tous les inconvénients : les abélias (c’est persistant, ça fleurit, et ça sent bon), les Choisya ternata (c’est l’oranger du Mexique au feuillage persistant, vert ou jaune, découpé ou non, qui fleurit en mai-juin, souvent en plus en août-septembre, et qui sent bon la fleur d’oranger).

Très serrés, les arbustes élevés sur tige au développement plus raisonnable, comme forsythia, hibiscus, ou un petit arbre que nous adorons, Marc Gueguen et moi-même, le Prunus incisa "kojo no mai", un cerisier à fleurs qui ne dépassera pas, adulte, 1,50m. Sa tige tortueuse est rouge pourpre, son feuillage caduque vert foncé, devenant rouge écarlate à l’automne, et dont la floraison blanc rosé en clochettes pendantes arrive en mars-avril, avant le feuillage.

Soyez aimables de ne pas imposer nos fraîcheurs à certaines espèces méditerranéennes… voire tropicales. Nos conditions climatiques les gêneraient, ou vous condamneraient à leur accorder pour l’hiver l’asile politique. A priori, le principe du chacun chez soi est conseillé. Mais comme disait le Président Mao Zedong, s’il faut être ferme sur les principes… il faut savoir rester souple dans leurs applications. Sachez que les plantes ne sont pas aussi sensibles au froid qu’on le pense, mais elles s’agacent volontiers de l’association d’un refroidissement soudain et d’une humidité excessive maintenue au niveau des racines.

Avant de planter un arbre à racines nues, enlevez-lui celles qui sont abîmées, tout en lui laissant les plus fines. Elles l’aideront à s’acclimater. Ôtez les branches qui ne vous plaisent pas, qu’elles soient fatiguées ou… mal placées, et également toutes celles qui vous paraissent démesurément longues afin d’équilibrer la ramure. Enrichissez votre terre tamisée de fumier décomposé, et arrosez, même si le temps est à la pluie.

Poiriers, pommiers, abricotiers, pêchers, privilégiez les essences avec qui vous vous sentez en sympathie. On a tous nos têtes et nos favoris. Sachez vous écouter, et prenez plutôt les arbustes et arbres qui vous apporteront un plaisir esthétique particulier… ou quelques fruits, toujours amusants et agréables à voir croître, mûrir… et à déguster en famille ou avec des amis.

Adaptez la forme du fruitier à l’emplacement qui lui est réservé : une « palmette » (palissée à plat), qui viendra combler un renfoncement, ou des « cordons », de préférence de 40cm de haut pour des bordures ou séparations gourmandes. L’idéal.

Déterminez, dès leur plantation, ceux qui nécessiteront une protection particulière contre le froid, et, prévoyants, achetez en conséquence les dimensions de voiles d’hivernage nécessaires (renseignez-vous sur le pop up !). Les protections peuvent englober les bacs, et pour cela préférez le plastic à bulles, super isolant. Voyez large sur les dimensions. N’oubliez pas de surélever les pots avec de petites cales afin de faciliter l’évacuation des eaux excédentaires.

Novembre est aussi le moment de planter de nouveaux rosiers, rosiers pleureurs ou rosiers élevés sur tiges, dont vous pouvez préventivement entourer la tige d’un manchon protecteur, et pour les rosiers arbustifs butter le pied avec de la terre fine.

Nettoyez, binez, encore et encore, enlevez feuilles mortes, fleurs qui n’aboutiront pas et autres branchages périmés (important pour les hibiscus, les rosiers, les fuchsias et les althaeas). Profitez-en pour redonner à certaines plantes, arbustes et arbres… une allure plus en harmonie avec votre sens du beau. Équilibrez et, pour les plus imposantes, en taillant en corbeille, permettez à la lumière d’atteindre l’ensemble de la plante.

Que ceux qui ont récolté quelque fruits ou légumes et les ont mis en réserve vérifient régulièrement leur état… et n’hésitent pas à en consommer régulièrement. N’en laissez pas périr. Ne les oubliez pas, ce serait si dommage ! À vous les compotes « maison » et créatives.

Avec la saison des risques de gelées matinales, vos arrosages, qui deviennent de toute façon moins fréquents, sont impérativement faits en matinées. C’est important de s’y tenir.

Au cours de ce mois, sauf météo exceptionnelle, il faudra protéger, et rentrer les géraniums et autres plantes trop sensibles au froid. Mais attention ! Évitez de les placer trop proches d’une source de chaleur (lampe, radiateurs, télévision ou autres)… et ne chauffez pas trop votre intérieur. Qu’ils ne soient pas non plus collés aux vitres ! Pour les accueillir, les pièces fraîches sont à privilégier. Et les courants d’air à éviter. Et sachez que, regroupées, vos plantes s’ennuieront moins. Ne souriez pas !

Protégez aussi la terre en la paillant, ou en épandant du fumier décomposé, et laisser les vers de terre agir (et oui, ils sont chez eux aussi sur les balcons et les terrasses !).

Avec l’horaire d’hiver, pensez que les plantes, comme vous, apprécient la lumière. N’hésitez pas à les éclairer davantage. Vous ne serez pas ridicules. En plus, personne ne regarde. Et souvenez-vous de l’importante loi sur la distance à la fenêtre dont nous vous parlions en octobre…

Un plaisir d’hiver. Placez dans vos arbustes aux premiers froids quelques boules de nourriture et de graisse suspendues. Ainsi, les pigeons ne les atteindront pas, et vous aurez le plaisir de recevoir des visites de petits oiseaux colorés, dont les mésanges, voire de perruches sauvages, qui commencent à pulluler en région parisienne. Ces oiseaux se chargeront, sans que vous ayez à leur demander, de nettoyer votre jardin à leur manière, parfois brouillonne mais toujours efficace.

Avez-vous pensé à planter de l’ail ? Vous êtes-vous préoccupé des plantes printanières à bulbes, comme nous vous le conseillions en octobre ? Pour profiter au mieux de leurs fleurs aux premiers beaux jours (crocus, narcisses, jacinthes et tulipes).

=> Le mot du mois de novembre

Aphylle. Qui est dépourvu de feuilles.
Baccifère. Loin d’imaginer un seul instant la toxicité des baisers italiens, ce terme désigne une plante porteuse de baies.

=> Les proverbes du mois de novembre

Brouillard en novembre, l’hiver sera tendre.
Quand en novembre il a tonné, l’hiver est avorté.


Planter au long de l’année : Janvier - Février - Mars - Avril - Mai - Juin - Juillet - Août - Septembre - Octobre - Novembre - Décembre / Pour les citadins


Décembre 2018

Taillez vos petits fruitiers, pommiers, poiriers, vignes, vos lianes, glycines et vos rosiers, mais sans exagération, juste pour les rendre plus présentables et soignés. Adaptez leurs formes aux lieux qui les accueillent.

Sachez que quand on dit « ils sont rhabillés pour l’hiver ! » ce n’est pas forcément qu’ils ont subi quelques réflexions désagréables. Rapprochez de vos plantes de balcons et terrasses des voiles de protection, paillez la terre, et rapprochez les végétaux de la chaleur toute relative de l’extérieur des fenêtres et des murs qui diffusent mine de rien un peu de la chaleur des intérieurs. Ne laissez pas de plantes exposées au vent (et surtout pas les camélias !).

C’est aussi un moment où l’on peut faire des apports de matières organiques, en les tenant prudemment éloignés des pieds des plantes. Compte tenu de la faiblesse des arrosages, l’enrichissement se fera plus progressivement, ce qui tombe bien puisque les végétaux ont moins d’efforts à soutenir, et que ces composts ou autres protégeront aussi d’autant la terre.

D’ailleurs à ce sujet pour protéger les pieds de toutes sortes de choses, buttez, buttez, buttez. Le principe est applicable à certains légumes comme choux et poireaux, mais aussi de manière plus générale, un apport de terre complémentaire sera bien accueilli par vos plantations aux approches des premiers frimas, d’autant que balcons et terrasses sont particulièrement exposés.


L’arrosage devient sujet à précaution. Feuilles et fleurs vous feront clairement connaître leurs besoins. N’allez pas au-devant de leurs désirs. Ne les poussez pas à boire ? Apprenez leur même progressivement et sans violence l’abstinence. Le risque de gelée est maintenant bien réel, et la sève est franchement descendante. Arrosages restreints au minimum, et en milieu de journée, particulièrement pour les végétaux à feuillages persistants, bambous, buis et compagnie... ou bientôt en fleurs, camélias, bruyères, hellébores (les célèbres roses de Noël, devenues de vraies stars).

Souvenez-vous qu’à la Sainte Catherine (26/11), qui n’est pas si loin dans le calendrier, « tout prend racines »… Choisissez bien et plantez, plantez, plantez. Vos seules retenues seront les gelées trop fortes ou trop fréquentes. Que ne craignent pas trop par exemples les pensées et les primevères, qui sauront vous aider à attendre le printemps, et vous signaleront ses premiers signes, et pourquoi pas, pour les retardataires, et je sais qu’il y en a, ajouter encore quelques narcisses et/ou tulipes encore disponibles dans les jardineries.

Protégez radicalement certaines de vos plantes en leur ménageant si vous le pouvez une petite place chez vous ou dans une pièce plutôt lumineuse mais surtout fraîche (10 à 12°C), une véranda, un jardin d’hiver, un garage éclairé ou un cellier. Elles apprécieront d’autant de retrouver au printemps l’air libre et vivifiant et se seront économisées en attendant : fuchsias, et géraniums simples ou doubles. Attention. Les pièces à 18-20°C leur sont proscrites !

N’oubliez pas l’approche des fêtes de Noël, et du Jour de l’An. Vos plantations feront d’excellents supports, pour le plaisir des enfants et petits-enfants, à toutes sortes de guirlandes lumineuses ou pas, couronnes, personnages, clochettes tintinnabulantes. Et croyez-moi, les voisins apprécieront aussi. Et alors si c’est pour vous l’occasion d’ajouter à vos arbustes un joli sapin planté, après avoir peut-être abrité quelques cadeaux à ces occasions, il vous tiendra compagnie un certain temps.


Dans la maison, les poinsettias rappelleront les Noëls colorés sous les Tropiques, très gais avec leurs rouges et leurs verts, et même aujourd’hui leurs jaunes et leurs oranges (nous sommes bien d’accord, nous parlons de couleurs…).

Et si un jour prochain la neige recouvrait vos balcons et terrasses, ce serait excellent en manteau sur la terre elle-même, mais secouez-la des branches de vos conifères pour ne pas risquer de craquer les rameaux les plus fragiles. En revanche, laissez-la sur les branches des arbustes et des arbres qui n’ont plus de feuilles. La neige les protégera en maintenant sous elle une température de 2 à 3 degrés sous zéro. Ainsi en va-t-il aussi des plantes alpines qui poussent à 1 500m d’altitude et que l’on voit de plus en plus sur les balcons parisiens. Elles ne résisteraient pas à des températures très négatives sans la protection d’un manteau neigeux.

Et puis c’est aussi la saison où l’on rentre les pots non habités, pour les frotter, gratter, laver et ranger en attendant les prochains arrivages du printemps.

