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Les Trois Brigands : le film

Dernière mise à jour : lundi 18 février 2019, par Pauline

" Il était une fois trois vilains brigands, avec de grands manteaux noirs et de hauts chapeaux noirs". Depuis 1961, des milliers d’enfants et de parents ont lu ou entendu cette phrase, la première du célèbre livre de Tomi Ungerer, Les Trois brigands.

L’oeuvre de l’auteur alsacien avait déjà été adaptée à l’écran, mais jamais sous la forme d’un long métrage. Le projet imposait de relever deux défis : il fallait enrichir l’histoire de nouvelles scènes puisque celle du livre était trop brève pour faire naître un long métrage et, comme pour toute adaptation, entretenir un rapport pertinent avec "l’esprit" du livre, en rester proche ou s’en éloigner avec intelligence.

Les réalisateurs ont décidé, pour conserver l’univers visuel épuré du livre, d’utiliser la technique classique du dessin animé en 2D. Ce n’est pas un mais plusieurs artistes indépendants, tous allemands, qui ont travaillé pendant deux ans à la réalisation des Trois brigands. Hayo Freitag, réalisateur, designer et animateur allemand, a assuré la coordination artistique pour que le travail de chacun s’intègre à celui des autres. Au final, même si les images en 2D créent une atmosphère visuelle qui évoque celle du livre, le film est assez décevant car il ne conserve pas l’originalité des dessins d’Ungerer.

Certes les décors, dont dépend principalement l’ambiance effrayante du film, ont quelque chose d’expressionniste : ombres, forts contrastes et lignes brisées constituent les fonds sur lesquels se déplacent les personnages. Mais ces derniers, faits de lignes courbes et de couleurs claires, jurent presque avec le reste. Les fameux brigands qui ne montraient que leurs yeux chez Ungerer, dévoilent ici leurs visages et leurs barbes rousse, noire ou bleuté, perdant dans le même temps leur caractère mystérieux. Le film se termine en un pugilat de gâteaux à la crème dans la cour de l’orphelinat. Si la scène est très amusante et jubilatoire puisqu’elle signe la fin de la vie morose des orphelins, elle fait exploser aux yeux du spectateur du jaune, du rose, du bleu clair ou du vert quand le livre se construisait autour du singulier contraste noir et bleu. En fait, ce sont les formes et les couleurs du personnage de Tiffany, adorable fillette en dentelle qui se rêve fille d’un maharadjah, qui contaminent progressivement le film. Entre la séquence d’ouverture qui présente les brigands avec des images simples, principalement noires et bleues, et la séquence finale dans la cour de l’orphelinat, le film se colore progressivement de teintes pastel, comme si la robe rose de l’orpheline déteignait sur les décors et les personnages. Dans le livre, ce sont les brigands qui s’imposent, dans le film, c’est Tiffany ; le film laisse indéniablement l’originalité du livre derrière lui.

Quelques inventions permettent cependant de lui redonner une personnalité, de ne pas le considérer uniquement comme l’adaptation trop banale d’un livre qui ne l’était pas. Côté scénario, la fillette ne se rend plus, au moment où les brigands l’enlèvent, chez "une vieille tante grognon", mais dans un orphelinat qui devient, avec la grotte des brigands, un des lieux importants du film. L’intrigue est plutôt captivante et comble les trous laissés dans le livre, par exemple en rendant plus crédible car plus lent le revirement des brigands. Malheureusement, les trois personnages forment un groupe moins unifié que dans le livre : le spectateur découvre leurs prénoms et les voix qui leurs sont prêtées sont très caractérisantes. Ils perdent un peu de leur étrangeté et deviennent des personnages stéréotypés : le "cerveau", l’idiot et le gentil. S’ils sont parfois drôles, l’humour est reporté sur d’autres personnages. Quelques "crottes de bique" prononcés à plusieurs reprises par Tiffany font rire les enfants, mais c’est le policier qui est la trouvaille la plus comique du film. Figure lunaire et maladroite, il est la risée des brigands mais aussi des orphelins et même des animaux de la forêt qu’il poursuit constamment. La bande son fait rire également - en même temps qu’elle effraie doucement - . Elle a été composée par le groupe allemand Bananafishbones et par l’américain Kenneth Pattengale, choisis par Stephan Schesch, le producteur du film. Entraînante et rock’n roll, elle atténue la mièvrerie des couleurs de certaines scènes.

Le défi des Trois brigands n’a été qu’a moitié relevé, mais si l’on peut regretter que le choix de l’animation traditionnelle en 2D ne s’accompagne pas d’une réelle prise de parti visuelle, le film reste drôle et plaisant, et la musique des Bananafishbones et de Kenneth Pattengale y est pour beaucoup. La séquence d’ouverture devrait satisfaire à elle seule les fans du livre et les enfants aimeront de toutes façons les brigands qui, même avec un prénom, une barbe et une personnalité définie, restent les fameux "trois vilains brigands, avec de grands chapeaux noirs et de hauts chapeaux noirs".

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