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Le XVIe finira-t-il par faire sécession ?

Dernière mise à jour : lundi 12 mars 2012, par Expositions

Une grande menace pesait à cette époque sur le XVIe, où 20% des contribuables payaient l’ISF et possèdaient un patrimoine moyen de près de 3M€. La Ville de Paris voulait y construire des HLM !

Et donc la révolte grondait. L’équipe du maire du moment, Bertrand Delanoë, afin d’atteindre l’objectif légal de 20% de logements sociaux et amener, au passage, un peu de mixité sociale, avait lancé 4 projets qui totalisaient 407 appartements.

On pourrait en parler à l’imparfait tant tout cela peut nous paraître dérisoire et révolu, mais tristesse et tremblements des eaux glaciales du calcul égoïste, tout cela est hélas bien actuel et bien présent. Nous sommes au début du XXIe siècle, à Paris, France.

Delanoë a lancé donc 4 projets : portes d’Auteuil et Dauphine, à La Muette, et à Exelmans. Tous ont été stoppés net par une mobilisation tous azimuts des habitants, soutenus publiquement et sans vergogne par des élus UMP, dont le maire du XVIe, Claude Goasguen.

La méthode ? Des recours, des menaces de recours, déposés devant les tribunaux administratifs par des justiciables, suffisamment armés sur le plan juridique pour être efficaces.

Les engins de chantier se sont donc arrêtés au stade du terrassement, et les parcelles, si rares à Paris, demeurent à l’état de friches. Et pas de détail ! Même l’immeuble riquiqui de la rue Nicolo, à La Muette, qui ne compte que 31 appartements, dont un tiers de studios et un tiers de 3 pièces…

Tous les moyens dilatoires seront bons : venue des inspecteurs de la Drac (direction régionale des affaires culturelles), afin d’obtenir le classement d’un vieil immeuble promis à la démolition pour libérer la parcelle. « Sans intérêt patrimonial » conclurent-ils. Les riverains attaquèrent alors en référé le permis de démolir du vieux bâtiment. Déboutés. Qu’à cela ne tienne : le permis de construire est contesté devant le tribunal administratif, et, cette fois, ils obtiennent gain de cause.

Il est vrai que selon un haut fonctionnaire municipal « le PLU de Paris est si complexe qu’on peut toujours trouver, dans un permis de construire, une faille, un détail, il suffit d’avoir les moyens et de se payer d’excellents avocats ».

Comme vous vous en doutez, l’argent n’est pas un souci. L’association Paris Dauphine Environnement (500 membres), qui a fait suspendre l’un des projets, a déjà, selon une déclaration de son président Éric Lefranc au quotidien Libération, dépensé 25 000€ en frais de procédures (devant les tribunaux). Et elle entend continuer.

« Les gens qui habitent le quartier ont payé au prix fort leur appartement pour bénéficier d’un cadre de vie agréable » justifie-t-il. Et les fonds proviennent de riverains déterminés à faire capoter la construction des 135 logements sociaux prévus sur place.

Ces associations ne mettent jamais en avant leur hostilité au logement social, mais s’abritent derrière des considérations urbaines, architecturales ou ayant trait à l’environnement. « Halte au massacre des espaces verts ! » clament les communiqués de celle qui lutte contre un projet avenue du Maréchal-Fayolle (135 logements), qui jouxte les 846 hectares de verdure du bois de Boulogne.

L’architecte serait trop nul ? Peut-être pas. C’est l’agence japonaise Sanaa qui vient d’obtenir le Pritzker 2010, sorte de Nobel de la discipline, et son projet a reçu l’approbation des Bâtiments de France.

Le projet de la porte d’Auteuil ? 355 logements. Entre les mains de professionnels reconnus (Rudy Ricciotti, Ane Demians, Francis Soler et Finn Geipel), il est menacé de recours.

Celui de la rue Varise (à Exelmans) a été confié au prestigieux Atelier Christian Portzampac. Suspendu. Idem pour la rue Nicolo.

Pour Jean-Yves Mano, adjoint (PS) au maire de Paris : « Les gens pensent que les HLM vont faire baisser la valeur de leurs appartements, que des familles à problème vont venir perturber leur quiétude… ».

Et tout cela se passe dans un arrondissement qui ne compte que 2,5% de HLM, contre plus de 30 dans les XIXe ou XIIIe.