Et n’oubliez pas pour les plantes que vous aurez rentrées pour les prémunir du froid… de les prémunir du chaud et de la sècheresse venus de vos radiateurs en plaçant au fond des soucoupes des graviers maintenus humides…

J’allais oublier ! À l’intérieur, vos orchidées bien exposées à la lumière devraient avoir leurs tiges en folie ! Aidez-les à grimper le plus haut possible le long de tuteurs. Les petites pinces en crabes pour se tenir les mèches font merveille et comme les orchidées sont de grandes coquettes… Donnez-leur un peu d’engrais dilué après un petit arrosage ou encore mieux un bon bain de racine. Comme c’est leur saison, nettoyez leurs feuilles pour embellir encore davantage ces majestueuses plantes avec un « essuie-tout » très légèrement abrasif, et ne les mouillez qu’avec de l’eau distillée de peur que des dépôts calcaires ne ralentissent, alors qu’elles sont en plein effort, leur photosynthèse.

L’idéal pour les orchidées est de poser leur pot sur une soucoupe remplie de billes d’argile, et l’eau affleurant. En effet sachez que les cellules (stomates) capables de capter l’humidité de l’air ambiant se trouvent sur le dessous des feuilles.

Étonnants mimosas (et hellébores, d’ailleurs) : ils fleurissent déjà sur les balcons parisiens un peu ensoleillés ! Et l’on voudrait nous faire croire que la planète ne se réchauffe pas !

Même observation pour les petits cyclamens qui, au contraire des grands, plus casaniers, sont tout à fait à leur aise dehors.

Les pots de petites primevères, très colorées, égailleront aussi vos plantes et arbustes aux teintes parfois tristounettes en cette saison. N’hésitons pas à imiter les peintres fauves : sachons utiliser la couleur comme de la dynamite !

Enfin il est temps de penser à disposer dans les branches et buissons de vos plantations pour aider les petits piafs à traverser l’hiver sans trop de difficultés, boules de graisses et distributeurs de graines diverses… Ils vous apporteront en échange leurs petites musiques et leur enthousiasme.

=> Le(s) mot(s) du mois de décembre

Aciculifolié. Qui porte des feuilles en aiguilles comme le pin ou le sapin.
Stylopode. C’est le disque qui couronne le fruit des ombellifères (coriandre).

=> Le(s) proverbe(s) du mois de décembre

Belle nuit en hiver, jour qui suit souvent couvert.
Le mois de l’Avant est sujet au vent.
Si décembre est sous la neige, la récolte se protège.


Janvier 2019

Comme les plantes sont pour ainsi dire au repos, voyez si de nouveaux agencements rendraient vos travaux de jardinages plus aisés, plus agréables, ou si l’agrément de contempler vos jardins peut être augmenté. C’est le moment de jouer les minuscules Lenôtre : renouvellement et sélection des graviers, palissades, choix des couleurs des pots et des différentes formes et dimensions des jardinières…

Une coquette suggestion pour les graviers : choisissez dans les animaleries des graviers colorés pour aquariums que vous rincerez bien avant de les disposer à la surface des terres de vos plantations en mosaïques… Avec patience et sens esthétique, vous pourrez réaliser de grandes choses selon vos références artistiques personnelles !

Améliorez la taille de vos pommiers et poiriers. Vous êtes aux commandes. Ajustez vos tirs. N’hésitez pas à rentrer vos petits oliviers et les arbustes les plus craintifs (Noël aux balcons, Pâques aux tisons, disait-on, avant que nous n’entrions dans l’Anthropocène…).

Janvier est aussi (et encore) le moment rêvé pour planter d’autres arbres ou arbustes fruitiers, surtout s’il ne gèle pas.

Protégez les plantes fragiles qui craignent les températures sous zéro (lauriers roses, palmiers et citronniers, qui sont pourtant les agrumes les plus résistants).

Attention. Comme le temps ne tient parfois plus compte de la saison traversée, dans le cas où la température extérieure s’adoucirait, ouvrez un peu les protections… et aérez suffisamment les plantes que vous aurez rentrées.

D’ailleurs pour celles-ci, restez vigilants et vaporisez-les régulièrement, voire arrosez-les, surtout quand il s’agit de feuillages persistants. Les températures de nos appartements sont souvent très asséchantes. Ne pas dépasser les 15-18°C. Veillez aussi à ce que vos plantes, devenues « d’intérieur », ne manquent jamais trop longtemps de lumière. Elles en mouraient.

Veillez aussi à ce que la quantité d’eau stagnant au fond des bacs ne prenne pas des proportions qui nuiraient à vos plantes. Protégez les récipients eux-mêmes d’un plastique à bulles, excellent isolant pour les racines. Le gel est un véritable et plus grand danger pour les végétaux que ne l’est la neige.

Janvier est aussi le moment d’ôter les parasites restés sur les tiges d’un ferme coup de cure-dent salvateur pour en libérer la plante… Et de détruire ou de jeter les dernières feuilles tombées des rosiers pour éliminer les parasites récurrents dont on préfère très franchement se passer.

Si vous disposez de groseilliers, framboisiers ou cassis, bouturez-les. Pour cela, mettez les bois nus en fagot que vous plantez dans un pot rempli de sable et exposé au froid, au nord. Ils ne seront replantés qu’au printemps, et à l’unité, mais ils auront profité entre temps de l’effet de vernalisation, et ce moment de froid aura encouragé le développement racinaire à venir.

Vérifiez vos attaches sur les grimpants, les lianes et les plantes à forte croissance, en les laissant lâches et non contraignantes, ainsi que les tuteurs, qui doivent rester sains et droits.

Enfin plantez pensées et primevères, ou posez-les tout simplement sur la terre de vos pots les plus imposants comme autant de touches colorées pour réveiller à l’œil (je n’ai pas dit gratuitement…) balcons et terrasses, puisque le printemps arrive… dans quelques petites paires de semaines !


Pensez à mettre de façon visible contre les fenêtres, mais à l’extérieur, les fleurs coupées que l’on vous aura offert (roses d’Équateur, anémones, narcisses, tulipes, etc), en restant attentifs tout de même à les rentrer les nuits de fortes gelées.

Vous serez étonnés de la longévité que leur procure la fraîcheur des températures… et vos fleurs dureront sous vos yeux, à travers les vitres, bien plus longtemps.

Si vous voulez semer des carottes, sachez que leur adjoindre quelques graines de radis sera très efficace : vous aurez assez rapidement des radis et les carottes, de cette manière, s’en trouveront naturellement éclaircies.

Sachez que, dans quelque temps, le risque des températures négatives passé, vous pourrez sortir quelques-unes de vos orchidées pour motiver à nouveau leurs floraisons.

Enfin pensez aux petits oiseaux, mésanges bleues ou charbonnières, rouges gorges et autres piafs, qui se délectent mais aussi survivent grâce aux petites boules de graines graissées ainsi qu’aux petits abreuvoirs que vous leur proposerez certainement, et lancez-vous dans la grande vaisselle des soucoupes et pots délaissés…

Par amitié pour ceux dont les pays ont des hivers bien trop longs, mentionnons la bonne idée pour fleurir durablement avant tout le monde son appartement. Placer dans un profond bac de verre rectangulaire et transparent, ou dans un aquarium abandonné par des enfants devenus trop grands, quelques galets et un fond d’eau entretenu sur lesquels vous poserez des bulbes à floraison printanière, comme des narcisses et des jonquilles par exemples. Et laisser pousser. Le spectacle, très graphique, sera très chouette !

L’hiver, pour les plantes et arbustes de vos jardins, c’est régime sec (arroser au minimum), soins corporels, et réflexions paysagères…

=> Le mot du mois de janvier

Potomètre. Cet appareil mesure la quantité d’eau absorbée par un organe ou une plante.
Sciaphile. Qui aime l’ombre ou les lieux ombragés (fougères, par exemple).

=> Le proverbe du mois de janvier

Janvier d’eau chiche fait le paysan riche.
Beaux jours en janvier trompe l’homme en février.


Février 2019

S’il devait absolument faire froid, puisque nous sommes encore somme toute en hiver, on s’accorde à dire que ce serait au mois de février. Mois relativement calme pour les jardiniers que nous sommes, si ce n’est la gestion particulière des plantes rentrées, les mesures sécuritaires de protection contre le froid, et les grands préparatifs… car nous allons résolument vers les beaux jours !

Attention. Pour certains jardiniers, le froid devrait être tardif cette année… diagnostic posé au doigt mouillé et aux douleurs rhumatismales de quelques autres !

Rempoter les plantes au calme. Celles dont la terre mérite un renouvellement complet (à faire chaque 3 ans), celles qu’il faut aérer en émiettant les mottes les plus en surface. Ou celles qui nécessitent un rajout de terreau, le niveau de la terre ayant baissé du fait des arrosages, ou la terre elle-même vous paraissant appauvrie. Dans ces cas, complétez plutôt avec de l’amendement organique nourricier. Il faut également, quand cela devient nécessaire, rempoter quand la plante est devenue manifestement trop à l’étroit.

Pour cette opération, acheter les terreaux les mieux adaptés à vos plantes, dispensez-vous d’arroser quelques jours avant, et surtout installez-vous confortablement, à la bonne hauteur de travail, avec tous les ustensiles dont vous pourriez avoir besoin.

Vérifier régulièrement que la température de vos pièces d’intérieur, dans lesquelles vous abritez les plantes à protéger du froid, est bien inférieur à 18-20°… et que celles-ci sont suffisamment et régulièrement arrosées.

Avant le milieu du mois, la taille de tous vos arbustes devra être terminée, aux exceptions bien sûr de ceux à floraisons printanières style forsythias. À partir du 15 du mois, s’il ne gèle pas et si ce n’est pas annoncé pour les prochains jours à venir, éliminez le vieux bois en améliorant encore la taille de vos rosiers protégés (au moins au niveau des racines), de vos plants de vigne bien sûr, de vos petits arbustes (groseilliers, framboisiers), et de celles de vos grimpants escaladeurs.

Protéger et tailler aussi les délicates clématites qui ne fleuriront qu’à l’été, comme la "Ville de Lyon". Taillez court voire très court, 50cm à 1m pour vos anciennes clématites dégarnies du pied.

Février est le meilleur mois pour planter de nouveaux rosiers, si le cœur vous en dit. Nos 3 coups de cœur parfumés : la "Rose de Provins", rose ancienne aux fleurs simples dont la couleur est rose soutenu ; la "Jeanne de Chedigny", très belle fleur simple romantique aux fleurs blanc rosé ; et la "Martin des senteurs", semi double d’un joli coloris jaune d’or rosé…

Si votre balcon vous paraît manquer un peu de fleurs en cette saison, mettez dans de petits pots des bulbes d’intérieur, à l’intérieur, et proches des fenêtres (narcisse, jacinthe, tulipe, muscaris).

À l’extérieur, quelques crocus joueront bientôt les intrépides, dont les printaniers, les rouges (Bulbocodium vernum), et les perce-neige.

N’oubliez pas que les fleurs de certains jasmins ne s’effraient pas d’un peu de neige (nudiflores). Pas plus que le romarin, jamais découragé, dont les floraisons sont intempestives.

Planter des caïeux d’ail en plaçant votre terre sur un bon lit de sable. Ils vous feront de belles fleurs originales au printemps… et de l’ail à l’été.


À l’intérieur, vos orchidées sont à la fête en février. Faites monter avec délicatesse leurs tiges bourgeonnantes le long des tuteurs en les fixant avec ces petites pinces à cheveux si délicates. Comme le chauffage est allumé, brumisez-les très peu mais plus souvent, ou placez les pots sur des billes d’argile avec eau affleurante.

