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Roland Garros contre les Serres d’Auteuil : La Ville de Paris fébrile

Dernière mise à jour : jeudi 5 mars 2015, par Morgan

Le projet d’extension de Roland Garros sur le site horticole des Serres d’Auteuil pourrait bien ne pas voir le jour.

En attendant l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris le 17 octobre, le rapporteur public a rendu un avis mitigé sur le projet d’extension et de modernisation du stade Roland Garros.

Sur la question de l’information du public sur les contraintes du projet, le rapporteur est revenu sur la qualification du Tribunal administratif en première instance qui l’avait jugée insuffisante. Dans un communiqué, la Ville explique qu’elle « a toujours estimé en effet que l’inscription des serres à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques n’impliquait pas, par elle-même, un risque de blocage irrémédiable et définitif du projet, qui aurait été dissimulé aux élus ».

Pour ce qui est des autres point d’achoppement du projet, la tendance semble aller vers confirmation de l’annulation de la convention votée en Conseil de Paris en 2011 pour l’extension de Roland Garros sur une partie des Serres d’Auteuil. Durant l’audition de ce jeudi 3 octobre, le rapporteur public a en effet recommandé de "refuser la possibilité d’amender par un avenant" cette convention.

Malgré le possible revers qui se profile, la Ville de Paris affiche une confiance de façade et affirme attendre « avec sérénité l’arrêt de la Cour ». Le 17 octobre, on saura si cette sérénité était justifiée.

Le jeudi 28 février 2013, le Tribunal administratif avait suivi la recommandation du rapporteur qui, le 11 février, préconisait l’annulation de la délibération de juillet 2012 permettant la convention entre la Mairie et la FFT. Le tribunal avait jugé cette délibération « illégale » et le montant de la redevance de la Fédération française de tennis (FFT) à la Ville « manifestement insuffisant au regard des avantages de toute nature consentis » par la mairie.

Plus qu’un revers, c’était un camouflet pour Bertrand Delanoë qui portait ce projet. La mairie a fait appel et a demandé un sursis à exécution du jugement. « La Ville de Paris prend acte de cette décision tout en contestant ses motifs d’annulation. Elle fera appel de ce jugement et en demandera le sursis à exécution », annonçait la Ville dans un communiqué.
« S’agissant de la redevance, insistait le cabinet de Bertrand Delanoë, nous allons nous mettre autour de la table avec la FFT et étudier de nouvelles modalités ».

En attendant, les opposants au projet ne comptent pas s’arrêter sur cette demi-victoire. Les associations écologistes et de défense des droits des riverains concernés ont déjà sous la main un plan de secours. Selon ce plan, l’extension de Roland Garros, au lieu d’empiéter sur les serres des Jardins d’Auteuil, irait se poser sur une partie de l’autoroute A13, au nord du stade de tennis. Le projet est estimé à un total de 53 millions d’euros et respecterait le cahier des charges de la FFT. "Notre projet est meilleur que celui de la Ville, il s’insère mieux dans l’espace urbain", assurait même Alexandre Gady, président de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF).

En décembre dernier déjà, le rapporteur public avait pointé du doigt trois motifs d’anulation de la convention : « Les moyens retenus, tirés de l’insuffisance de l’information des conseillers de Paris, de la sous-évaluation de la redevance et de la méconnaissance, par le projet en cause, de la protection au titre des Monuments historiques et du caractère classé du site ». Ce lundi, il a ajouté un nouveau motif en estimant que la convention devait être requalifiée d’"occupation du domaine public" en "concession de travaux publics". Le cas échéant, un appel d’offres devrait être mis en place.

Les réactions face à ce nouveau contretemps sont contrastées : Si Bertrand Delanoë s’est montré agacé mais résolument confiant, remarquant que « la décision du rapporteur public, ce n’est pas la décision du tribunal », les opposants au projet comme Agnès Popelin, représentante de l’association Ile-de-France Environnement, se montraient un peu plus loquaces : « C’est une belle victoire pour l’environnement, les espaces verts, les plantes et le sport scolaire. [...] Je rappelle que notre objectif n’est pas de tuer le tournoi. Nous avons présenté une solution alternative au nord du site historique qui permet de ne pas toucher aux serres d’Auteuil ».

L’été 2012, pourtant, le projet semblait enfin lancé sur la voie rapide. Le lundi 25 juin, la commissaire-enquêtrice chargée d’examiner le projet de révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour l’extension du stade Roland-Garros (16e) rendait un avis favorable au dossier.

La Fédération Française de Tennis pouvait se montrer satisfaite de la tournure qu’ont pris les choses après que des associations de riverains aient fait des pieds et des mains pour contrecarrer leurs projets d’extension, qui prévoient notamment d’empiéter sur les Serres d’Auteuil.

Toutefois, dans son rapport de 270 pages, la commissaire-enquêtrice montrait également qu’elle avait écouté avec attention les revendications de ces associations et avait émis « cinq réserves » et « cinq recommandations ».

Si les Serres d’Auteuil seront en partie piétinées par les quelque 35000 spectateurs des Internationaux de France de Paris, ce ne sera pas le cas de la partie historique du site qui devrait rester protégée. L’emprise du site du nouveau Roland-Garros ne devrait donc pas être de 14,6 ha mais de 12 ha.

Par ailleurs, le rapport préconisait également que l’avenue Gordon-Bennett soit fermée six semaines durant le tournoi, contre les neuf prévues par la FFT. Les souhaits des riverains qui utilisent cette voie pour accéder au périphérique ont donc été pris en considération ici.

Le 9 juillet 2012, la révision du plan local d’urbanisme était soumise au vote lors du Conseil de Paris et validée. Le projet semblait alors sur une voie royale... Jusqu’à ce que le rapporteur du tribunal administratif, à l’écoute des arguments de l’opposition, ne remette tout en cause. Le match est décidément très serré...


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