Et Jean-Yves Mano déclarait : « Nous ferons en sorte que tous les logements sociaux prévus dans le XVIe arrondissement voient le jour ». Manquait la date…

André Balbo

Source : Libération

Messages

  • Monsieur,

    sans remettre en question le besoin de construction HLM et de mixité sociale à Paris, il n’en est pas moins incroyable de voire que la Mairie de Paris s’est octroyé un permis de construire sur un terrain qu’elle s’était engagé à laisser vierge en contrepartie de la construction de la « magnifique » ambassade de Russie en 1975 !

    Quant aux fameux prix d’architecture de ce cabinet japonais ils récompensent surement un certain talent mais malheureusement celui-ci ne se retrouve pas dans le projet proposé porte Dauphine et je vous invite à regarder les plans de ces bâtiments. A moins d’être d’une mauvaise foi incroyable on ne peut pas se féliciter de ce genre d’architecture qui ne sont pas sans rappeler à moindre échelle les horreurs de tours nuages (ou tours Aillaud) qui défigurent Nanterre depuis 35 ans.

    Pour finir, les prix et récompenses architecturaux ne sont pas toujours les garants d’une construction intelligente, esthétique dans le temps et intégrée au paysage et même les plus brillants de nos architectes, Le Corbusier ou Perret pour ne pas les nommer, nous ont laissé des ensembles dont on se passerait bien aujourd’hui .

    Donc, oui je suis un habitant de ce quartier et oui je m’oppose fermement à la construction d’une nouvelle ignominie et oui j’en ai ras le bol d’être victime de ces constructions expérimentales qui années après années (Faculté, Gymnase, Ambassade, Immeuble Ecole Pascal etc..) dévisagent le bd Lannes et qui sont toujours perçues aujourd’hui comme des verrues urbaines

    Je suis en revanche favorable au concept d’HLM qui je le pense ne dérangera en rien la vie de ce quartier même si j’ai quelques doutes sur la réussite du concept de mixité sociale dans un arrondissement ou tous les commerces sont excessivement chers….Mais bon ceci n’est pas vraiment de notre ressort

    • La mixité sociale, je connais dans mon HLM d’Epinay sur seine, depuis 40 ans ... je l’échange contre un HLM à Paris 16ème, quartier de Passy où j’ai passé mon enfance ... dans une minuscule loge de concierge avec parents et 3 soeurs (de 1948 à 1971 ...) je ne rêve que de cela ... mais la demande de logement depuis 10 longues années n’aboutit pas .... même avec la bienveillante attention de M. le Maire du 16ème ...
      j’ai 66 ans et bientôt plus le courage de faire des cartons ... f.petiot@yahoo.fr - merci

  • Le cadre de vie dans cet espace historique du village Auteuil est à préserver et c’est absolument vrai que les riverains ont payé un prix fort pour avoir droit à un niveau de vie confortable dans ce quartier adorable et on n’en a pas à rougir et encore moins à recevoir les leçons de morale !
    Delanoe qui habite lui-même dans le 6ème arrondissement, le plus chic de Paris est mal placé pour encourager ce genre de chantiers, il fallait garder plutôt la gare d’Auteuil et l’utiliser autrement. D’ailleurs, j’invite la mairie d’améliorer la gestion des HLM existants et privilégier les Parisiens et pas les premiers arrivants soi-disant nécessiteux !

  • pour quelle raison , y-a-t-il autant de commentaires ? je remarque que certains sont antérieurs à l’article !!!

  • Pour vivre dans un HLM du 20eme arrondissement, je ne saurais trop conseillé à ces résidents du XVIeme de continuer leur bataille devant le laxisme de Paris Habitat à faire respecter quelques réglements que ce soit devant des locataires issus d’une culture totalement différente et ne souhaitant absolument "s’intégrer" mais plutôt vivre comme dans leur pays natifs tout en bénéficiant des avantages de la France. Dire qu’un ensemble d’immeubles HLM ne changent pas une vie de quartier est une hérésie de gens qui vivent dans leur propre communauté (quelle soit journalistique, où à plus de 10.000E du M2). Interrogé les gens qui vivent la mixité sociale (locataires, gardiens d’immeubles,....) et reparlons en.
    Si vous voulez de la mixité demandé à Paris Habitat d’être un bailleur sérieux et préoccupés de ces locataires et non pas par les chiffres. Une bonne éducation et une vrai réglementation et là peut être les "gens du XVIeme" auront confiance en cette belle utopie.