Un bain chaque mois serait pour vos Cymbidium et Phalaenopsis un ravissement dont ils vous seraient gré.

Semer pois de senteurs et pavots. Ils donneront un côté délicieusement anglais à vos plantations au printemps.

Si vous avez sur vos terrasses ou balcons de jeunes hortensias (moins de 3 ans), retenez-vous de les tailler trop tôt. Patience.

Nettoyer les outils avec application, éventuellement les baigner dans une solution très diluée d’eau de javel pour les désinfecter. Il n’est parfois pas inutile de les graisser un peu pour retarder l’usure et la rouille, mais de toute façon ne les ranger qu’une fois les parties métalliques bien séchées.

Et puis ce mois-ci il y a aussi le plaisir de commencer à acheter les graines que l’on sèmera progressivement dans les prochaines semaines…

Et celui de bouturer deutzias, seringats et tamaris pour répandre ces espèces dans vos jardins, ou en distribuer autour de vous à vos amis et "admirateurs".

Pour votre rayon alimentation, il est aussi temps de planter échalote et ail rose (espacés de 15 à 20 cm).


Enfin, ceux qui se sentent d’une exigence, d’un sens de l’ordre et de l’hygiène compulsifs, pourront également nettoyer avec délicatesse d’un coton imbibé d’eau distillée les feuilles de leurs végétaux d’intérieur les plus éprouvés.

Et si le ciel a été clément, si le risque de gelées nocturnes ou matinale s’éloigne, planter aussi pensées et giroflées, qui sont parmi les plus belles bisannuelles.

Et puis, vos tours du propriétaire vous montreront très vite les autres petites interventions utiles : les protections n’ont-elles pas bougé ? Et les fixations ?

L’eau ne stagnerait-elle pas trop dans certaines soucoupes ? Ne faudrait-il pas tailler ces branches davantage ? Où en sont les bourgeons ?


=> Manifestation incontournable sur les jardins en février

À Paris. Dans les grandes serres du Jardin des Plantes, 2 rue Buffon, 75005 Paris, de 10 à 17h, vous pourrez assister à une nouvelle édition de Mille et une Orchidées, du 8 février au 5 mars 2018. Sous la voûte aux verres irisés de la serre des forêts tropicales, une myriade de phalaenopsis suspendues sur des cannes de bambous...
Ces orchidées, issues de la collection des espèces "sauvages" conservées par le Muséum dans les serres de l’Arboretum de Chèvreloup près de Versailles, sont présentées au public, comme celles du jardin botanique de la Ville de Paris gardées aux serres d’Auteuil.

=> Dictons du mois de février

Février, le plus court des mois est de tous le plus sournois.
Février n’a pas deux jours pareils.
Neige de février vaut fumier.

=> Les mots du mois de février

Décidu. Adjectif employé pour les arbres à feuillages caducs.
Indusie. Tégument épidermique chez les fougères.


=> Découverte nature de l’hiver

La neige est bienfaitrice. Elle apporte de l’azote à vos jardins et à votre pelouse.
Elle exerce de plus une action protectrice des tissus et des bourgeons, car sous la neige, la température ne descend jamais sous –2 ou –3°C.
Cela explique d’ailleurs que des plantes alpines, ramenées sous nos climats qui peuvent connaître des pics de froid mais voient peu la neige… meurent.


Mars 2019

Les textiles de protection que vous aviez placés par sécurité sur vos plantes et arbustes les plus fragiles ou les plus méridionaux pourront être ôtés d’ici quelques jours, et vous distribuerez en général, mais avec mesure, un peu de fumure organique, et les autres spécialités pour plantes de balcons. Tournée générale puisque le printemps arrive !

Semez, mais pas trop loin de vos fenêtres pour qu’elles ne risquent rien, graines de soucis, de nigelle de Damas, pois de senteur, clarkia, cosmos, et pied d’alouette.

Près des fenêtres, également, préparez d’ores et déjà vos balconnières de plantes aromatiques, en les protégeant tout de même encore un peu du vent, et attendez encore un peu pour le frileux basilic. Taillez les romarins, souvent trop vigoureux et envahissants, mais pas trop courts, et puis semez déjà carottes, radis et laitues de printemps.

Souvenez-vous que les légumineuses nourrissent, par leurs rhizomes, véritables petites usines naturelles à azote, la terre qui les accueille. Semez donc avec générosité, et même au pied de vos arbustes pour mieux les habiller, fèves, pois et pois de senteur, pour leurs feuillages, leurs fleurs et les récoltes à venir.

Afin de rester dans le domaine du comestible, faites l’expérience de planter quelques petits artichauts méditerranéens style poivrade, vers la fin du mois. Leur feuillage vert-violet ne manque parfois pas de charme et la fleur est belle, et des tout ronds style bretons.

Qui dit printemps, dit… nettoyage de printemps. C’est un peu comme si l’on repartait de zéro. Quels espaces vous faut-il libérer ? Faut-il acquérir de nouveaux pots, jardinières, soucoupes… Déplacer momentanément les bacs et jardinières les plus volumineux pour passer, pourquoi pas, l’aspirateur dans le plein champ de vos terrasses et balcons… et si un branchement le permet, nettoyez à grande eau… un jour de pluie et à une heure décente, pour rester dans la note et ne pas gêner les passants honnêtes. Et décroutez la terre pour faire mieux respirer les racines !

Mars est le mois idéal pour mettre sur balcons et terrasses des arbustes en bacs. Le choix est immense. Faites-vous simplement plaisir, et renouveler quand vous le pouvez la terre de ceux déjà en place.

Avant qu’elles ne repartent à l’assaut des hauteurs et de tout ce qui passera à leur portée, taillez avec délicatesse vos clématites, osiers grimpants et chèvrefeuilles, et multipliez vos préférées.

C’est aussi le moment d’intégrer à vos balcons votre sélection de plantes vivaces à floraisons au choix printanières, estivales ou même automnales.


Apportez une dernière touche à la taille des rosiers arbustifs comme des éventuelles vignes et glycines, pour finir de leur enlever le « bois d’hiver ». Enseignez-leur la discipline, mais sachez préserver les yeux dirigés vers l’extérieur des rosiers, et les promesses de branches "bien orientées".

Si vous avez des enfants, petits-enfants, ou êtes vous-même passablement gourmands, plantez quelques arbustes à petits fruits rouges, framboisiers, ou plus rares groseilliers et cassis.

Et puisque nous sommes dans le rouge, nettoyez prudemment entre les pieds des fraisiers et apportez-leur un engrais bio. Ils sont aussi gourmands que nous.

Planter quelques pommes de terre, écartées les unes des autres de 20 cm sera original et spectaculaire. Croissance rapide des plantes et très jolies fleurs décoratives en soleil.

Quelques plantes et arbustes fleurissent plus tôt que les autres, dont le forsythia à couleur de miel, le romarin aux petites fleurs bleues ou mauves, le cognassier du Japon, et quelques mimosas même, si le temps devient doux.

Et puis mars dispose de ses propres fleurs de prédilection, souvent de petites taille, mais regardées d’autant plus tendrement que l’hiver doit s’éloigner dorénavant : certaines bruyères, perce-neige en fin de floraison, primevères et pensées de toutes les couleurs, dont vous devrez nettoyer au fur et à mesure les feuilles assez vite fatiguées. Achetez de ces jolies fleurs vendues en godets.

C’est également le meilleur moment pour sortir quelque temps la journée (retour à la maison le soir !) vos orchidées phalaenopsis dont vous accélérerez ainsi une nouvelle floraison.

Enfin, une dernière chose : vous pouvez graduellement recommencer d’arroser, surtout les arbustes à feuillages persistants (bambous, azalées, rhododendrons, camélias).

Mars est aussi le bon mois pour rempoter vos plantes les plus conséquentes. Dans le cas d’une plante déjà dans un très grand pot dont le rempotage poserait problème du fait de sa taille, pratiquez tout simplement la technique du surfaçage qui consiste à supprimer les 5 premiers centimètres de terre que vous remplacerez par un terreau riche tout neuf.


=>Le mot du mois de mars

Pour les cruciverbistes et autres scrabbluleux : Trochet : bouquet de fleurs ou de fruits sortis du même bouton ou partant du même point.

=> Le proverbe du mois de mars

Mars commence en courroux et finira tout doux !
Taille tôt, taille tard, taille toujours en mars...


Avril 2019

Peut-être un peu tard pour les violettes, les myosotis et les pervenches déjà sur le pont. Mais le muguet de l’an dernier, laissé en terre, a certainement déjà sorti ses griffes et vous fait signe. Il refleurira de toutes ses clochettes une dizaine de jours avant la fin du mois. Pourquoi pas d’ailleurs faire perdurer cette tradition à la fois païenne et populaire en replantant le moment venu les nouveaux plans de muguets reçus dans l’année à leur côté pour constituer au fil du temps une sorte d’orgue de Staline porte-bonheur et porte-bonne-humeur ?

C’est le moment aussi où se multiplient les boutons et fleurissent les giroflées touffues, qui animent vos balcons et terrasses de gaies taches vives, allant du jaune le plus ensoleillé au rouge le plus sombre, en passant par toutes sortes d’oranges et de teintes chaudes. Leurs parfums poivrés un peu masculins séduiront les jardiniers au soir…

Semez des capucines, qu’elles soient grimpantes ou retombantes, ou même des tournesols. Ils fleuriront au milieu de l’été. Il en existe des variétés naines ou des géantes, ce qui peut vous aider à structurer adroitement votre jardin.

Planter lavandes, thyms, romarins, dahlias, lis, bégonias tubéreux, agapanthes, et géraniums, simples ou doubles. En fait, ce mois-ci, tout se plante. Faites-vous plaisir et choisissez vos préférées.

Repiquer plus tard dans le mois des piments et des poivrons. Ils présentent l’intérêt d’être à la fois ornementaux, avec leurs jolis fruits devenus rouges à maturité, leur beau feuillage, et d’être comestibles. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir leur petit jardin, sachez qu’il existe des variétés naines parfaitement adaptées à la culture en pot.


Radis. Semer chaque 10 jours, jusqu’en juillet, mais sachez qu’il ne faut pas enterrer les graines des radis ronds, mais que celles des radis longs supportent un enfouissement à 2 cm. Vos radis deviendront plus forts et durs en avançant dans la saison… ou si vous omettez de les arroser. Fatalitas ! Ils se récoltent en 3 à 5 semaines selon variétés.

Salades, toutes les 2 à 3 semaines, d’avril à septembre. Privilégiez les salades à couper, de type Bowl, rouges ou vertes. Elles permettent d’être coupées 2 à 3 fois sans avoir à replanter. Et pourquoi pas tester cette année le mesclun, ce mélange de 7 salades, spécialité méridionale, quand la proportion de roquette (Eruca sativa) est plus importante, ou mesclun doux, dans le cas contraire.

Attendez encore une à deux semaines avant de planter des pieds de tomates et de tomates cerises. Risque de dernier petit coup de froid. Pincer les gourmands qui se développent à l’aisselle des tiges. Attention. La tomate n’apprécie pas trop le vent, mais est avide d’ensoleillement.

Plantes bulbeuses. Si vous aviez tulipes, crocus, narcisses, ou jonquilles de l’an dernier, laisser les bulbes en place mais enlever les feuilles complètement jaunies. Cachez ces pots dans des lieux discrets, et accueillez la nouvelle génération des fleurs de l’été.

Fraisiers en godets. Magnifiques, ils produisent de juin à septembre. Privilégier les variétés remontantes qui fructifient plusieurs fois dans la saison. Coup de cœur avec la fraise Mara des bois ou la Charlotte, plus grosse mais tout aussi parfumée, qui ont le goût si recherché de la fraise des bois. Et pourquoi ne les mélangeriez-vous pas avec vos aromatiques ou même avec les fleurs.

Une vigne, si vous pensez rester un certain temps à votre domicile actuel (un chasselas doré de Fontainebleau par exemple, qui fut élaboré pour notre roi François 1er) pourrait vous apporter bien du plaisir. Et bientôt quelques grappes à picorer.

Une glycine est aussi très agréable à l’œil dès la première floraison (avril-mai). Prévoir un contenant d’au moins 40 cm de diamètre ou de côté. Certaines variétés sont plus arbustives et adaptées à un développement limité, comme la variété « amesthyst falls, » aux fleurs de couleur lilas, légèrement parfumées.

Penser aussi aux rosiers, orangers du Mexique, très odoriférants, au Trachelospermum jasminoïdes, appelé aussi jasmin étoilé,) et aux lilas.

Quelques grimpantes : clématites bleues, roses ou blanches, dont les fleurs peuvent être de toutes tailles, ou des chèvrefeuilles qui embaumeront les filets d’air de votre domicile. N’hésitez pas à tricoter ensemble deux grimpantes différentes afin de diversifier et de prolonger ainsi la floraison.

Une fantaisie ? Placez sur votre balcon un mimosa à feuilles dentelées, ou mieux un individu à feuilles allongées, dit aussi mimosa des 4 saisons, qui fleurira… bientôt. Et quand les mimosas fleurissent… ils embaument, ensoleillent, et s’en est un régal ! Lorsque vous effectuez le changement de pot, mélangez votre terre à 20% de terre de bruyère, et laissez au fond du pot 5 bons centimètres de cailloux pour éviter le risque d’excès d’humidité au niveau des racines, un dangereux cumul avec les gelées d’hiver...

=> Une manifestation incontournable en Avril : La Fête des Plantes de Saint-Jean de Beauregard
Fête des Plantes de Saint-Jean de Beauregard
Le vendredi 6, le samedi 7 et le dimanche 8 avril 2018, de 10h à 18h.
Fruits et légumes d’hier et d’aujourd’hui. Exposition-vente de plantes rares.
Situé à 28 km de Paris dans le Hurepoix, le château de Saint-Jean de Beauregard domine la vallée de la Salmouille, il est classé monument historique et ouvert à la visite.
Plus de 250 exposants, des pépiniéristes producteurs parmi les meilleurs dans leur spécialité, présentant une diversité végétale sans égale en Europe, « seront là pour vous conseiller et vous faire découvrir les dernières obtentions horticoles, leurs collections et leurs sélections d’espèces rares et de valeurs sûres.
En savoir plus...

=> Les mots du mois d’avril

Convoluté : enroulé en forme de cornet (comme l’arum, par exemple).
Galbule : fruit sphérique en forme de baie de certains conifères (les cyprès, par exemple).
Chiffonne : petite branche mince, le plus souvent de faible longueur, chargée de boutons à fleurs (pêcher).

=> Les proverbes du mois d’avril

À la mi-avril, le blé est à l’épi.
Chaque goutte d’avril en vaut mille.
Petite pluie d’Avril fait la belle saison.
Avril fait la fleur, Mai en a l’honneur.

=> Insolite…

Une agence de design nantaise vient de créer « l’uri-trottoir », mi-jardinière / mi-pissotière de rue, proposant ainsi une solution écologique, économique, et efficace, pour tenter de résoudre le problème des pipis intempestifs de rue.
« L’uri-trottoir » est omposé de 2 bacs en aluminium. Le premier est rempli de paille ou de sciure de bois. Il stocke les urines dans un lit de matières sèches qui sera ultérieurement composté sur une plateforme dédiée. L’autre bac sera rempli de fleurs élégantes, forcément.


Mai 2019

Les grimpantes peuvent encore être plantées ce mois-ci (fin de printemps et même début d’été) comme les jasmins étoilés (Trachelospermum jasminoides) et les chèvrefeuilles, aux odeurs délicates, ou encore les passiflores aux fleurs étonnantes. En revanche c’est un peu tard pour profiter des premières grappes de fleurs d’une jeune glycine

Sauf surprises désagréables, nous avons maintenant passé la saison des gelées tardives, même matinales. Pour le plaisir de fleurs rapides et renouvelées, installer au soleil des géraniums, simples, doubles ou tombants en lierre, très à leur aise dans des jardinières. Pour ceux prêts à l’aventure, le changement peut aussi venir de l’option dipladénias au feuillage vert brillant et à la floraison ininterrompue jusqu’aux premières gelées de l’automne : magnifiques fleurs en trompettes, roses, rouges, et même jaunes. Comme leurs cousins géraniums, ils accepteront sans broncher vos éventuels oublis d’arrosage.

Il sera d’ailleurs pour les deux bien venu d’enlever au fur et à mesure, pour préserver le plein éclat de ces plantes, les fleurs fanées après floraison, et les quelques feuilles abîmées susceptibles d’apparaître, ce qui de plus stimulera l’arrivée de nouveaux boutons.

Certaines plantes à bulbes sont de floraison relativement tardive et peuvent embaumer vos balcons comme les freesias.

Pour les zones plus protégées du soleil, fushsias, impatiens, bégonias tubéreux (que les Parisiens adorent), quelques aromatiques dont des menthes, et les fougères comme les lierres dans toutes leurs disparités de formes et de couleurs de feuillages, d’autant qu’ils aiment tellement l’urbain !

Graines de pois de senteur, pour les amateurs de floraisons coquettes, ou de légumineuses (comme les haricots d’Espagne plats aux délicates fleurs oranger) pour les gourmands qui désireraient surprendre. Ils présentent l’intérêt d’exister sous forme grimpante, et de faire de beaux habillages de verdure.

Les fruits des plants de tomates commencent à prendre forme, après leurs petites fleurs jaunes étoilées. Pincez, pincez, en supprimant les gourmands (désolé, pour cette fois…) !


Attention. Le climat parisien ne permet pas tout et souvent les tentatives d’installer par exemple des lauriers roses que l’on apprécie tant dans le Sud de la France, font attendre leurs belles grappes de fleurs roses, rouges ou blanches… Si vous tentez cela, exposez-les le plus possible au soleil et arrosez-les chaque 2-3 jours. Pensez à l’envelopper dans un voile d’hivernage dès les premiers froids, en lui maintenant les pieds au sec. Le laurier rose se bouture assez facilement !
Prudence. Souvenons-nous que des soldats de l’Armée napoléonienne en campagne vers Madrid en 1808 s’étaient intoxiqués, au point que certains en moururent, pour avoir utilisé sur leurs brochettes de viande, en lieu et place de celles du laurier sauce, les feuilles du laurier rose… riche en oléandrine, sève laiteuse fortement toxique, bien qu’utilisée de nos jours sous certaines formes pour lutter contre des cancers.

Le réchauffement climatique dont on parle souvent et à juste titre ne permet pas encore tout. Le bananier, qui peut être plaisant à contempler à la belle saison, craint vraiment les courants d’air, qui lui déchirent facilement les feuilles (effet moyen, moyen…), et il faudra absolument le rentrer en hiver ou le couvrir généreusement pour le protéger du froid. Il faut privilégier le Musa bajoo, bananier le plus résistant au froid (supportant des –12°C) ; de par ses origines… asiatiques.

Penser à repiquer vos semailles des mois passés.

La vie parisienne étant ce qu’elle est, il est fréquent que l’on oublie les choses du quotidien les plus importantes… comme l’arrosage. Soyez prévoyants en sélectionnant pour vos terrasses et balcons des plantes succulentes (pleines de suc !), dites aussi (faussement) plantes grasses.

Ces plantes charnues, nées pour survivre en milieux arides, et souvent de plus superbement bien adaptées, ont leur façon à elles d’économiser l’eau et se joueront de votre négligence.

Elles sont le plus souvent originaires d’Amérique latine, d’Afrique du Sud ou d’Inde : aloès, agaves et cactus, dont certains font des fleurs extraordinaires, comme la Rebutia muscula, ou le Tricodiadema densum.

Au Mexique, certaines palettes de cactus se mangent en petits losanges, comme des haricots verts. Et c’est si bon, que les Chinois en ont planté chez eux, s’en délectent aussi, et même en revendent aux Mexicains.

Nous apprécions aussi beaucoup l’Euphorbia submammilaris, le Mamillaria zeilmanniana, ou le figuier de Barbarie, au développement limité sous nos climats. Attention ces plantes nécessitent un terreau adapté aux cactées, et parfois un gravier en surfaçage, qui peut apporter sur votre balcon l’exubérance multicolore de graviers comparable à celui des aquariums.

Ceux qui ont de très jeunes enfants à la maison, à demeure ou même de manières occasionnelles, comprendront très vite l’ardente nécessité de faire preuve avec eux d’attention et de pédagogie… ou mieux de précaution en plaçant ces végétaux hors de leur portée.

Une autre sage prudence, pour travailler les cactus, indiquée par Florian Geiger en personne : n’utiliser que de petits outils à manche métallique pour éviter de se piquer aux épines fichées dans les manches de bois.

Il conviendra de rentrer ces plantes à la saison froide, mais de ne pas oublier de les arroser pour empêcher qu’elles ne sèchent en intérieur. Le monde à l’envers ! L’arrosage se fera 1 fois par mois pour les succulentes, et une fois tous les 2 mois pour les cactées. Et surtout beaucoup de lumière ! Sans lumière, les cactées s’étiolent, s’écroulent et se cassent.

Élargissez la gamme de vos plantes aromatiques en y joignant l’estragon et la coriandre, qui nécessitent de petits arrosages fréquents, et d’autres variétés de menthes dont vous utiliserez les feuilles fraîches, rincées, pour les thés de l’été entre amis, toutes fenêtres ouvertes. Et la ciboulette ? L’échalote ? Et l’ail, si décoratif ! Y aviez-vous pensé ? Thym ? Romarin aux jolies petites fleurs bleues ?

Les fuchsias vinrent en Europe avant même la Révolution française, dès 1780 pour certaines variétés, et il est courant de trouver encore d’anciennes espèces, dont les Bland’s New Striped (1872), le Clair de Lune (1880), ou le petit jeune mais robuste fuchsia buisson Charming (1877), que vous pouvez toutes dépoter et planter en mai. Elles apprécieront au fond de leur pot une couche de billes d’argile pour leur atmosphère rafraîchissante, un tesson de vieux pot les empêchant de s’égrainer à l’extérieur, et surtout mettez-y du bon terreau. Exposition à mi-ombre ou soleil doux (matin ou fin d’après-midi)

N’oubliez pas de semer ou de planter l’élégante capucine, dont les feuilles et les fleurs, très décoratives et originales dans une salade, ajouteront une saveur épicée peu fréquente. Comme les soucis d’ailleurs, qui n’étaient pas non plus purement décoratifs !

Si vous disposez d’un peu d’espace, et pour étonner vos enfants, cédez à la facilité qu’il y aurait de les surprendre en plantant un… potiron, plante à croissance très rapide, et restée dans nos imaginaire un végétal de conte de fées. Faites-le dans un grand pot (30 à 40 cm de côté ou de diamètre), et dans un mélange très, très riche pour obtenir un potiron de belle taille. Et ne vous inquiétez pas du devenir de ce fruit : Halloween viendra bien un jour !


Enfin soyez toujours extrêmement attentif à vos plantations et semailles du mois d’Avril : radis, salades, fraises, et tutti frutti !

La lavande (Lavendula dentata) fera ses tiges sur votre balcon et ses étranges fleurs bruissantes comme des insectes vous raviront. Les variétés Hidcote ou Munstead (n’oublions pas que l’ensemble des lavandes est presque une colonie britannique à lui tout seul) feront également très bien l’affaire.

=> Une manifestation incontournable en Mai : Les Journées des plantes de Chantilly


Le vendredi 18, le samedi 19 et le dimanche 20 mai 2018 de 10h à 18h.
Rassemblant quelque 200 exposants pépiniéristes, horticulteurs et professionnels du monde végétal, les Journées des Plantes offrent aux visiteurs la possibilité d’acheter plantes, fleurs, arbustes... Ils peuvent également obtenir des conseils pour entretenir leur jardin, participer à des ateliers ou encore assister à des conférences sur des thématiques précises. De l’orchidée à la plante carnivore en passant par les vivaces, tout est réuni durant ces 3 jours incontournables pour répondre aux attentes des passionnés de jardins !
En savoir plus...

=> Les mots du mois de mai

Cirrhifère : qui porte des vrilles ou cirrhres (pois de senteur et vignes).
Thyrse : panicule (regroupement de fleurs) ayant des pédoncules du milieu plus longs que ceux des extrémités, le cas par exemples des hortensias, des troènes et des céanothes.
Exsert : qui fait saillie comme les étamines du fuchsias.
Obcordé : en forme de cœur renversé comme la feuille de l’oxalis.

=> Proverbes du mois de mai

Mai sans rose rend l’âme morose.
De mai, chaude et douce pluie fait belle fleur et riche épi.


Juin 2019

Arrosage. Juin est un des mois de grand ensoleillement. Votre pratique de l’arrosage doit être modifiée. Il devient impératif de ne plus arroser au soleil, mais le matin tôt, ou mieux le soir, à la nuit tombée. Vous pouvez, selon le besoin des plantes, arroser une à deux fois par semaine.

Conseil important : il est préférable d’arroser moins souvent mais plus copieusement. En effet la plante va chercher l’eau et ce sera bon pour un enracinement en profondeur, et également une meilleure résistance aux futures sécheresses.

Avant d’associer des plantes dans un même pot, une même jardinière, ou une balconnière, prenez en compte leurs besoins d’arrosage et d’ensoleillement. Vous augmenterez vos chances… et les leurs !

Solanum jasminoides

Pour ceux dont balcons et terrasses sont recouverts de zinc, qui emmagasine et exagère la chaleur, donc très asséchant, posez vos pots sur des lattes de bois afin de faciliter la circulation de l’air autour de la plante, que vous n’hésiterez pas à doucher à la nuit tombante, ce qui fera redescendre un tantinet… sa température.

N’hésitez pas, si vous sentez un stress particulier à l’exposition au soleil de certaines de vos plantes (dahlias nains, et autres plantes bulbeuses) à pailler leurs pieds.

N’attendez pas trop pour regrouper en pots plus larges ou en jardinières les petits pots de muguet que l’on vous a peut-être offerts. Ils resteront un peu plus longtemps souriants… et fleuriront l’année prochaine… en général courant avril, ou pile au 1er mai pour les plus chanceux. Toujours choisir pour eux une exposition ombragée.

Maintenant que les saints de glace des 11, 12 et 13 mai (et leurs toujours possibles méfaits) sont passés, semez en jardinières ou en gros pots les fleurs annuelles si fragiles. Il en existe de multiples espèces et variétés. Elles peuvent avoir toutes tailles, formes et couleurs : pavot de Californie, pois de senteur, immortelles bractées, et autres capucines (dont vous aurez au préalable fait ramollir les graines dans l’eau pour en aider la germination).

Concernant vos plantes aromatiques, dont vous avez élargi la gamme en mai, démultipliez le basilic, qui sera rapidement mis à contribution, la chaleur venant, avec les salades de tomates, et les menthes pour les thés.

Souvenez-vous que les fleurs de capucine et de soucis peuvent égayer vos salades, et que pendant encore deux bons mois, vous profiterez de vos radis (jusqu’à ce que vous les trouviez trop forts) et de vos salades de balcons et terrasses, que vous avez continué de semer chaque 10 jours. Mais facilitez-vous plutôt la vie en achetant vos plants de salades que vous repiquerez.

Les fruits de plants de tomates et tomates cerises, encore tout verts, commencent seulement à exister en région parisienne (quand les premières tomates se mangent dans le Sud !), bien rikiki. N’oubliez pas de pincer et d’enlever les gourmands, et surtout pour les pieds de tomates, mais toujours sans mouiller le feuillage, de les arroser régulièrement, afin de leur éviter "le cul noir", qui risquerait de troubler l’esthétique de ces jolis fruits... et votre appétit.

Les fraisiers dont la succulente Mara des bois, au goût de fraise des bois, et mieux encore la Charlotte, aux fraises plus grosses et tout aussi savoureuses, vont bientôt commencer à donner…

Les plantes commencent sérieusement à embaumer : lavandes, thyms, romarins, orangers du Mexique, jasmin étoilé et pourquoi pas Hélicrysum italicum au surprenant parfum de curry.

Concernant les dahlias, principalement ceux à grandes fleurs, ne conservez que la fleur la plus forte du haut de la tige et enlever les autres boutons. Vous pourrez obtenir des fleurs, nous ne vous mentons pas, qui feront dans de bonnes conditions jusqu’à 20cm de diamètre.

Régulièrement, nettoyez votre jardin des fleurs, feuilles et branches devenues périmées, comme des plantes non invitées qui tenteraient de pousser au détriments des vôtres.

Si vous avez mis sur vos dépendances une vigne, laissez-la se développer tranquillement… et contemplez. Le jardin, même de taille modeste, est le plus souvent un repère à sensations : sentir, regarder, entendre, et ne rien faire, si c’est le juste moment...

Souvent les rosiers prêtent le flanc à des soucis de santé : la maladie des taches noires, ou les araignées rouges. Utilisez un léger fongicide ou une éponge humide avec un doigt de savon. Les plus résistants des rosiers à ce genre de tracas, et qui restent de très jolis spécimens, sont tous les rosiers portant le label ADR, et qui sont parfaitement résistant aux maladies et aux insectes. Ils ont été créés par hybridation (sélection humaine).

Enfin ne vous inquiétez pas de façon exagérée de quelques pucerons qui ne feront jamais périr votre rosier.

Pour ceux qui ont péché par excès d’optimisme et acquis pour nos cieux un laurier rose (qu’il soit blanc, rouge, orange, ou... rose !), le moment d’un arrosage amplifié est venu, et surtout enrichi d’un apport mensuel en belle saison d’engrais liquide…

Pour ceux qui ont suivi nos conseils du mois dernier, ils devraient commencer d’apprécier par leur choix de plantes succulentes, et de cactus, de ne pas avoir à trop les arroser. Qu’ils leur soient gré de cela, car en hiver, ils devront partager leur logement… avec eux.

Tentez aussi quelques corbeilles anglaises suspendues. Rendre aériennes ces plantes déjà si légères devrait vous apporter toute satisfaction.

Enfin, commencez à mettre vos activités jardinières laborieuses en bas régime. Prenez d’ores et déjà un peu de recul car il s’en vient le temps où vous pourrez moins en faire et en profiter davantage !

=> Manifestations incontournables en Juin

Jardins, Jardin, aux Tuileries du jeudi 31 mai au dimanche 3 juin 2018 de 10h à 19h. Près de 100 exposants de matériel, services, décoration de jardin participent à l’événement ainsi qu’une vingtaine de grands paysagistes ou d’entreprises qui rivalisent d’inventivité pour présenter des jardins créatifs à leur image, véritables sources d’inspiration pour les visiteurs...
En savoir plus...

Festival International des Jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire du mardi 24 avril au dimanche 4 novembre 2018 de 10h à 20h.
Mine d’idées et pépinière de talents, le Festival de Chaumont/Loire, qui a acquis une réputation internationale, redynamise l’art des jardins et intéresse le public et la profession en présentant de nouveaux fleurissements, de nouveaux matériaux, des idées et des approches novatrices.
Chaumont/Loire, par sa diversité, sa créativité, la qualité des artistes conviés, comme des projets montrés, est devenu un rendez-vous incontournable pour la présentation des travaux d’une nouvelle génération de paysagistes, d’architectes, de scénographes ou de jardiniers...
En savoir plus...

=> Le mot du mois de juin

Spinescent : raide et piquant comme une épine.
Aciculifolié : qui porte les feuilles en aiguilles, comme le pin ou le sapin.

=> Le proverbe du mois de juin

Qui en juin se porte bien au temps chaud ne craindra rien.
Abeilles de mai valent de l’or, en juin c’est chance encore.
Froid en mai et chaud en juin amènent pain et vin.


Juillet 2019

Avec les premiers modestes produits de nos jardins, salades et pétales comestibles, radis, fraises, plantes aromatiques, on peut se demander ce qui nous mène à développer une telle activité. En grande partie le plaisir, de pouvoir trouver le goût inégalable d’un produit qui vient d’être cueilli et lavé ; et puis de se surprendre, d’émerveiller les enfants, et de s’entourer de verdure et de fleurs, qui nous apaisent.


Surveillez attentivement que les emplacements choisis pour vos plantes leur conviennent vraiment (vent, ensoleillement, etc). Et n’hésitez pas en cas de doute à en changer. Elles vous feront rapidement savoir ce qu’elles en pensent…

Réverbération. Méfiez-vous de la réverbération des murs ou des façades de couleur blanche. Elle peut brûler les feuilles assez fines (pétunia, fuchsia, marguerite).

Isolez du mieux que vous pourrez, le moment est stratégique avec le risque de fortes chaleurs, vos pots et jardinières des sols souvent trop chauds des balcons et terrasses, avec des soucoupes, des jardinières, des pots inversés, ou des rondins de bois. L’aération par le dessous est excellente

Arrosage. Ne faiblissez surtout pas sur l’arrosage. Selon vos possibilités, faites-le le matin, mais mieux encore serait le soir, quand l’air commence à fraîchir un peu, ce qui vous permettra aussi éventuellement de rafraîchir ou vaporiser les feuillages. Et faites-le abondamment, sans pour autant que l’eau ne déborde de vos sous pots et jardinières et n’aille gêner vos voisins des étages du dessous.

Arrachage des mauvaises herbes de votre jardin. Il n’existe pas de jardin si petit soit-il qui vous dispense de cette activité. D’autant que ces herbes, qu’on a pu tolérer un temps pour leurs jolies petites fleurs, se resèment rapidement, et entrent maintenant en concurrence hydrique avec les vôtres. Vous pouvez les arracher et, si elles ne sont pas en semence, les laisser sécher 48h à la surface de la terre, juste retour des choses que ce paillage même momentané à bon compte.

Nettoyage chaque semaine environ des plantes de votre jardin, qu’il faudra débarrasser de tout ce qui sera fané ou mort : branches, feuilles, et fleurs au quotidien.

Engrais. Avec les plus grandes précautions choisissez les plus écologiques d’entre eux, mais comprenez bien que la terre d’un pot ou d’une jardinière est très sollicitée et que cela lui sera nécessaire 2 à 3 fois par mois environ pour des engrais liquides dilués. Attention. Il faut arroser la veille et ne mettre l’engrais que le lendemain. Ne jamais mettre d’engrais même dilué à une plante qui a soif. Cette goulue risquerait une overdose par ses racines, et ainsi de se brûler. Par ailleurs pour ceux qui tiennent à se faciliter la vie, il existe des engrais en billes à libération lente capables d’enrichir la terre durant 3 mois… et sans risque de brûlures.

Soyez prévoyant, et semez pour la fin d’été et l’automne un peu de mâche, qui sera très décorative et se renouvellera rapidement. C’est l’une des salades les plus agréables à déguster. 2 à 3 sachets de graines, ce ne serait pas excessif, si vous disposez d’un peu de place ombrée. Ces graines ne se recouvrent pas, mais se plombent en exerçant simplement sur elles une petite pression à l’aide d’une planchette de bois. Et si des oiseaux en boulottaient quelques-unes, nous pourrions appeler cela la part des anges. Toutefois, si cette part prenait progressivement des proportions excessives, posez en protection une fine résille, maigre filet élégant comme celui avec lequel les Andalouses soutiennent leur chignon parfait d’un noir de jais.

Attacher, avec des liens en 8, en serrant sur le support, et non pas sur la tige, que vous laissez ainsi respirer, des branches et rameaux de vos plantes grimpantes, et de celles qui ont du croître, et devenir plus sensibles aux coups de vents. L’opération, appelée palissage, vous demandera parfois de la créativité et de la précaution dans le choix des supports : tiges, murs, liens. Méfiez-vous des ferronneries de balcons tout à fait capables de griller vos clématites les plus robustes… Ceux qui ont une vigne dégageront les bébés grappes des feuilles pour qu’elles profitent au mieux de l’ensoleillement.

Pour les tomates cerises et tomates, que vous avez laissées au choix en buisson ou pousser en hauteur, sélectionnez les petits bouquets de fleurs que vous conserverez le plus écartés possible les uns des autres. L’opération « sus aux gourmands » doit se poursuivre avec régularité. De petites tomates commencent à se teinter chez les plus chanceux d’entre nous. Arrosage régulier.

Les fraises, dont notre préférée la Mara des bois, commencent à mûrir. Vous en mangerez ce mois-ci, c’est promis. Paillez, par prudence. Supprimer quelques feuilles de fraisier n’est pas gênant pour que les fruits profitent au mieux du soleil, mûrissent et se parfument…

Fourmis, pucerons et araignées rouges. Ne vous inquiétez pas outre mesures de ces petits désagréments qui restent souvent cantonnés ou partent par simple pression d’une éponge gorgée de liquide vaisselle dilué ou de sprays d’eau très légèrement savonneuse…

Plantez en fin de mois les fleurs bulbeuses de fin d’été, qui rendent parfois nostalgique, mais qui sont belles, comme les colchiques. Et si vous appréciez leur côté champêtre, semez en prévision quelques fleurs bisannuelles comme le myosotis dont les bleus sont formidables, ou des pâquerettes.

Surveillez les fleurs annuelles, toujours résistantes, que vous avez semées en juin (pavot de Californie, pois de senteur, immortelles bractées, et autres capucines) et éclaircissez éventuellement les jeunes pousses apparentes.


Les plantes aromatiques, que vous utilisez déjà abondamment, ont certainement besoin pour quelques-unes d’entre elles d’être renouvelées, dont en priorité certainement basilic, persil et ciboulette. Et n’oubliez surtout pas de les nourrir (elles le font bien pour vous !) en leur apportant un engrais spécifique et utilisable en agriculture biologique.

Arrêtez les radis roses ou rouges dont le goût devient maintenant un peu fort, mais vous pouvez semer pour l’automne navets et radis noirs, sans oublier ces nouveaux radis à chair verte ou rose, colorée et de belle saveur, qui surprendront toujours sur votre balcon et à votre table.

Mois merveilleux pour les lavandes, immortelles (Hélicrysum italicum), jasmin étoilé, et autres plantes parfumées dont on peut profiter et respirer sans qu’il y ait beaucoup à faire, si ce n’est le palissage du jasmin et le nettoyage des parties fatiguées.

Vos rosiers au label ADR, qui vous préservent d’un excès de soucis, peuvent être ravivés par de judicieuses tailles, et vous donner bientôt de nouvelles fleurs.

Plantes succulentes et cactées s’épanouissent au soleil… Nous allons assurément dans la bonne direction !

En août, nous nous pencherons sur les meilleures manières… de prolonger les floraisons.

=> Manifestations incontournables sur les jardins en juillet

Peu de manifestation en Région parisienne autour du jardinage, mais, si vous n’avez pas encore fait le déplacement jusqu’à Chaumont/Loire (200km de Paris), faites-le. Vous y trouverez un point de vue splendide sur la Vallée de la Loire, et des expérimentations esthétiques et artistiques de haute tenue.

Juillet commence aussi la saison à laquelle on peut prendre davantage le temps, visiter les balcons, terrasses et jardins des autres, échanger ses expériences, puisque la saison des apéritifs entre amis et voisins sera bientôt lancée, et qu’il est tout à fait admis alors de davantage procrastiner, verbe qui, s’il existait, serait certainement actif, soulignons-le.

=> Les mots du mois de juillet

Samare : c’est le fruit sec contenant une ou plusieurs graines (comme les hélices d’érable par exemple).
Cupule : assemblage de bractées formant une coupe (cupule du gland).

=> Les proverbes du mois de juillet

De juillet la chaleur fait de septembre la valeur.
Juillet rouge au matin au soir apporte crachin. (Certainement breton...)


Août 2019

Le jardin de terrasse ou de balcon, même s’il est minuscule, est une école d’observation, de sagesse et de courage. Et, quand il commence à faire réellement chaud, ces trois qualités nous invitent conjointement à ne rien faire… ou à ne faire que le strict nécessaire.

C’est le mois des récoltes, des discussions tranquilles en famille ou entre amis, aux meilleures heures, matinales ou vespérales, pour profiter des bienfaits que nous prodiguent les feuillages et les fleurs, et plus que tout de cette fraîcheur apaisante qui monte de la terre de vos jardinières et pots après arrosage.

Si des amis ou voisins viennent, en votre absence, veiller sur vos plantations, prenez soin, dans la mesure du possible, de les regrouper. Rassemblées, elles résisteront mieux à la probable touffeur aoûtienne, et les arrosages et soins nécessaires en seront facilités. À votre retour, en remerciement, faites en sorte que la bouteille offerte à vos saisonniers soit à la hauteur de l’effort demandé… Nous penserons prochainement au goutte-à-goutte, mais, en attendant, décroûter la surface de la terre serait malin et facilitera la pénétration de l’eau d’arrosage. Mais je rappelle qu’il est toujours préférable d’arroser les plantes au pied, plutôt que sur les feuillages.

Certains gestes de prévention ont déjà été effectués les dernières semaines : les plantes à l’extérieur sont à leur aise où elles ont été placées, vous avez protégé les plus fragiles de la réverbération, et vos pots et jardinières ne reposent plus directement sur le sol en pierre ou en zinc de vos balcons et terrasses. Vérifiez-le ! Pour les plantes que vous préfèrerez rentrer, ajustez volets, persiennes et/ou rideaux, pour qu’elles aient de l’air, suffisamment de lumière, un soleil mesuré, et une ombre bienfaisante. Ne vous inquiétez pas outre mesure pour vos orchidées. Rappelez-vous que ce sont des combattantes qui parviendront plus facilement que d’autres à passer l’été avec deux dés à coudre d’eau et quelques lux.

Vérifiez que les tuteurs en place sont d’une taille suffisante et adaptée aux plantes qu’ils guident et soulagent.

Et méfiez-vous des vitesses de croissance des lianes que sont les vignes, glycines, clématites, et autres chèvrefeuilles. Pour elles, un tuteur peut être souple et en forme de cercle par exemple, et des attaches seront certainement à réaliser à votre retour… Le cas ne se pose pas pour les lierres, à l’expansion plus lente.

Concernant la fréquence d’arrosage, laissez-vous guider par les températures. De 20 à 25°, deux arrosages abondants par semaine suffisent. Au-dessus, un troisième sera accepté avec plaisir, et toujours plutôt en fin de soirée.

Si vous partez, prenez la peine de tailler vos rosiers pour prolonger à terme les floraisons. Sans cela, les fleurs fanées feraient des fruits, qui fatigueraient davantage la plante, alors que la taille faite vous permettra de trouver à votre retour de nouvelles roses prêtes à éclore. Avant de partir, une petite lichette d’engrais sera judicieuse, et puis plus rien pendant un mois ! Sevrage !

Vous êtes, si vous nous suivez depuis quelques mois, une jardinière ou un jardinier aujourd’hui comblé(e). En effet vous disposez en cette saison : de salades (mâche, bowl rouge ou verte, que vous agrémentez de pétales de capucine et de soucis du plus bel effet), des derniers radis roses ou rouges (s’ils ne sont pas trop forts), d’un choix varié de plantes aromatiques (basilic, menthe, estragon, persil, ciboulette, échalote, thym et romarin). C’est idiot, je n’ai pas mis d’ail, alors que les fleurs sont très décoratives et que le bulbe se conserve bien (sauf au réfrigérateur). C’est en général le moment où l’on constate ne pas avoir assez mis… de plants de tomates cerises, ou même de tomates. L’expérience rentre ! Nous ferons mieux l’année prochaine.

Quelques fruits : la Mara des bois, et les autres espèces de fraises, ne soyons pas exclusifs. Il est en revanche très possible sous nos climats que les poivrons ne soient que décoratifs. Le potiron, un peu oublié, continue sa croissance en attendant Halloween… Les courgettes auraient aussi été une bonne idée, car les fleurs sont belles et se mangent en beignets, et j’aime bien les courgettes.

Ne faiblissez pas sur le nettoyage du jardin, notamment pour enlever les fleurs fanées du laurier rose, rouge, rose ou blanc, dont la présence retarde la venue de fleurs nouvelles, et peut-être aussi quelques feuilles de rosiers fatiguées ou grignotées par des bestioles.

Anticipez toujours et pensez déjà un peu à l’automne en plantant quelques choux, qu’ils soient à feuillages décoratifs, qu’ils soient pommés ou choux-fleurs.

- Pour les lavandes, deux écoles s’affrontent : les « coupent-tôt » et les « laissent-tard ». Je me rangerais davantage du côté des « laissent-tard », car la présence prolongée des fleurs odorantes se balançant au vent est agréable et, au moment de couper, la prise en botte en sera facilitée.

Existe-t-il des plantes, géranium ou citronnelle, dont la seule présence sur un balcon ou près d’une fenêtre interdirait aux moustiques et mouches de pénétrer de nuit dans un appartement aux fenêtres largement ouvertes ? Oui. Ce sont les citronnelle, verveine citronnelle, thym citron, mélisse, tabac d’ornement à grandes fleurs blanches, différent du tabac qui se fume, et les lavandes.

De même que les pélargoniums simples ou doubles, qui sont à feuillage odorant, fleurant au choix la rose ou la citronnelle.

Certains nous ont demandé s’il existait des plantes, aux vertus un tant soit peu aphrodisiaques, qui pourraient être introduites dans nos jardins. Hélas, trois fois hélas, la question vient un peu tard. Sages, jardiniers et chamans vantent gingembre, clou de girofle et avocat, tous trois bien difficiles à faire venir dans nos jardinières. L’asperge n’est à son aise qu’en pleine terre sableuse et nécessite de la profondeur. Restent l’ail, auquel nous repenserons au moment de sa plantation au printemps, le céleri et l’artichaut qui se plantent tous deux vers avril-mai. Madame de Pompadour disait : « Si la femme savait ce que le céleri fait à l’homme, elle irait le chercher de Paris à Rome ». Serait-elle sur le sujet digne de confiance ? Et sous Henri IV, les marchands des quatre-saisons criaient dans nos rues : « Le bel artichaut, pour Monsieur et Madame, pour réchauffer le cul et l’âme ! »

Et rappelez-vous ! Ne faites ce mois-ci aucun effort intempestif et inutile dans vos jardins. Méditons plutôt sur les améliorations que nous apporterons ensemble dès cet automne, savourons les produits et les joies de l’année, et faisons deux tas de nos regrets : ceux que nous amenderons l’an prochain et ceux que nous aurons oublié…

Et apprenons à toujours mieux savourer l’instant…

=> Les mots du mois d’août

Potomètre : appareil destiné à mesurer la quantité d’eau absorbée par une plante ou un organe.
Triquètre : se dit d’une tige qui présente 3 faces (carex).

=> Les proverbes du mois d’août

Sec août est de vin, humide août est d’huile.
Plus il y a de figues plus il y a de châtaignes.


Septembre 2019

N’oubliez pas tout de même de remercier plus que chaleureusement les amis et voisins qui veillaient pour vous sur vos plantations et avaient été chargés de leurs arrosages… en leur faisant hommage des récoltes maison… qu’ils avaient d’ailleurs en votre absence en libre accès. Ne minimisez surtout pas les efforts qu’ils ont dû fournir avec régularité !

Retrouver son jardin après une absence apporte toujours un surcroît de travail que l’on fait toujours bien volontiers. C’est un peu une affective reprise de possession, et il n’est pas dit qu’il n’y ait pas également là-dedans une petite pointe de culpabilité. Passons… Un nettoyage, une remise en ordre, un grattage pour aérer un peu la croûte superficielle de terre, ou de nouvelles dispositions des pots et jardinières peuvent être envisagées. Les plantes ont poussé. Il faudra vraisemblablement à nouveau en tuteurer certaines. Tailler les branches et couper les gourmands qui auraient poussé au pied des arbustes, enlever feuilles mortes, fleurs desséchées, mauvaises herbes, et coupez les gourmands qui auraient poussé aux pieds des arbustes… L’ensemble peut paraître fastidieux… mais il est aussi gratifiant, ne nous le cachons pas.


À l’automne, les plantes ont un stress hydrique moins violent qu’en été (même si ce n’était pas tout le temps le cas cette année), et les premiers rayons de soleil de la journée sont moins forts.

En conséquence, l’arrosage, dont on peut réduire fréquence et quantité, sera certainement plus doux et favorable au matin, et évitera le risque de coup de froid nocturne qu’une météo parfois erratique rend déjà possible.

Taillez les rosiers en supprimant les fleurs fanées, au-dessus d’une feuille tournée vers l’extérieur du rosier (une vingtaine de centimètres). Vous aurez peut-être d’agréables surprises, surtout avec les rosiers remontants, pour peu que l’arrière-saison soit suffisamment clémente.

C’est le moment de tailler vos petits cerisiers à fruits devenant trop envahissants. À sève descendante, cela vous évitera la formation de gomme sur les plaies.

Les plants de tomates vous attendaient avec impatience. Leurs feuilles à demi sèches ralentissent le mûrissement des derniers fruits. Encouragez les plants en les enlevant. J’imagine que les poivrons ne seront restés que décoratifs… Poêlez-les avec compassion !

Vous pouvez, et devez, car c’est la meilleure période, planter de nouveaux fraisiers (restons fidèles à la Mara des Bois, mais testez donc quelques pieds de la variété Charlotte aux qualités gustatives identiques mais avec des fruits bien plus gros), et de nouvelles salades dont la mâche bien sûr, et la sucrine.

Redonnez des formes à vos buissons de plantes aromatiques. Pour le basilic, enlevez les feuilles comme les fleurs abîmées, et mettez les plus belles feuilles dans un sac en plastique au congélateur pour l’hiver. Vous raccourcirez les plantes. Coupez les branches sèches du thym et du romarin. Taillez la ciboulette, et redonnez un peu de tonus aux persils et aux menthes.

Faites-vous plaisir aussi en ravivant vos balcons de quelques nouvelles plantes qui fleurissent à l’automne, comme les bruyères calluna à feuillage coloré ou des Camélias sasanqua qui fleurissent naturellement à l’automne, ou des Lagerstroemias à floraison avec des roses nuancés, qui peuvent être en buisson ou sur tige.

D’autres plantations sont possibles en cette saison, dont les conifères (cyprès, thuyas, bébés pins). Attention, car certains sont de croissance trop rapide pour nos jardins, pensez-y ! Un coup de cœur pour le pinus simple pierrick brejion sur tige, nain et magnifique.


Si vous avez la chance d’avoir de petits poiriers, pommiers, peut-être une vigne, voire un figuier, mettez votre plus joli chapeau de paille ! L’heure de la récolte a sonné. N’hésitez pas à en cueillir les fruits, soit quand ils atteignent leur pleine maturité (figues et raisins), soit juste un peu avant (poires et pommes). À l’abri, chez vous, ils affineront leur mûrissement sur du papier journal, et vous enlèverez ainsi ces terribles tentations aux oiseaux et aux insectes gourmands. Une phrase transmise par ce grand philosophe qu’était Jean-Louis me revient : « Pèle la poire à ton ami, la pomme à ton ennemi », l’une concentrant ses vitamines dans sa chair, l’autre dans sa peau.

Sachez que, et cela s’amplifie, que la tendance dans le jardinage sur balcons et terrasses accorde davantage d’importance aux fruits et aux légumes, en association avec des plantes fleuries, selon un grand vendeur européen de semences. Une façon agréable, utopique, mais restant malgré tout encore marginale, de contrôler davantage ce que l’on mange ?

Si vous ne l’avez déjà fait, saurez-vous planter des choux pour l’hiver ? À feuillages décoratifs, colorés et qui ne se mangent pas, ou des choux pommés pour vos recettes d’hiver.

C’est aussi le moment de discipliner à nouveau les grimpantes, vignes, vignes vierges, glycines, jasmins, chèvrefeuilles et autres lierres. Sachez prévoir et diriger avec la plus grande douceur et de façon judicieuse leurs trajectoires à venir en évitant de trop serrer leurs liens.

Surveillez les parasites (araignées rouges, cochenilles et pucerons) qui pourraient avoir profité des humidités annonciatrices de l’automne pour s’installer. Si vous en trouvez, il vous suffira le plus souvent d’humecter feuilles et branches à l’aide d’une éponge trempée de liquide vaisselle dilué pour en débarrasser les plantes. La bière aussi, par exemple, déplait aux cochenilles.


Ne vous laissez pas moralement atteindre par la venue prochaine de l’hiver. Le printemps suivra immanquablement. Placez des bulbes de printemps dans vos bacs ou jardinières, sans oublier les rhizomes d’iris à grandes fleurs (vous avez jusqu’à la fin du mois pour les planter). Leurs fleurs vous annonceront en primeur le retour des beaux jours : narcisses, jacinthes, tulipes (superbes perroquet Texas Flame ou tulipes frangées), ou sans faire de politique Iris de Hollande. J’ai même vu au Canada de tels bulbes posés à même des galets dans de beaux aquariums géométriques. Bel effet en bord de balcons comme en intérieur.

Attention. On trouve dans le commerce de grands sacs ultra résistants pour jardinage de balcons. Il est impératif de ne les accrocher qu’à l’intérieur des balustrades, contrairement à ce qui se voit trop souvent. Dans ce cas contraire, qui peut s’avérer dangereux, il suffirait parfois d’une petite tempête pour qu’une telle imprudence vire au drame.

Pour ceux qui n’ont pas encore coupé les fleurs de lavande, il est plus que temps de le faire. Taillez-les en conférant à l’ensemble de la plante un bel arrondi, et faites sécher les fleurs avant d’en disposer dans des sachets sur vos étagères à linge, comme le faisaient nos grands-mères. Odeur bien agréable et résultat garantis.

=> Manifestations incontournables sur les jardins en septembre

L’édition d’automne de la Fête des Plantes de Saint-Jean de Beauregard. En savoir plus...

=> Le mot du mois de septembre

Convoluté. Enroulé en forme de cornée, comme la fleur de l’arum.
Nucules. Noyaux de certaines drupes (aubépines et nèfles).

=> Les proverbes du mois de septembre

Brumeuse matinée promet belle journée.
En septembre se coupe ce qui pend.


Octobre 2019

Sachez qu’un binage vaut toujours deux arrosages. Passez dans les massifs, les pots et les jardinières : un petit binage ramènera de l’oxygène aux racines.

Un sérieux nettoyage s’impose, encore, mais c’est la saison qui veut ça, pour dégager fleurs et feuilles fanées, et tailler un peu les pointes de floraisons desséchées, notamment les lauriers roses et des rosiers. Mêmes attentions pour les althea, hibiscus de jardin (parfois nommés simplement hibiscus, et les fuchsias. Cela redonnera un coup de jeune à vos balcons que le soleil récent a un peu ravivé. Espérance d’été indien, dit-on. Attention toutefois à penser à jeter, car elles ne donneront plus rien, vos plantes annuelles arrivées en phase terminale.

Avez-vous remarqué les nouvelles petites fleurs bleues des romarins, toujours promptes à se réapparaître ? Et les nouvelles roses, pour ceux qui ont suivi nos conseils de taille de septembre ? Et les dernières fleurs des lauriers roses quand ils sont copieusement arrosés et bénéficient d’un bon ensoleillement ?

Belle saison pour les plumbagos, céanothes, et lagerstroemias. Ils sont fréquemment dans les jardins publics parisiens, pour les deux premiers, donc très à l’aise sous nos climats, et de plus en plus souvent dans nos rues pour le lagerstroemia, que l’on appelle aussi lilas d’Inde.


Excellent pour le moral à l’entrée dans l’automne. Préparer les bulbes (que vous oublierez pendant 3 mois), même en petite quantité. Ce sera toujours une émotion quand leurs fleurs claironneront dès les premiers beaux jours le retour du printemps, surtout si vous les avez réellement oublié : les crocus, les narcisses, les jonquilles, les jacinthes et les tulipes. Et pourquoi pas compléter vitre collection avec des bulbes tout frais que vous choisirez à vos couleurs.

Nous entrons dans la période de sève descendante. Ne vous y opposez pas en poursuivant une fertilisation, qui deviendrait trop tardive à la mi-octobre. Vos plantes et arbustes ne le comprendraient pas et gaspilleraient inutilement des forces dont ils auront bien besoin pour la traversée de ces mois plus rigoureux.

La luminosité va insensiblement décroître. Le moral et la santé de nos plantes, au moins comme les nôtres, apprécient les lux. Ne parlons-nous pas de luminothérapie ? Approchez davantage vos plantes d’intérieur de vos fenêtres ne leur fera que du bien… Apprenez à ce propos que la luminosité décroît selon le carré de la distance. Par exemple, une plante placée à 3m d’une fenêtre recevra 9 fois moins de lumière qu’une plante à 1m !

Pour votre raisin, on devrait être mieux que bien. Qu’en disent les moineaux et les grives musiciennes des environs ?

Pensez à quelques semis judicieusement disposés d’annuelles rustiques, dont les capucines toujours très gaies.

Les grimpantes sont très en forme… Ne les laissez pas vous échapper. Disciplinez-les avec le célèbre double lien en 8, dont on vous parlait en Juillet.

Vous pouvez arracher proprement vos plants de tomates. Si vous les accrochez la tête en bas, dans un endroit isolé et sec, il n’est pas rare que les derniers fruits (eh oui, la tomate est un fruit !) mûrissent.


Pour ce qui est de votre ensemble de plantes aromatiques (appelé aussi jardin de cuisine), il est possible que certaines vous tentent moins à l’automne… d’autant qu’elles se seront un peu… fatiguées. L’envie et leur fraîcheur reviendront.

À sève descendante, on peut commencer à pratiquer certaines tailles, surtout celles des cerisiers à fruits, dernière limite…


Commencez aussi à distinguer les plantes et fleurs qui mériteront un traitement plus protecteur ou un emplacement différent l’hiver venu. Le temps de l’action n’est pas encore venu, mais celui de la réflexion est omniprésent chez le jardinier ! Ayez vos voiles ou couvertures de jardin pas trop loin pour pouvoir intervenir le soir ou le matin si vous sentez cela nécessaire. Une gelée parfois suffit... surtout si les plantes sont encore en végétation.

Comme vous êtes prévoyants et que nous sommes peut-être parvenus à étendre les ambitions que vous portez à vos jardins, vous pouvez préparer par les achats de pots, jardinières, et terre en conséquence, pour dès le mois prochain planter quelques fruitiers que vous choisirez nains en sachant que vous êtes prêts à les accueillir… en ayant déterminé au préalable leurs emplacements. Ils sauront apprécier.

Les impatients pourront déjà en disposer, mais seulement en conteneurs : poiriers, pommiers, abricotiers, pêchers. Entre nous, les plus prometteurs seront mis en pot, mais nous ne vous en parlerons qu’en novembre. Patience… Une autre des qualités du jardinier !

À cette époque où votre jardin peut vous paraître en légère perte de vitesse, ravivez votre espace avec les asters d’automne, qui peuvent, selon les variétés, faire de 30 à 150cm de hauteur : petites marguerites en escadrilles, blanc, rose, bleu ou violet. C’est pétillant à l’œil.

Plantez aussi des chrysanthèmes, mais de variétés vivaces, qui n’ont rien à voir avec leurs cousines des cimetières. Presque toutes auront déjà fleuri cet été et les épis vont commencer à prendre leurs belles couleurs d’automne : jaune, mordoré, or et rouge.

Coup de cœur du mois pour les hortensias paniculés qui sont des fleurs en grappes terminales. Plantes faciles à cultiver s’il en est, elles demandent moins de terre de bruyère que l’hortensia classique. De nouvelles variétés existent avec des noms gourmands (vanille-fraise, Sunday fraise,) ou luxueux (diamant rouge).

Enfin, à l’heure du brame du cerf, pensez aussi aux bruyères. Dans un terreau sans calcaire. Pas de terreau universel mais une terre… de bruyère ! Excellent calluna à floraison blanche, rouge ou rose, et au feuillage coloré, jaune, doré, citron ou rouge. La bruyère d’hiver Erica darlyensis conserve son feuillage vert foncé et range ses fleurs en clochette tout au long de ses tiges. Floraison de maintenant jusqu’à fin janvier.

=> Manifestations incontournables sur les jardins en octobre

L’édition d’automne des Journées des Plantes de Chantilly. En savoir plus...

=> Le mot du mois d’octobre

Accrescent. Se dit des parties de la fleur qui continue à se développer après la floraison. C’est le cas du physalis (l’amour en cage), et de la benoîte.
Paradis. Sorte de pommier sauvage employé pour greffer des variétés.

=> Les proverbes du mois d’octobre

En octobre, qui ne fume rien ne récolte rien.
En octobre qui n’a pas de manteau doit en trouver un bientôt.


Conseils pour les citadins. Comment bien jardiner en ville ?

Pourquoi donc s’embêter à faire un jardin minuscule ? Choisissez la raison qui vous sera la plus appropriée. C’est beau. C’est tranquille. Ça détend. Ça ajoute un doigt de verdure à votre environnement, des taches de couleurs, quelques saveurs et odeurs. Vous émerveillez enfants ou petits-enfants. Vous étonnez vos amis et vos voisins.

Et même, quand il pleut, ou qu’il fait trop chaud, on peut rester à l’abri, et réfléchir aux tâches que l’on repousse, par une parfois saine propension à la procrastination...

Chiche ! Vous en faites un ?

Faire un tant soit peu verdir un appartement, un rebord de fenêtre, un bout de balcon, ou pour les plus chanceux une terrasse, à Paris, apporte ce je-ne-sais-quoi de plus qui fera la différence.

Plantes fleuries, aromatiques, arbustes, micro-potager, le possible parfois peut surprendre, même sur de petites superficies.

Assurez-vous au préalable, si vous êtes dans une copropriété, que le règlement dont dépend votre logement autorise vos activités de jardinage, et soyez attentif à ne pas gêner vos voisins avec feuilles, fleurs fanées, terre ou eau d’arrosage.

Un balcon peut supporter 350kg/m2, pots au sol et suspensions comprises. Attention : les pots suspendus doivent toujours être à l’intérieur du balcon. Votre responsabilité serait engagée en cas de chute et de dommages.

Choisissez l’orientation la plus adaptée à vos projets de plantations. Souvent sud, sud-est, sud-ouest est préférable, mais certaines plantes supportent allègrement l’ombre et l’orientation Nord. Le pied de tomate appréciera le soleil frontal davantage que la pensée ou la violette… De même l’exposition au vent est diversement appréciée selon les plantes.

La terre en pot demande un peu de suivi. Faites régulièrement des apports d’engrais et de matière organique. Vos terreaux doivent être de bonne qualité, « horticole » ou « spécial balcons et terrasses », et régulièrement renouvelés.

Les outils pour balcons sont mignons, de petites dimensions, mais restent des outils. Ne les laissez pas à la portée des enfants.

Eau, arrosage. On peut apprécier les pots « prêts à cultiver » avec des réserves d’eau, et trouver, en cas d’absence l’été, et si vous n’avez pas de voisins serviables et sympathiques, des solutions d’arrosage avec des bouteilles d’eau minérale renversée avec bouchons de terre poreux… Certains terreaux, spécialement conçus pour les cultures en pots, sont enrichis de matières minérales et retiennent davantage l’eau. Vous pouvez également recouvrir la terre de copeaux d’écorces.

Et puis les billes d’argile, en fond de pot comme en surfaçage, peuvent aussi apporter leur part de solution… comme à leur manière les pots de terre. Mais l’arrosage devra a priori être régulier, voir quotidien (basilic et pétunia). Arroser chaque plante jusqu’à ce que l’eau s’échappe un peu du fond du pot.

Avec des lattes de bois, prenez la peine d’isoler thermiquement le sol de vos balcons, souvent de pierre (qui garde la chaleur) ou de zinc (qui l’accumule).

Rechercher les plantes simples d’entretien comme les tomates cerises, le basilic, et/ou de croissance rapide : radis, salade, plantes aromatiques (maturité précoce).

Petits balcons : privilégier les plantes qui poussent en hauteur comme tomates et petits pois. Rangements à la verticale.

Pas d’insecticides ni de désherbants. Il est bon de privilégier les produits portant le logo AB pour semences, plants, terreaux, engrais.

Il ne s’agit ici nullement de dresser un plan de bataille exhaustif de vos plantations d’ornements floraux de rebords de fenêtres, de balcons ou de terrasses à Paris, mais de suggérer quelques idées... et peut-être de recueillir celles que vous avez certainement sur ce sujet essentiel... et que vous souhaitez échanger.

Cette activité est encore bien plus gratifiante quand elle s’effectue avec des enfants...

=> De la conservation des produits du potager...

La conservation des produits frais conduit généralement à une diminution des micronutriments qui peut varier de 10 à 90% selon la fragilité des produits.

Les légumes feuilles présentant une grande surface de contact avec l’air sont les plus touchés. Après 3 jours de conservation post-récolte une salade ne contient plus du tout de vitamines C. Par exemple ne vous laissez pas séduire par les cœurs de sucrine vendues en barquettes. Elles sont mécaniquement pratiques à cuisiner mais se digèrent tout autant mécaniquement avec de très faibles apports vitaminiques. Alors récoltez et consommez sans attendre...

=> Confidence d’un jardinier minuscule

Depuis le début de cette rubrique, un maître me surveille avec ses critiques acérées et son hymalaïesque expérience. Rien de ma prose ne lui échappe, et il m’a parfois fait ôter quelques sottises que j’étais tenté de mettre... J’aurais tué ma mère pour un bon mot !

Ce mandarin sourcilleux du jardinage et de la transmission de ses savoirs pratiques, n’est autre que, ma seule qualité étant de savoir choisir les meilleurs, Marc Gueguen, en charge de la Recherche et du développement chez Truffaut.

Il a commis avec quelques complices « la Nouvelle Encyclopédie du Jardin, le Truffaut », un best-seller vendu pour ses éditions précédentes cumulées à... un million d’exemplaires certifié, leader donc des bibles du jardinage.

L’animal, je parle bien sûr de l’ouvrage, pèse quelque 928 pages, a été entièrement refondu et recréé pour ses 20 ans, ajoute par son application 80 vidéos pédagogiques, et offre, comme un restaurant sophistiqué présenterait autant de menus, 80 modèles de jardins, 6 000 plantes sélectionnées, par 800 fiches déclinants les variétés. Une somme de conseils et de savoirs qui s’adressent aussi bien aux novices qu’aux jardiniers expérimentés.

Tours de mains, gestes qui sauvent, pour des jardins rêvés et des balcons parfumés ? Cette encyclopédie s’adresse bien sûr à nous aussi, modestes jardiniers de jardins minuscules parisiens, de terrasses, de bords de fenêtres et de balcons... Même s’il est donc aussi pour cette rubrique un redoutable concurrent avec ses différents calendriers des travaux mois par mois, pour chaque espèce de jardin. Respect.

L’autre qualité de cette encyclopédie, en plus d’être la championne de son marché, est de prendre en compte les toutes dernières espèces végétales sélectionnées. Et toc !

Le Truffaut. La nouvelle encyclopédie du jardin, édité chez Larousse, 928 pages, cartonné + jaquette, 2 500 photos, des centaines de conseils, 80 modèles thématiques de jardins, selon envies et/ou besoins, 29,95€.

André Balbo

sources : Marc Guéguen, Héloïse, Christine, Claire

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